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28 février 2019
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes
Episode de pollution
Transports

25 - 28 février 2019 : épisode de pollution aux particules - vigilance rouge maintenue dans le Bassin Lyonnais Nord-Isère

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En cette période où s'additionnent les émissions de polluants issus de multiples sources (chauffage, trafic routier, industries, agriculture), les conditions météorologiques très stables favorisent l'accumulation des particules dans plusieurs régions françaises, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, et ce depuis le lundi 25 février. Compte tenu des prévisions de qualité de l'air défavorables pour le bassin Lyonnais Nord-Isère, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes maintient un bulletin de vigilance rouge ce jeudi 28 février mais lève la vigilance jaune sur Ouest Ain, vallée du Rhône et le bassin Stéphanois.

Point sur l'épisode en cours 

L'épisode est de type mixte, impliquant différentes sources de pollution : trafic routier, industrie, chauffage résidentiel et agriculture (émissions d'ammoniac).

Mercredi 27 février, les concentrations de particules fines ont été élevées sur une large part du territoire, le seuil d'information a été dépassé sur le bassin lyonnais et l'Ouest Ain.

Jeudi 28 février,  un changement de situation s'amorce avec une baisse des concentrations prévue dans l'après -midi, compte tenu des actions de réduciton des émissions mises en oeuvre et de l'évolution des conditions météorologiques. Cette amélioration se confirme vendredi 1er mars.

La vigilance jaune est donc levée dès ce jeudi 28 février sur les territoires de l'ouest Ain, de la vallée du Rhône et du bassin stéphanois.

Sur le bassin lyonnais nord-Isère, territoire le plus touché de cet épisode, les concentrations de particules fines sont toujours élevées à la mi-journée ce jeudi 28 février, malgré la baisse enregistrée cet après-midi, le seuil d'information pourrait être encore dépassé aujourd'hui au cœur de l'agglomération lyonnaise en moyenne sur la journée. La vigilance rouge est maintenue en raison du risque de dépassement pour la journée de jeudi 28 février. Vendredi 1er mars,  la vigilance pourrait être levée.

Vigilance rouge : qu'est ce que cela signifie ? 

Sur la base des bulletins de vigilance émis par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, les Préfets déclenchent des dispositifs d'information ou d'alerte. A une vigilance rouge correspond une alerte de niveau 2 ou 2 "renforcée" si l'épisode de pollution persiste. Dans le cas présent, les Préfet de l'Isère et du Rhône ont déclenché depuis le 27 février l'alerte de niveau 2 sur le Bassin Lyonnais Nord-Isère, ce qui entraine la mise en oeuvre de mesures d'urgence permettant de réduire les émissions. Ces mesures visent toutes les sources potentielles de particules : secteur industriel, chantiers BTP et carrières, secteur résidentiel (chauffage), transports, secteur agricole.

La plupart des mesures ont pris effet à partir de 17h mecredi 27 février à l'exception de la circulation différenciée des véhicules, qui n'a été appliquée qu'à partir de ce matin 5h. Les mesures restent en vigueur jusqu'à la levée complète de la vigilance, probablement vendredi 1er mars.

Pour connaitre les mesures en détails vous trouverez plus d'informations sur le site de la préfecture du Rhône et de l'Isère

 

Les transports routiers ne sont pas les seuls émetteurs de pollution, des actions doivent porter sur tous les secteurs d'activités

Comme mentionné dans un de nos précédents articles sur l'épisode en cours il est également recommandé d'arrêter ou quand c'est impossible de réduire l'utitlisation de certains foyers ouverts ou appareils de combustion de biomasse non performants.

Les industriels sont dans l'obligation de prendre des dispositions pour réduire les rejets atmosphériques (reporter les opérations émettrices de COV, de particules, d’oxydes d’azote, de poussières). 

D'autres activités sont visés, les chantiers et l'agriculture.

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En quoi les activité agricoles sont-elles concernées ?

Les épandages d'engrais, fumier ou lisier sont susceptibles d'émettre de l'ammoniac. Au printemps, les conditions météorologiques, températures froides le matin et douces l’après-midi, favorisent la formation de nitrate d’ammonium (NH4NO3), à partir d'ammoniac principalement d'origine agricole et d'oxydes d'azote émis majoritairement par le trafic routier. Le nitrate d'ammonium représente alors une part non négligeable de la composition chimique des particules fines.

Durant cette période printanière, les agriculteurs sont autorisés à épandre (exigences de la loi sur l’eau destinées à limiter le lessivage et à protéger les ressources en eau). La concomitance de ces situations (météorologie défavorable à la qualité de l’air, autorisation et besoin d’épandre pour les agriculteurs) conduit à la formation de particules dites secondaires et à l'augmentation des taux de particules, pouvant se traduire par des épisodes de pollution.

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La courbe ci-dessous montre l'évolution des concentrations d'ammoniac mesurées à Lyon depuis le début du mois de février. Comme pour les particules, des effets de pics sont constatés, qui traduisent l'évolution des émissions et des conditions de dispersion au cours des journées.

Toutefois, globalement, une tendance à l'augmentation est observée, assez nette depuis le 22 février, pouvant être reliée à une reprise progressive des épandages en cette période propice.

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Qu'implique la mise en place de la circulation différenciée ?

Le pic de pollution aux particules fines de ces derniers jours a poussé les autorités à interdire la circulation des véhicules les plus polluants depuis le jeudi 28 février à compter de 5 heures du matin. Seuls les véhicules dotés de certificats Crit'Air 1, 2, 3, 4, 5 peuvent circuler, sous peine d'amende de 68 euros pour les véhicules légers et de 135 euros pour les poids lourds. Les contrevenants devront en outre garer leur véhicule ou faire demi-tour.

Le périmètre de restriction du trafic inclut les communes de Lyon et Villeurbanne à l'exception de certains grands axes comme le boulevard périphérique et les voies autoroutières.

Lors d'épisodes persistants, les véhicules dotés de certificats Crit'air 4.5 peuvent également être interdits de circuler, à l'instar des véhicules "non classés". Tableau de classification pour les voitures particulières

A noter : environ 50% des véhicules sont équipés d'un certificat de qualité de l'air sur Lyon/Villeurbanne (selon décompte effectué début février 2019)

En savoir plus : site de la préfecture du Rhône

Durant cet épisode de pollution, TCL met en place un titre spécifique : Tick’Air. Disponible jeudi 28 février à bord des bus, en agence TCL et dans les distributeurs. En savoir plus : site des TCL

 

Recommandations lors d'un épisode de pollution :

 

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Je me protège et je m'informe au quotidien 

En plus de la pollution chronique à laquelle nous sommes exposés tout au long de l’année, qui est la plus impactante pour la santé humaine, les pics de pollution peuvent provoquer des effets à court terme pour les personnes les plus vulnérables et sensibles. Pour s’en protéger, il convient de bien suivre les recommandations sanitaires délivrées par le Ministère de la santé  et l’Agence Régionale de Santé.

Il est notamment recommandé d'éviter les déplacements sur les grands axes routiers et à leurs abords, aux périodes de pointe (7h-10h / 17h-20h) ainsi que les activités physiques intenses, même en intérieur. En cas de gêne respiratoire ou cardiaque, il est conseillé de se rapprocher d'un médecin ou d'un pharmacien. Des consignes auxquelles s'ajoutent une vigilance particulière pour "les femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants, personnes de plus de 65 ans, personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires, personnes asthmatiques".

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Pour être informé tout au long de l'année, et recevoir des alertes en cas d'épisode de pollution :