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Atmo Auvergne-Rhône-Alpes dispose d'un écosystème d’outils et de méthodes spécifiques pour mesurer, analyser et diffuser l’état la qualité de l'air dans la région. Une fois les données récoltées via nos stations de mesures, une vérification systématique est réalisée par nos techniciens et ingénieurs, chaque jour, c’est ce qu’on appelle la validation.

Ces derniers jours, des mesures réalisées sur la station de Passy (74) ont été invalidées en raison de travaux à proximité, comme cela est le cas en ce moment pour d’autres stations de mesure de la région par exemple à Romans-sur-Isère (26), Ternay (69), Saint-Fons (69) ou Saint-Martin-d’Hères (38).

L’occasion donc d’expliquer comment Atmo Auvergne-Rhône-Alpes s’assure de diffuser des données représentatives de la qualité de l’air, en vérifiant l’absence de problèmes techniques ou de phénomènes ponctuels pouvant mettre à mal cette représentativité.

Qu’est-ce que la validation des mesures ?

Tous nos appareils de mesure fonctionnent selon des procédures accréditées COFRAC, et nos techniciens délivrent aux services qui les exploitent des données « techniquement validées », c’est-à-à dire vérifiées quotidiennement au regard de critères métrologiques.

Une seconde validation a ensuite lieu également tous les jours par nos experts prévisionnistes : ils disposent de compétences et de connaissances dans de nombreux domaines : exigences réglementaires, normes et principes de mesures, principe de représentativité des mesures d’une station, environnement de la station, physico-chimie de l’atmosphère, météorologie, géographie, émetteurs de pollution du secteur... Certaines données ne passent pas ce second contrôle, et sont invalidées, c’est-à-dire exclues de l’évaluation de la qualité de l'air (mais conservées dans nos bases de données). Seules les données validées sont utilisées pour la vérification du respect des valeurs réglementaires.

Dans une exigence de transparence, les données sont diffusées sur le site internet dès lors qu’elles sont produites. Cependant, il peut arriver, compte tenu des étapes de validation décrites ci-dessus, qu’elles soient invalidées a posteriori, et elles deviennent ainsi non diffusables, car non représentatives.

Exemple avec la station de Passy en Haute-Savoie

station_de_passy.png

Prenons l’exemple de la dernière invalidation de données effectuée aujourd’hui, jeudi 10 mars, à la station de Passy : nous avons relevé un pic horaire autour de 317 µg/m3 pour les PM10. Ce pic a été jugé anormal, notre équipe s'est renseignée et elle a pu déterminer que les mesures étaient impactées par un chantier à proximité de la station. Dans ces conditions particulières, les données ne sont plus représentatives de la qualité de l'air d’une station de fond et ont été invalidées.

MAJ du 16/03/2022 : Une coupure d'électricité a du être effectuée sur la station de Passy ce matin 16 mars 2022, pour les besoins du chantier à proximité de la station.

Comment évaluer la qualité de l’air si des mesures ont été invalidées ? 

Les niveaux de polluants atmosphériques sont relevés en continu par des stations de mesures réparties sur la région. Cette surveillance basée sur la mesure est complétée avec une approche par modélisation qui permet de simuler les concentrations de plusieurs polluants en tous points du territoire. Cette modélisation tient compte de l’inventaire théorique des émissions de pollaunts, des niveaux de fond, de la topographie, des prévisions météorologiques et de la chimie atmosphérique.

Malgré l’invalidation des données de la station de Passy cette semaine, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a pu s’appuyer sur plusieurs autres stations, notamment sur la station Sallanches Régie (urbaine de fond), mais aussi sur les stations temporaires de Passy les Granges et Passy Chedde pour des indications complémentaires. L’absence ponctuelle de données PM10 sur la station n’empêche pas d’activer le dispositif préfectoral si les conditions sont réunies, ce qui a d’ailleurs été le cas pour les journées de mardi et mercredi.

Comment sont choisis les emplacements des stations de mesure ?

Leurs règles d’implantation sont fixées par le LCSQA. L’objectif est d’apprécier la pollution de l'air dans des environnements variés afin d'appréhender au mieux l'exposition réelle de la population. 
La localisation dépend de paramètres tels que la météo, la topographie, la densité de population, les transports, les activités industrielles et agricoles, des principales sources d’émissions, des impacts sanitaires etc… Elle doit répondre aux exigences de surveillance décrites dans les Directives européennes et fait l’objet d’une validation du ministère en charge de l’Environnement. Il existe ainsi un référentiel français en termes de conception et labellisation des stations de surveillance de la qualité de l’air. Les emplacements des stations fixes sont choisis pour surveiller plusieurs polluants dans des agglomérations de plus de 100 000 habitants (critères réglementaires) ou dans des zones à enjeux spécifiques. 

  • Téléchargez nos données brutes de mesure de la qualité de l'air

Par heure, par jour, par mois ou par an, téléchargez et utilisez nos mesures pour chaque polluant sur l'ensemble du territoire