Actualité
29 avril 2020
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes
Evaluation de la qualité de l’air

[Coronavirus] Impact du confinement sur la qualité de l’air en Auvergne-Rhône-Alpes ces 6 dernières semaines

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Cela fait maintenant 6 semaines que la France est confinée à cause de la pandémie de COVID-19. Ce confinement, comme déja démontré dans cet article, n'est pas sans effet sur la qualité de l'air, notamment dans les grandes agglomérations. Les émissions de polluants atmosphériques provenant du trafic routier et des industries ont en effet largement diminué. Cependant, certains polluants comme les particules ou l'ozone restent à surveiller. 
 

Quel est l'impact réel du confinement dans les principales agglomérations de la région ? Quelles sont les différentes sources de pollution ? Comment expliquer une qualité de l'air parfois dégradée ? Atmo Auvergne-Rhône-Alpes continue de suivre régulièrement l’évolution de différents indicateurs de l'état de la qualité de l’air, voici les observations de ces dernières semaines.

 

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Tendances générales depuis le début du confinement  

Dès le début du confinement, on a pu observer une baisse de pollution due principalement à la chute du trafic, mais cela ne concerne pas forcément tous les polluants. En effet, la chimie de l’air est complexe. Certains polluants dits « secondaires » ne sont pas directement émis par les activités anthropiques, ils se forment dans l'atmosphère par réaction chimique, c’est le cas par exemple de l’ozone. Les conditions météorologiques sont aussi un facteur important à prendre en compte car elles peuvent influencer positivement ou négativement l’état de la qualité de l’air d'un jour à l'autre. Enfin, les sources de pollution sont nombreuses et variées, les transports ne sont pas les seuls émetteurs de polluants.  

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Comment lire ce graphique ?
Ce graphique montre l’évolution depuis le 2 mars 2020 (semaine 10) des concentrations des principaux polluants traceurs de la pollution, et par ailleurs réglementés du fait de leurs effets sanitaires ou environnementaux. L’évolution au fil des semaines est représentée par l'écart relatif entre la moyenne des données mesurées en 2020 pour chaque semaine calendaire (du lundi au dimanche) et la moyenne des données mesurées pendant la même semaine calendaire sur les 5 dernières années (2015 à 2019).
Les données utilisées sont celles de tous les sites permanents de mesure de la qualité de l'air en situation de fond en milieu urbain ou périurbain, c’est-à-dire dans les lieux les plus représentatifs de l’exposition de la majorité des habitants de la région. La prise en compte d’une période de 5 ans permet de s’affranchir des variations inter annuelles liées à la météorologie, il s’agit en quelque sorte de comparer à des « normales saisonnières ».
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Evolution actuelle :  

Au cours de cette 6ème semaine de confinement, en Auvergne-Rhône-Alpes, l'évolution de la pollution de l'air par comparaison aux précédentes semaines de confinement et aux « normales saisonnières » met en évidence les points suivants :  

 

 

  • NOx : pollution par les oxydes d'azote toujours très en dessous des « normales saisonnières » ;  

  • PARTICULES : forte variabilité des concentrations de particules, qui retrouvent des niveaux proches de ceux des années précédentes après une hausse assez importante en début de confinement, sans lien direct avec ce dernier ; il est difficile à ce stade de déceler une tendance très nette pour ces polluants. ​A la différence des oxydes d’azote, les concentrations de particules ont en effet augmenté à compter du confinement, de plus de 60% par rapport à l’historique sur 5 ans, ce qui peut paraitre surprenant.  

Pourquoi les concentrations de particules ont augmenté ? 
Voici plusieurs explications : 
- une baisse des températures en début de période, entrainant une augmentation des rejets du chauffage individuel au bois notamment, dont on rappelle que c’est l’émetteur principale de particules dans notre région, 
des gelées matinales, une météorologie très stable et très sèche, qui a pu favoriser à la fois l’accumulation et parfois le réenvol de particules déposées sur les sols,
- une météorologie favorable à la formation de particules secondaires (températures basses le matin et humidité importante, températures élevées l’après-midi), 
le travail agricole des solsdes brûlages destinés à limiter l’impact du gel sur les cultures, ou des brûlages de végétaux à l’air libre, parfois constatés malgré l’interdiction et enfin l’import de particules désertiques.

 

  • OZONE : pollution par l’ozone légèrement plus élevée que celle des années précédentes, mais qui retrouve comme pour les particules des niveaux plus habituels en cette fin de mois d’avril. 

 

Cycle ozone
​Comme certaines particules, l’ozone a une origine « secondaire », c’est-à-dire qu’il se forme à partir d’autres polluants, oxydes d’azote et composés organiques volatils, sous l’action des rayons UV du soleil. Ce polluant est donc dépendant de la météorologie, très favorable à sa formation depuis mi-mars, le temps étant ensoleillé, doux voire chaud.Plus d’informations sur la formation de l’ozone : https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/article/episode-ozone 

 

 

 

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Zoom sur les territoires  

Les effets sur la pollution atmosphérique locale et régionale deviennent apparents. Quelle est l'évolution de la qualité  sur les différents territoires de la région Auvergne-Rhône-Alpes ?

Annecy Arve Chambéry Clermont-FerrandGrenoble  -  Lyon Saint-Étienne Valence 

Découvrez aussi l'impact de la qualité de l'air sur toute la France, région par région  

 

 

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Réponses à vos questions 

"L’impact sanitaire du COVID-19 est-il aggravé par la pollution de l’air ? Que puis-je faire pour limiter mon exposition à la pollution de l’air intérieur en période de confinement ? Ou encore, si je suis allergique aux pollens, la situation est-elle plus grave pour moi en ce moment ? " 

Vous trouverez réponses à toutes ces questions dans cette "foire aux questions" réalisée par la fédération Atmo France.  

Nous publions également régulièrement sur notre site des actualités sur différents sujets  : pollens, air intérieur, déchets végétaux... Consultez toutes les actualités et si vous le souhaitez vous pouvez également vous abonnez aux bulletins d'informations par mail, vous serez les premiers informés en cas de dégradation de la situation. Il vous suffit de renseigner votre adresse, choisir le bulletin de vigilance pollution et définir une zone géographique.

 

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