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27 février 2019
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes
Episode de pollution
Transports

25 - 28 février 2019 : épisode de pollution aux particules - Vigilance rouge dans le Bassin Lyonnais Nord-Isère

Crit'air et véhicules
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En cette période où s'additionnent les émissions de polluants issus de multiples sources (chauffage, trafic routier, industries, agriculture), les conditions météorologiques très stables favorisent l'accumulation des particules dans plusieurs régions françaises, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, et ce depuis le lundi 25 février. Compte tenu des prévisions de qualité de l'air défavorables pour le bassin Lyonnais Nord-Isère, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes émet un bulletin de vigilance rouge dès aujourd'hui mercredi 27 février.

Point sur l'épisode en cours 

Depuis le début de la semaine, les concentrations de particules fines sont en augmentation dans la région, en lien avec des conditions météorologiques très stables, ne permettant pas la dispersion des polluants émis. Le bassin Lyonnais Nord-Isère est le territoire le plus touché. Le seuil d'information a été dépassé lundi et mardi, un nouveau dépassement du seuil est prévu pour ce mercredi 27. Le changement de situation devrait s'amorcer à partir de la mi-journée de jeudi, avec un renforcement du vent du nord et un brassage plus important dans l'après-midi. Toutefois, il existe toujours un risque de dépassement du seuil en moyenne sur cette journée du 28.

En raison du risque persistant pour jeudi 28, la vigilance rouge est donc activée sur le bassin Lyonnais Nord-Isère. Par ailleurs, la vigilance jaune est maintenue pour l'ouest de l'Ain, la vallée du Rhône, et activée sur le bassin stéphanois, en raison d'un risque de dépassement de seuil pour la journée de mercredi 27.

L'épisode est de type mixte, impliquant différentes sources de pollution : trafic routier, industrie, chauffage résidentiel et agriculture (émissions d'ammoniac).

Vigilance rouge : qu'est ce que cela signifie ? 

La gstion épisode de pollution en 24h - Atmo Auvergne-Rhône-Alpes

Sur la base des bulletins de vigilance émis par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, les Préfets déclenchent des dispositifs d'information ou d'alerte. A une vigilance rouge correspond une alerte de niveau 2 ou 2 "renforcée" si l'épisode de pollution persiste. Dans le cas présent, les Préfet de l'Isère et du Rhône ont déclenché l'alerte de niveau 2 sur le Bassin Lyonnais Nord-Isère, ce qui entraine la mise en oeuvre de mesures d'urgence permettant de réduire les émissions. Ces mesures visent toutes les sources potentielles de particules : secteur industriel, chantiers BTP et carrières, secteur résidentiel (chauffage), transports, secteur agricole.

Pour connaitre les mesures en détails vous trouverez plus d'informations sur le site de la préfecture du Rhône et de l'Isère

La plupart des mesures prennent effet à partir de 17h ce jour, à l'exception de la circulation différenciée  des véhicules, qui s'applique à compter de demain jeudi 28 février à 5h du matin.

 

Qu'implique la mise en place de la circulation différenciée ?

Le pic de pollution aux particules fines de ces derniers jours a poussé les autorités à interdire la circulation des véhicules les plus polluants dés demain, jeudi 28 février à compter de 5 heures du matin. Seuls les véhicules dotés de certificats Crit'Air 1, 2, 3, 4, 5 pourront circuler, sous peine d'amende de 68 euros pour les véhicules légers et de 135 euros pour les poids lourds. Les contrevenants devront en outre garer leur véhicule ou faire demi-tour. 

Le périmètre de restriction du trafic inclut les communes de Lyon et Villeurbanne à l'exception de certains grands axes comme le boulevard périphérique et les voies autoroutières. 

Si l'épisode venait à durer, les véhicules dotés de certificats Crit'air 4.5 pourraient également être interdits de circuler, à l'instar des véhicules "non classés".

