Actualité
18 mai 2020
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes
Evaluation de la qualité de l’air

[Coronavirus] Evolution de la qualité de l'air ces 2 derniers mois et juste après le déconfinement du 11 mai

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Du 17 mars au 11 mai 2020, notre territoire a vécu une période de confinement inédite, due à la pandémie de COVID-19. Ce confinement, comme précisé dans un précédent article, a eu des effets sur la qualité de l'air, notamment dans les grandes agglomérations et le long des grandes voiries routières. Les taux d'oxydes d'azote, émis en majorité par le trafic routier, ont chuté pendant le confinement et restent à des niveaux faibles à modérés une semaine après le déconfinement. Pour d’autres polluants, notamment les particules fines et l’ozone, le bilan est plus contrasté, en raison notamment de la multiplicité des sources impliquées et de l'importance des conditions météorologiques. 
  

Quel est l'impact chiffré du confinement dans la région ? Comment expliquer une qualité de l'air tout de même dégradée certains jours ? Nous suivons en permanence l’évolution de différents indicateurs de l'état de la qualité de l’air, voici les observations de ces dernières semaines.

 

 

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Evolution actuelle  

Neuf semaines après le début de la période de confinement et juste après le déconfinement du 11 mai, l'évolution de la pollution de l'air par comparaison aux « normales saisonnières » des cinq dernières années met en évidence les points suivants en Auvergne-Rhône-Alpes :   

Oxydes d'azote (NOx) : les concentrations d’oxydes d'azote, principaux traceurs de la pollution automobile, ont largement chuté lors des deux premières semaines de confinement puis sont restées très en dessous des « normales saisonnières » durant toute la période de confinement. Une légère tendance à la hausse se dessine depuis le déconfinement du 11 mai, corrélée avec la reprise progressive du trafic automobile. Toutefois, les taux restent encore largement inférieurs aux "normales saisonnières". Outre les conditions météorologiques très favorables à la dispersion des polluants depuis le déconfinement, il est possible que le trafic routier soit davantage réparti sur l'ensemble de la journée, moins concentré le matin et le soir, ce qui pourrait avoir pour effet de limiter le phénomène d'accumulation des polluants. De plus, le trafic routier n'a pas encore totalement retrouvé le niveau antérieur au confinement.

En savoir plus sur l'évolution du trafic routier : consultez le site du CEREMA.

Particules fines (PM10, PM2,5) : les concentrations de particules ont fortement  varié au fil des semaines. Après une élévation (voir les explications plus loin dans l'actualité "Tendances générales depuis le début du confinement"), les semaines suivantes ont enregistré des taux relativement proches des "normales saisonnières", exceptée une baisse conséquente en semaine 18 suite à plusieurs jours pluvieux consécutifs. Depuis le déconfinement, on observe une très légère progression des taux de particules, notamment PM2,5, qui pourrait être reliée à la reprise du trafic routier.

Ozone (O3) : les teneurs sont en hausse régulière, à l'instar des années précédentes. En effet, la formation d'ozone est fortement dépendante de l'énergie du rayonnement solaire, qui s'accroit régulièrement de la fin de l'hiver à l'été. Comme pour les particules, une diminution significative a été relevée semaine 18, du fait de la météorologie médiocre, mais globalement les concentrations sont proches des "normales saisonnières" du début du confinement jusqu'à maintenant.

La qualité de l'air depuis le déconfinement  ne montre pas de signe de dégradation significative. Les taux de pollution restent faibles à modérés, assez proches des "normales saisonnières", voire inférieurs. Toutefois, il est diffcile de dégager une tendance et de conclure après seulement une semaine de déconfinement, il conviendra de refaire et compléter cette analyse après plusieurs semaines.

Les graphiques suivants montrent l'évolution de ces quatre indicateurs de pollution depuis le début de l'année 2020 jusqu'au 17 mai, comparée à des "normales saisonnières" calculées sur les 5 années précédentes.

Comment lire ces graphiques ?
Ces graphiques montrent l’évolution depuis le début de l'année 2020 des concentrations des 4 principaux polluants traceurs de la pollution, et par ailleurs réglementés du fait de leurs  effets sanitaires ou environnementaux.  L’évolution au fil des semaines est représentée par la moyenne hebdomadaire des données mesurées en 2020 pour chaque semaine calendaire (du lundi au dimanche). L'amplitude (écart entre le minimum et le maximum) des moyennes hebdomadaires mesurées pendant la même semaine calendaire lors des 5 dernières années (2015 à 2019) permet de situer le caractère exceptionnel ou non de l'année 2020.
 Les données utilisées sont celles de tous les sites permanents de mesure de la qualité de l'air en situation "de fond", en milieu urbain ou périurbain, c’est-à-dire dans les lieux les plus représentatifs de l’exposition de l'ensemble des habitants de la région. La prise en compte d’une période de 5 ans permet de s’affranchir des variations inter-annuelles liées à la météorologie, il s’agit en quelque sorte de comparer à des « normales saisonnières ».

