Actualité
22 novembre 2017
Episode de pollution
Evaluation de la qualité de l’air

Vigilance pollution de l'air : comment ça marche ?

cmm-1.jpg
Partager :

Vous le savez certainement : une nouvelle saison propice aux épisodes de pollution débute. La combinaison de facteurs météorologiques (fraîcheur, inversions de températures, présence d’anticyclones) et topographiques (zones enclavées, bassins industriels) favorise l’accroissement des vigilances pollution.

L'annonce d'une vigilance pollution, à l'instar des vigilances météorologiques, a aujourd'hui un impact significatif sur l'organisation de nos territoires, sur la gestion de nos villes, sur les flux et réseaux de transport ou encore sur l'activité industrielle. En dépit des coûts qu'elles induisent, ces modifications ponctuelles de l'activité pendant un épisode de pollution sont nécessaires : c'est notre bien-être et notre santé qui sont en jeu.

Vous êtes d'ailleurs très nombreux à vous soucier de l’impact de la pollution sur votre santé. Pour les personnes sensibles ou fragiles, cela devient même une nécessité. Ainsi, nombre d’entre vous adaptent leurs comportements et votre leurs habitudes quotidiennes en fonction des niveaux de vigilance annoncés.

La décision d’activer ou non un niveau de vigilance doit donc être issu d'une méthode rapide, juste, rigoureuse et objective.

Dans notre région, c'est à l'Observatoire Atmo Auvergne-Rhône-Alpes qu'incombe cette mission. Conscient de la responsabilité et de la rigueur qu'elle appelle, l'observatoire mobilise un processus associant métrologie, technologie numérique et expertise humaine pour assurer la prévision de la qualité de l'air, préalable à la décision d'annonce de vigilance.

Comment cela s'articule-t-il dans le détail ? Pour les plus intéressés, voici le cheminement résumé en trois étapes.

La production quotidienne de données environnementales

La prévision de la qualité de l'air consiste globalement à lier les phénomènes atmosphériques aux activités humaines émettrices de polluants afin d’anticiper leur dispersion sur nos territoires. Ces lois physiques et chimiques de dispersion, de mécanique des fluides, sont traduites dans des modèles numériques, sous la forme d’algorithmes composés de plusieurs milliers de calculs. Ces modèles de prévision permettent de "simuler" la réalité passée, présente, ou future.

Ces technologies nécessitent d'être alimentées en données environnementales pour produire, par la suite des données de prévision de qualité de l'air.

 

img_6196.jpg
D'autres sources de données, en plus des mésures de qualité de l'air, sont impliquées dans nos prévisions

 

Les dizaines de milliers de mesures de qualité de l’air produites 7j/7, 24h/24 par les 90 stations de surveillance réparties sur la région font partie de ces données, mais pas seulement. Voici une liste non exhaustive des informations prises en compte afin de réaliser un calcul de prévision :

  • Sources de polluants géo référencées sur le territoire (trafic, industrie, résidentiel etc.),
  • Topographie, relief et occupation des sols,
  • Prévisions météorologiques,
  • Conditions de dispersion atmosphériques (mécanique des fluides), Niveaux de polluants mesurés aux stations,
  • Résultats d'analyses statistiques basées sur un historique de données de plusieurs années.

Cette modélisation est réalisée quotidiennement (en début de matinée) pour la veille, le jour même, le lendemain et le surlendemain. Les concentrations de trois polluants (Particules PM10, Dioxyde d’azote et Ozone) sont simulées sur plus de 45 000 000 de points couvrant toute la région.

 

Chaque matin, 152 874 km2 de territoire sont modélisés et 45 542 458 indices sont calculés

 

L'analyse humaine des données de prévision

Pour vous fournir des informations précises sur la qualité de l'air et anticiper les vigilances pollution, le processus ne s'arrête pas là. Les données issues des modèles sont ensuite analysées, tous les jours, par un ou plusieurs prévisionnistes de l’Observatoire.

