Actualité
24 novembre 2020
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes
Evaluation de la qualité de l’air

Ce reconfinement a un impact plus limité sur la qualité de l'air

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Le premier confinement avait connu une forte réduction de l’activité économique et des déplacements, se traduisant par une amélioration significative de la qualité de l’air, notamment aux abords des voiries. Une tendance à la baisse des polluants automobiles est encore perceptible lors de ce deuxième confinement, mais nettement moins marquée. De plus, en cette fin novembre, en lien avec la baisse des températures, les polluants émis par le chauffage sont en nette progression, et la qualité de l’air se dégrade. Il est difficile d’évaluer la part du confinement dans cette dégradation, notamment du fait du télétravail, mais l’influence du chauffage est en revanche indéniable.

 
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Tendances générales d’évolution de la qualité de l'air en 2020  pour les oxydes d’azote et les particules PM10 jusqu’au 22 novembre

 
 
 
 
 
 
ZOOM SUR LES POLLUANTS :
OXYDES D’AZOTE : Le terme « oxydes d’azote » désigne le monoxyde d’azote (NO) et le dioxyde d’azote (NO2). Ces composés sont formés par oxydation de l’azote atmosphérique (N2) lors des combustions (essentiellement à haute température) de carburants et de combustibles fossiles. Le dioxyde d’azote (NO2) est émis lors des phénomènes de combustion, principalement par combinaison de l’azote et de l’oxygène de l’air. Les sources principales sont les véhicules et les installations de combustion. Dans la famille des oxydes d’azote, le dioxyde d’azote fait l’objet d’une attention particulière car il a un impact sanitaire avéré, ce qui lui vaut d’être réglementé en air ambiant, à la différence du monoxyde d’azote. 
PARTICULES : Les particules en suspension, d’origine anthropique, communément appelées « poussières », proviennent en majorité de la combustion à des fins énergétiques de différents matériaux (bois, charbon, pétrole), du transport routier (imbrûlés à l’échappement, usure des pièces mécaniques par frottement, des pneumatiques…), d’activités industrielles très diverses (sidérurgie, incinération, chaufferie) et d’activités agricoles (labours, épandages). Il existe aussi des particules naturelles (volcans, abrasion et ré-envol, océans, …). 

Focus Oxydes d'azote

Dès le début du confinement de printemps, on avait pu observer une baisse de pollution sur le paramètre « dioxyde d’azote », due principalement à la chute du trafic, particulièrement visible en bordure d’axe routiers. Des comptages de véhicules relevaient alors à ce moment une diminution du trafic de l’ordre de 70 % en semaine, et une baisse équivalente des concentrations de dioxyde d’azote en bordure des voiries.

Par la suite, jusqu’au mois d’octobre inclus, les concentrations observées, bien qu’en progression à compter de septembre, ne sont pas remontées au niveau des concentrations dites « normales » calculées sur les 5 dernières années. Même si le volume global de trafic a retrouvé des niveaux habituels à compter de l’été, il est possible que la répartition au cours de la journée soit un peu différente, plus lissée du fait notamment d’horaires de travail décalés et de comportements différents, ce qui pourrait atténuer les “pics de pollution” liés à de très fortes densités de trafic et à la saturation des axes. 

Dès fin octobre, date de réinstallation du confinement, les contraintes s’imposant à la population sont moins drastiques qu’au printemps, les conséquences s’observent sur la route, les véhicules sont davantage présents, la baisse du trafic se situe aux alentours de 20 à 25 % en semaine, -50 % les week-ends. Ainsi, la diminution des taux de dioxyde d’azote est moins nette qu’en mars-avril, de l’ordre de –40 % par rapport à la “normale” des 5 dernières années.

Il faut cependant noter qu’en ce mois de novembre, les concentrations de dioxyde d’azote sont environ 2 à 3 fois supérieures à celles de mars/avril. Mais cette situation n’a rien d’atypique, elle se vérifie chaque année. Ce sont les conditions météorologiques qui sont plus propices à l’émission et à l’accumulation des polluants en automne qu’au printemps : température plus fraiche et vent souvent moins présent en novembre qu’en mars/avril. 

Source données trafic : https://dataviz.cerema.fr/trafic-routier/

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Focus PM10 et PM2.5

Pour les particules PM10 et PM2,5, en proximité trafic ou en fond, la situation est différente. La baisse des niveaux de particules n’est pas aussi marquée qu’elle peut l’être pour les oxydes d’azote. Au printemps, comme à l’automne, il ne se dégage pas une tendance très nette d’évolution des concentrations de particules

L’analyse des conditions météorologiques de la première quinzaine de novembre montre la présence d’un vent plutôt faible et des pluies moins abondantes qu’habituellement pour cette même période. Elles auraient ainsi pu favoriser l’accumulation des polluants primaires à faible altitude. Cependant, les températures étaient aussi nettement plus douces que les années précédentes, induisant de moindres besoins énergétiques, et donc des émissions liées au chauffage probablement limitées. Les concentrations de particules étaient donc assez faibles, mais conformes aux “normales" d’une première quinzaine de novembre, sans que l’on puisse déceler un impact du confinement. 

A la différence des oxydes d’azote, les particules proviennent de multiples sources de pollution, le trafic routier n’étant qu’une de ces sources. Le chauffage est une autre source, prépondérante de novembre à février. Le chauffage des bureaux ou des domiciles n’est pas assuré par les mêmes moyens, et le télétravail pourrait avoir un impact dans certains secteurs où la biomasse est très utilisée en chauffage individuel, par un effet report d’un mode de chauffage vers un autre potentiellement plus émetteur de particules. Mais cet impact reste à évaluer et ne pourra l’être qu’avec suffisamment de données, au fur et à mesure de l’avancée dans l’hiver, et de recul. 

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En cette dernière semaine de novembre, la qualité de l’air se dégrade...

Depuis ce dimanche 22 novembre, les températures chutent dès la tombée de la nuit, et l'atmosphère est très stable, avec un vent calme et des inversions thermiques marquées jusqu’en matinée. Ces conditions engendrent une utilisation accrue des systèmes de chauffage dans les foyers, et les émissions ne sont que très peu dispersées. La conséquence ne se fait pas attendre sur les zones les plus stables d’un point du vue météorologique, les taux de particules augmentent jusqu’à atteindre le seuil d’information et de recommandations. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a émis une vigilance sur les zones du bassin lyonnais nord Isère et sur la vallée du Rhône dès le 22 novembre, prolongée le 23.

Il est difficile à ce stade comme évoqué ci-dessus d’évaluer si le confinement a un impact sur cet épisode, via notamment la présence accrue de personnes à leur domicile. On peut toutefois indiquer qu’un épisode de pollution enregistré une deuxième quinzaine de novembre n’a rien d’exceptionnel, et que la part des particules primaires liées à la combustion de biomasse est importante dans cet épisode.

 

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Réponses à vos questions 

"L’impact sanitaire du COVID-19 est-il aggravé par la pollution de l’air ?  Que puis-je faire pour limiter mon exposition à la pollution de l’air intérieur en période de confinement ?  

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