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En cette période de fortes émissions de polluants dans l’air, les conditions météorologiques favorisent une pollution due aux particules dans plusieurs régions françaises et notamment en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Un épisode de pollution qui s'installe

Depuis mardi 29 novembre, les taux de particules progressent dans plusieurs secteurs de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Le bassin lyonnais et les vallées alpines sont les zones les plus touchées. En plus des émissions « habituelles » de polluants, par le trafic routier et certaines installations industrielles notamment, celles liées au chauffage progressent fortement avec la baisse des températures. La baisse des températures étant par ailleurs accompagnée d’une stabilité accrue des masses d’air (anticyclone), les polluants s’accumulent et les concentrations augmentent de jour en jour. Afin de limiter autant que possible les émissions de polluants, un dispositif préfectoral d'alerte est activé à compter du vendredi 2 décembre dans la vallée de l'Arve (Haute-Savoie) et dans le bassin lyonnais nord-Isère, secteurs jusqu'à présent les plus touchés par l'épisode de pollution. 

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Pour connaitre les dispositifs préfectoraux en cours et accéder à l'historique : http://www.air-rhonealpes.fr/pollutions

Températures en baisse, émissions du chauffage en hausse 

Même s'il est neutre en terme de gaz à effet de serre, utilisé dans de mauvaises conditions, le chauffage au bois est une source non négligeable de polluants atmosphériques : particules fines (45% en moyenne sur l’année en Auvergne-Rhône-Alpes, et jusqu’à 75% certains jours d’hiver très froids) et autres composés nocifs pour la santé, notamment des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ces émissions sont essentiellement causées par les foyers ouverts et les appareils non performants, y compris lorsqu’ils sont utilisés de manière épisodique (agrément ou appoint).
Le chauffage individuel au bois n’est pas le seul mode de chauffage à l’origine de rejets polluants, la combustion du fuel ou même du gaz génère des polluants. Cependant, pour les particules, il est très largement majoritaire: 90% des émissions de particules du  chauffage proviennent des installations de chauffage au bois individuel.

Comment limiter les émissions du chauffage au bois ?

Meilleure isolation de l’habitat, appareils performants et labellisés, bois sec et de bonne qualité, ramonage et entretien régulier de son appareil de chauffage, allumage du feu par le haut : les bonnes pratiques ne manquent pas pour concilier qualité de l’air et chauffage au bois.

 
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Le chauffage n’est pas seul en cause

D'autres secteurs contribuent à la pollution aux particules en suspension. C’est notamment le cas de l’industrie et des transports routiers qui sont responsables d’une part significative de l’exposition des populations résidant à proximité immédiate des grandes voiries routières. 

Comment chacun d'entre nous peut-il contribuer à l'ampleur d'un épisode de pollution ?

  • En évitant d’utiliser les installations de chauffage très polluantes : foyers ouverts d'appoint, appareils au bois d'appoint type inserts, poêles, chaudières installées avant 2000 ;
     
  • En ne brûlant pas de déchets verts (pratique interdite sauf dérogation pour des professionnels) ;
     
  • En limitant l’usage des véhicules automobiles, notamment les véhicules diesel non équipés de filtres à particules et en privilégiant les modes de transport alternatifs (transports publics, vélos,…) ; si l’utilisation d’un véhicule à moteur thermique ne peut être évité, en réduisant sa vitesse de 20km/h sur les voies où la vitesse maximale autorisée est supérieure ou égale à 90km/h.
RAPPEL du bilan 2015 pour les particules fines (PM10 et PM2,5)
Les niveaux de PM10 en 2015 étaient en augmentation par rapport à 2014 et les dépassements réglementaires autour des grandes voiries sont réapparus dans l’agglomération lyonnaise en ce qui concerne la valeur limite journalière. La vallée de l’Arve a également connu un dépassement de cette valeur limite journalière, à l’instar des années précédentes : outre l’impact du trafic routier et des moteurs notamment Diesel, l’influence du chauffage individuel au bois est importante dans cette vallée qui cumule aussi des émissions industrielles. Une large partie du territoire régionale était par ailleurs exposée à des valeurs supérieures au seuil de l’OMS. Malgré la légère augmentation des concentrations, aucun dépassement réglementaire n’a été observé pour les PM2,5. Cependant, à l’instar des PM10, une grande partie de la région est soumise à des concentrations supérieures au seuil de l’OMS.