 

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Tendances générales depuis le début du confinement et explications sur le comportement des polluants 

Dès le début du confinement, une nette diminution des taux d'oxydes d'azote a été observée, de l'ordre de 50 à 70% selon les territoires, en lien avec la baisse spectaculaire du trafic routier. En revanche, pour d'autres polluants tels que les particules ou l'ozone, la tendance est plus contrastée, pour plusieurs raisons. D'une part, les sources de pollution sont nombreuses : outre les transports, on peut citer le chauffage, certaines activités industrielles et agricoles, des sources naturelles (érosion et envol de particules sous l'action du vent notamment). De plus, la chimie de l’air est complexe, il existe des polluants dits « secondaires », qui ne sont pas directement émis par les activités humaines, mais se forment dans l'atmosphère par réaction chimique, c’est le cas par exemple de certaines particules et de l'ozone. Enfin, les conditions météorologiques sont aussi un facteur déterminant car elles influencent positivement ou négativement l’état de la qualité de l’air d'un jour à l'autre. 

Pourquoi les concentrations de particules fines et d'ozone ont-elles augmenté ?  

Les particules :

Une baisse des températures en début de période a entrainé une augmentation des rejets du chauffage individuel au bois notamment, dont on rappelle qu’il est l’émetteur principal de particules dans notre région. Par ailleurs, une  météorologie très stable et sèche a pu favoriser l’accumulation et parfois le réenvol de particules fines déposées sur les sols. A d'autres périodes, des températures basses le matin, avec une humidité élevée, et des températures élevées l'après-midi, ont contribué à la formation de particules secondaires à partir d'oxydes d'azote et d'ammoniac. Le  travail agricole des sols, des brûlages destinés à limiter l’impact du gel sur les cultures,  et des brûlages de végétaux à l’air libre ont très probalement été également à l'origine d'émissions de particules. Enfin, des phénomènes d'import de  particules désertiques ont été constatés certaines journées.

L'ozone :

Comme certaines particules, l’ozone a une origine « secondaire », c’est-à-dire qu’il se forme à partir d’autres polluants, oxydes d’azote et composés organiques volatils, sous l’action des rayons UV du soleil. Ce polluant est donc dépendant de la météorologie, qui était très favorable à sa formation notamment mi-mars et durant plusieurs semaines en avril, avec un  temps, ensoleillé, doux voire chaud. A l'instar des particules fines, l'évolution des concentrations d'ozone ne parait pas avoir été influencée par le confinement. Les taux recensés ont notamment résulté de facteurs météorologiques. Ainsi, les concentrations ont été supérieures aux moyennes sur 5 ans lors des semaines 15 et 16, marquées par un temps anticyclonique, plutôt chaud, sec, avec peu de vent... En revanche, les taux d'ozone sont passés sous les "normales saisonnières lors des semaines 18 et 20, semaines pluvieuses et fraîches pour la saison.

En savoir plus d’informations sur la formation de l’ozone : https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/article/episode-ozone 

 

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Réponses à vos questions sur la qualité de l'air et le COVID-19

"L’impact sanitaire du COVID-19 est-il aggravé par la pollution de l’air ? Que puis-je faire pour limiter mon exposition à la pollution de l’air intérieur en période de confinement ? Ou encore, si je suis allergique aux pollens, la situation est-elle plus grave pour moi en ce moment ? " 

Vous trouverez réponses à toutes ces questions dans cette "foire aux questions" réalisée par la fédération Atmo France.  

Nous publions également régulièrement sur notre site des actualités sur différents sujets  : pollens, air intérieur, déchets végétaux... Consultez toutes les actualités et si vous le souhaitez vous pouvez également vous abonnez aux bulletins d'informations par mail, vous serez les premiers informés en cas de dégradation de la situation. Il vous suffit de renseigner votre adresse, choisir le bulletin de vigilance pollution et définir une zone géographique.

 

Vous avez des questions d'ordre plus général ? 


Vous trouverez probablement des réponses sur notre site web www.atmo-auvergnerhonelapes.fr, que nous vous invitons à consulter, notamment :

- La page « Tous connectés », avec des liens vers des services gratuits, librement utilisables et adaptés aux besoins de chacun, via le site web ou des applications smartphones : cartes de prévision air et pollensoutils de planification, diffusion de données, signalements d’odeurs ou diagnostic d’air intérieur, éléments d'analyse, etc.

- La FAQ , avec des réponses à plus de 30 questions fréquentes,

- Des explications sur l’élaboration des cartes de prévision et le calcul des indices de qualité de l’air,

- La visualisation de l’emplacement des stations fixes de mesures et l’accès aux données téléchargeables,

- L’historique des épisodes de pollution ou des alertes incidents,

- Le diagnostic annuel 2018 (2019 en cours de finalisation) de la qualité de l’air par territoire ,

- L’accès à toutes les publications des 20 dernières années,