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A l’heure où la conférence internationale sur le climat s’ouvre à Paris, Air Rhône-Alpes appelle à une mobilisation collective en faveur de politiques croisées air-climat-énergie seules à mêmes de traiter de façon convergente les problèmes liés à la pollution de l’air et aux dérèglements climatiques.

Deux problématiques liées agissant réciproquement l'une sur l'autre

Comment la problématique du changement climatique à l’échelle de la planète est-elle liée à celle de la pollution de l’air en Rhône-Alpes ? Contraiement à ce que l'on pourrait penser l'air et le climat sont étroitement liés et exercent une influence l'un sur l'autre.

Par exemple, l’ozone ou le carbone suie (qui fait partie de la famille des particules) sont à la fois des polluants de l’air et du climat. De même, certains effets du changement climatique ont une incidence directe sur la fréquence et l’intensité des épisodes de pollution hivernaux et estivaux ou sur l’allongement des périodes de pollinisation.

Les gaz à effet de serre contribuant au changement climatique et les polluants atmosphériques ont tous deux pour origine l’activité humaine. En Rhône-Alpes, transports, chauffage, industrie, sont trois activités prépondérantes dans les émissions de polluants de l’air et du climat. Diminuer les émissions du transport routier, du chauffage résidentiel au bois et de l’industrie est le principal levier d’amélioration de la qualité de l’air et du climat. 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’air et le climat sont étroitement liés et exercent une influence l'un sur l'autre.

Le dérèglement du climat aura des conséquences directes sur la survenue et la fréquence des épisodes de pollution : les canicules plus fréquentes en été, l’extension géographique des pollens et l’allongement des périodes de pollinisation sont autant de facteurs aggravants pour la qualité de l’air et la santé des populations.

Le changement climatique : des enjeux globaux, des répercussions locales 

Les effets des changements climatiques sont visibles à toutes les échelles : mondiales, nationales, locales. En Rhône-Alpes, ces effets seront particulièrement prégnants sur l’environnement (conditions climatiques, risques naturels, qualité de l’air, qualité de l’eau, biodiversité), sur la santé et sur certaines activités humaines (agriculture, tourisme, production d’énergie, industrie, urbanisme)

  • Effets sur les conditions climatiques et les risques naturels

Augmentation des températures moyennes, des canicules plus fréquentes pour les territoires de plaines : le climat en Rhône Alpes est en train de changer. Tels sont les résultats d’une étude réalisée par Météo France dans le cadre des travaux du Schéma Régional Climat Air Energie.(SRCAE)

Cette étude a établi à plusieurs horizons (2030, 2050 et 2070) des effets locaux des changements climatiques. Il est attendu un climat globalement plus chaud et plus sec caractérisé par :

  • Une très forte augmentation de la température dans le sud de la région, moindre dans les massifs alpins
  • Une modification du régime des précipitations
  • Une très forte augmentation de la fréquence des canicules
  • Localement, un accroissement des risques de feux de forêt..
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  • Effets sur la qualité de l’air et la santé des rhônalpins.

L’ozone est un polluant estival, en lien direct avec le rayonnement solaire. Aussi, un accroissement de l’ensoleillement et de la chaleur pourrait augmenter le niveau moyen d’ozone ce qui aura une incidence directe sur la survenue des épisodes de pollution estivaux. Outre l’impact sanitaire, ce phénomène pourrait contribuer à diminuer le rendement des cultures et accroitre un peu plus l’effet de serre. De plus, avec des étés plus secs, les feux de forêts pourront être plus nombreux, générant des émissions supplémentaires de HAP, mais aussi de particules, CO, COVNM…

En hiver, en cas d’augmentation des périodes anticycloniques associées à des inversions de température,les épisodes de pollution (en lien avec le chauffage individuel au bois peu performant), notamment dans les vallées alpines, pourraient s’intensifier.

Par ailleurs, l’augmentation de zones désertiques engendrera des épisodes de particules sahariennes, particulièrement dans le sud de la région. La modification du climat devrait s’accompagner de nouvelles maladies ou insectes ravageurs à traiter : le recours aux pesticides constitue un risque de pollution supplémentaire. Les pollens sont reconnus comme indicateur du changement climatique : leur concentration suit la courbe à la hausse des températures moyennes.

Ainsi, nos régions verront sans nul doute :

  • Une extension des zones propices au développement de plantes allergisantes, particulièrement l’ambroisie
  • Des saisons polliniques allongées avec des printemps plus doux
  • Enfin, avec l’augmentation des concentrations de CO2 et son rôle dans la croissance des plantes, les quantités de pollens d’espèces invasives telles que l’ambroisie, seront en augmentation.

Les villes seront les plus impactées par le réchauffement climatique en Rhône-Alpes, en particulier, avec une exposition accrue aux phénomènes de canicules et d’îlots de chaleur urbain.

Ainsi, on peut déjà observer 4°c de différence entre le centre d’une grande ville et sa périphérie. Cela risque d’affecter d’autant plus les populations urbaines qui sont également très exposées à la pollution de l’air.

Les effets en termes de santé publique ne sont pas à négliger. La pollution de l’air entrainant de nombreuses pathologies respiratoires, cardiovasculaires, etc. La pollution de l’air a d’ailleurs été classée comme cancérigène certain pour l’homme par l’Organisation mondiale de la santé en 2013.

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Pour une approche intégrée air-climat-énergie en faveur de notre santé.

Les politiques en faveur de la qualité de l’air, du climat et de l’énergie ne doivent pas être traitées séparément. 

Seule une approche globale «air-climat-énergie» répondra efficacement aux problèmes liés à la pollution de l’air et aux dérèglements climatiques.

Cette approche intégrée air-climat-énergie est une réponse à l’enjeu majeur de santé publique que représente la pollution de l’air et le changement climatique. En 2013, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé la pollution de l’air comme cancérigène certain pour l’homme. Cette année, à l’occasion de la COP21, cette même organisation a lancé un appel à la communauté internationale rappelant que le changement climatique constitue « la plus grande menace pour la santé dans le monde au XXIème siècle ».