En savoir plus : site de la préfecture du Rhône

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Durant cet épisode de pollution, TCL met en place un titre spécifique : Tick’Air. Disponible jeudi 28 février à bord des bus, en agence TCL et dans les distributeurs.

En savoir plus : site des TCL

 

Quels effets peut-on attendre vraiment d’une telle mesure sur la qualité de l’air ?

Pour réduire les émissions de polluants atmosphériques pour le secteur des transports routiers, 4 leviers possibles : 

  1. la diminution du trafic,

  2. l'amélioration de la fluidité du trafic, 

  3. l'optimisation de la vitesse de la circulation

  4. l'évolution du parc automobile vers des véhicules "plus propres".

La circulation différenciée visant les véhicules non classées telle que mise en place dès le 28 février à 5h sur Lyon/Villeurbanne permet de réduire d'environ 5 à 6% les émissions de particules fines et d'oxydes d'azote du secteur des transports routiers.

En interdisant également la circulation des véhicules dotés de certificats 4 et 5, en plus des non classés, sur le même périmètre géographique, la réduction des émissions des transports routiers de ces mêmes polluants serait de l'ordre de 25 à 30%.

A noter :

  • Ces pourcentages de réductions supposent un respect intégral de la mesure (tous les véhicules concernés appliquent)

  • Les seuils réglementaires et les valeurs guides recommandées par l’OMS concernant les particules en suspension et le dioxyde d’azote sont dépassés de manière récurrente dans la région. Ce dispositif temporaire est un moyen pour éviter ponctuellement que la qualité de l'air ne se dégrade. Il vient en complément des mesures pérennes de développement de transports alternatifs à la voiture individuelle, de renouvellement des véhicules, d'optimisation des conditions de circulation, qui seules permettront une baisse durable des émissions de polluants par les transports routiers. .

 

Le transport routier, une source importante de pollution de l'air en Auvergne-Rhône-Alpes

Les transports routiers sont à l’origine d’une part importante de la pollution atmosphérique dans la région Auvergne Rhône Alpes. Les polluants émis tels que les particules fines PM10 et les Oxydes d’azote (NOx) connaissent des dépassements fréquents de valeurs limites prévues par la réglementation européenne, notamment en situation de proximité routière. Or, le long de ces voiries l'urbanisation est parfois dense, de nombreux habitants sont exposés.

L’étude européenne APHEKOM a notamment montré que le fait d’habiter à proximité du trafic routier pourrait être responsable de 15 à 30 % des nouveaux cas d’asthme chez l’enfant et les pathologies chroniques respiratoires et  cardiovasculaires.

Le centre des grandes agglomérations et le voisinage immédiat des axes routiers sont particulièrement touchés par la pollution liée au trafic automobile. Dans la région, les transports contribuent à plus de la moitié des émissions d’oxydes d’azote et à environ ¼ des émissions de particules. Réduire l’exposition des populations affectées par cette pollution constitue un enjeu de santé publique. De plus, les transports contribuent à la dégradation du climat (plus d’1/3 des émissions de GES).

 

Je me protège et je m'informe au quotidien 

En plus de la pollution chronique à laquelle nous sommes exposés tout au long de l’année, qui est la plus impactante pour la santé humaine, les pics de pollution peuvent provoquer des effets à court terme pour les personnes les plus vulnérables et sensibles. Pour s’en protéger, il convient de bien suivre les recommandations sanitaires délivrées par le Ministère de la santé  et l’Agence Régionale de Santé.

Il est notamment recommandé d'éviter les déplacements sur les grands axes routiers et à leurs abords, aux périodes de pointe (7h-10h / 17h-20h) ainsi que les activités physiques intenses, même en intérieur. En cas de gêne respiratoire ou cardiaque, il est conseillé de se rapprocher d'un médecin ou d'un pharmacien. Des consignes auxquelles s'ajoutent une vigilance particulière pour "les femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants, personnes de plus de 65 ans, personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires, personnes asthmatiques".

 

Pour être informé tout au long de l'année, et recevoir des alertes en cas d'épisode de pollution :