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20 mai 2019
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes
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Capteurs et sciences participatives : un colloque national pour échanger sur l’observation environnementale de demain

Capteurs et sciences participatives
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Le 1er avril dernier l’ensemble des acteurs à la recherche de nouvelles formes d’observation environnementale se sont donnés rendez-vous au colloque national « capteurs et sciences participatives » organisé à la Sorbonne à Paris. L’occasion pour Atmo Auvergne-Rhône-Alpes de revenir sur la Captothèque et son expérimentation citoyenne autour de la qualité de l’air.

 

Julia et vous, les nouvelles sentinelles de la qualité de l’air 

Lundi matin, 8h. Vous recevez une notification sur votre téléphone indiquant que la qualité de l’air prévue semble bonne sur la route de votre travail, que vous parcourez à vélo. En chemin, vous ressentez pourtant un air pollué. Un coup d’œil sur les données du micro-capteur de mesure installé sur le guidon confirme votre ressenti : à l’angle de la rue de l’Armistice et du boulevard Pasteur, les concentrations de dioxyde d’azote explosent ! Vous partagez en un clic ces données via l’application à Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. Les micro-capteurs fixes installés à proximité sur les balcons par des citoyens volontaires sont immédiatement interrogés pour confirmer l’hypothèse. Les données récoltées par les capteurs installés sur les vélos des postiers, passés un peu plus tôt, sont également mobilisées.  

Toute cette intelligence collective est analysée en quelques secondes : les cartes de prévision sont mises à jour, après un nouveau calcul de la dispersion prévue des polluants. 

Julia, qui se rend au parc avec son enfant à deux rues de là, reçoit une notification l’informant d’un risque de qualité de l’air dégradée sur son trajet. Ainsi Informée, Julia fera le choix d’un autre itinéraire.  

 

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A l'instar de la mesure du bruit, l'avenir de l'observation de la qualité de l'air est-il dans le micro-capteur ?

 

Vers un observatoire augmenté ? 

A mi-chemin entre réalité et fiction, l’histoire de Julia et vous, ainsi que des milliers de données qui vous connectent, sera peut-être notre quotidien dans quelques années, voire quelques mois. Car l’observation environnementale et en particulier celle de la qualité de l’air connait aujourd’hui une période d’innovation inédite grâce à l’arrivée des objets connectés, comme les micro-capteurs de mesure. 

Ces micro-stations de mesure, communément appelées capteurs sont moins coûteuses et peu encombrantes, permettant d’envisager le déploiement de réseaux de points de mesures distribués sur nos territoires. Et d’imaginer de nouveaux usages de la mesure… en facilitant par exemple la participation de l’ensemble de la société (citoyens, acteurs économiques, collectivités) à l’observation de la qualité de l’air. Car l’intégration de réseaux de micro-capteurs dans l’observatoire constitue une piste d’évolution à moyen terme permettant alors d’en augmenter la résolution spatiale et temporelle, ainsi que la capacité à prendre en compte des évènements localisés ou atypiques.  

 

L’intégration de réseaux de micro-capteurs dans l’observatoire constitue une piste d’évolution à moyen terme 

 

Ainsi les personnes et infrastructures équipées pourraient “augmenter” de leurs données et observations locales les connaissances sur la qualité de l’air. Mais d’ici là, nombre de verrous techniques et technologiques restent à lever. 

 

Un colloque national pour réunir les idées 

Reste à inventer “l’intelligence” logicielle et logistique qui coordonnera de façon optimale ces nouveaux instruments et les comportements qu’ils permettent. Les hypothèses pour parvenir sont nombreuses. De fait de nombreux projets de recherche ou d’expérimentation ont vu le jour partout en France et en Europe, ces 5 dernières années, pour étudier et améliorer ces nouveaux usages et leurs technologies supports.  

L’objet du colloque interdisciplinaire Capteurs et sciences participatives, organisé par la faculté des Sciences de Sorbonne Université, grâce au soutien du DIM QI2 de la région Ile-De-France et de l’OSU ECCE TERRA visait justement à établir un état des lieux des initiatives en France. Les 4 jours de présentations et de débats ont permis aux acteurs engagés dans l’innovation autour de la qualité de l’air d’échanger leurs idées, leurs doutes, leurs trouvailles et bonnes pratiques avec pour idée de mutualiser leurs visions.  

Une trentaine d’équipes sont venues présenter leurs recherches et conclusions sur des sujets pluridisciplinaires, allant de la technique de captation - avec la calibration de micro-capteurs In situ par exemple - à l’impact sociétal et citoyen de la participation à l’observation environnementale - comme le retour d’expérience du projet Ambassad’Air - en passant par la recherche en modélisation.  

Les débats ont abouti à une synthèse publique des informations majeures, consultable ici 

 

La Captothèque, la vision d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes pour réunir les citoyens et la surveillance de la qualité de l’air

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a présenté son projet de Captothèque, expérimenté cet hiver sur la communauté de communes des pays du Mont-Blanc et la métropole grenobloise. Imaginée pour utiliser les micro-capteurs comme lien entre les citoyens et l’observatoire, elle vise à offrir à tous les habitants de la région Auvergne-Rhône-Alpes, sans condition de ressources, la possibilité de mesurer l’air qu’ils respirent en empruntant gratuitement un capteur de mesure. Chacun pourra ainsi découvrir son environnement atmosphérique, apprendre et partager ses découvertes grâce à une plateforme web. 

Encore en développement, la Captothèque sera proposée sur des territoires pilotes dès la fin de l'année 2019.