Experts en chimie atmosphérique, en météorologie et fins connaisseurs des spécificités territoriales, les prévisionnistes analysent l'ensemble des données produites (mesures et modélisation) et les croisent avec un ensemble de paramètres environnementaux. Ils considèrent également les mesures recensées durant la nuit, ainsi que des événement ponctuels et locaux que les calculs ne peuvent pas prévoir : incendies, incidents industriels, surcharge des infrastructures routières ou même feux d'artifice de grande ampleur... Tous les scénarios susceptibles de modifier localement les taux de pollution sont envisagés.

Si l’analyse du prévisionniste diffère des cartes calculées par le modèle numérique, il peut corriger la prévision sur tout ou partie du territoire.

Les prévisions que vous recevez via nos services, comme les cartes ou les indices, sont donc issues d'un processus numérique en premier lieu, corrigé si nécessaire par une expertise humaine dans un second temps.

Outre la validation des mesures et la diffusion des prévisions de qualité de l’air, les prévisionnistes ont la responsabilité, accompagné d'un cadre d'astreinte, de de surveiller si les critères d’activation d’une vigilance pollution sont atteints sur un ou plusieurs bassins d’air.

 

cmm-1.jpg
Données de mesures, cartes de modélisation, météos ou événements : tous sont vérifiées par nos prévisionnistes

 

La vigilance pollution

Lorsque plus de 25 km2, ou plus de 10% de la population (ou 50 000 habitants selon les zones) d’une zone géographique appelée « bassin d’air », sont exposés à un dépassement de seuil réglementaire pour un ou plusieurs polluants, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes informe d’une vigilance pollution de l’air. L’objectif est d'alerter la population, mais aussi les autorités préfectorales et les collectivités, du risque encouru.

Les seuils, critères et zones retenus pour déterminer la vigilance sont décrits dans l’arrêté cadre zonal du 22/05/2017 relatif aux procédures préfectorales en cas d’épisodes de pollution de l’air ambiant.

Cette vigilance comporte 4 niveaux décrivant son intensité : vert, jaune, orange, rouge. La définition de ces niveaux s’appuie sur deux paramètres : 

  • L’intensité des taux de pollution (concentration de polluant atteinte ou prévue) 
  • La durée du dépassement (notion de persistance).

L’absence de vigilance, ou vigilance verte, ne signifie pas qu’il n’y a aucune pollution chronique, mais informe d’une absence de risque de dépassement d’un seuil réglementaire. Si les critères sont remplis, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes édite et diffuse à la mi-journée un bulletin de vigilance comprenant : 

  • Le niveau de vigilance prévu sur la zone 
  • Une description de la situation et de son évolution
  • Le rappel des recommandations sanitaires et comportementales adaptées

 

Quelle différence entre vigilance et dispositif préfectoral ?
Sur la base du niveau de vigilance préconisé par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, les autorités préfectorales peuvent mettre en œuvre un Dispositif d’Information ou d’Alerte. Elles informent alors de nombreux organismes institutionnels : Agence Régionale de Santé, Collectivités, Conseils départementaux, Conseil régional, Gestionnaires de voiries, Gendarmerie et Police, Médias, Services de l’Etat etc. Un Dispositif préfectoral d’Alerte implique des actions contraignantes qui doivent être obligatoirement respectées par l’ensemble des acteurs concernés: population, collectivités, établissements industriels, secteur agricole. Ces actions prennent effet le jour même à 17h, à l'exception des actions visant les transports routiers – limitation de vitesse par exemple - qui prennent effet le lendemain matin à 5h00.

 

En cas de vigilance pollution de l’air, chacun a un rôle à jouer et les Arrêtés Préfectoraux édictés dans chaque Département rappellent les mesures applicables aux particuliers, aux professionnels et aux collectivités visant à maîtriser ou réduire les émissions de polluants.

Pour aller plus loin, consulter notre schéma :

la gestion d'un épisode de pollution

La gestion d'un épisode de pollution en 24h