Actualité
15 mars 2022
Air et Santé
Episode de pollution

Episode de poussières désertiques provenant du nord de l'Afrique

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Depuis mardi 15 mars, notre région est impactée par des particules désertiques qui sont présentes dans l’air. Du sable dans notre région ? Cela peut sembler étonnant mais c’est loin d’être la première fois. Quel est l’impact sur la qualité de l’air ? A quoi peut-on s’attendre dans les jours à venir ? On fait le point sur la situation. 

Situation ce mardi 15 mars

Mardi 15 mars, l'ensemble du territoire est concerné par le survol de particules désertiques à haute altitude donnant la couleur orangée au ciel. Déjà bien visible ce matin mais avec des intensités différentes selon les lieux, ce phénomène est annoncé pour plusieurs jours. La prévision des quantités et des lieux de possibles retombées reste très complexe à appréhender. Les concentrations les plus élevées pourraient principalement concerner les reliefs de l'est de la région en fin de journée et cette nuit, en lien avec un changement de direction du vent. Toutefois, la qualité de l'air pourrait être dégradée sur l'ensemble de la région.

Mercredi 16, l'épisode de particules sahariennes devrait se poursuivre, et l'impact pourrait être assez généralisé, peut-être plus marqué à l'est sur les reliefs. La qualité de l'air pourrait rester dégradée.

Jeudi 17, l'intensité de l'épisode devrait progressivement s'atténuer. La qualité de l'air devrait s'améliorer, redevenant moyenne à dégradée.

 

Comment un désert situé à des milliers de kilomètres peut-il contribuer à un épisode de pollution local ?

Il n’est pas rare que ce phénomène se produise, et cela notamment quand une dépression atlantique plonge vers le sud de la péninsule ibérique, et qu'un fort vent de sud se lève sur le Maghreb, soulevant alors d’importantes quantités de poussières de sable en provenance du Sahara. 

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Illustration extraite de l'ouvrage de Guillaume Séchet "Y a plus de saison"(le lien est externe)

Ces épisodes dits “sahariens” ne sont pas forcément visibles, les particules étant généralement transportées en altitude, entre 1 et 4-5 kilomètres. Cependant, lorsque ces masses d’air parviennent au sol, les concentrations de poussières en suspension peuvent alors être importantes. 

Plusieurs dispositifs de prévision à grande échelle modélisent différents polluants atmosphériques, notamment les particules assez grossières (Dust) souvent d'origine naturelle. Nous tenons compte de ces différents programmes pour établir nos propres prévisions régionales et locales. Même si l'arrivée de masses d'air chargées en particules est bien prévue, il est difficile de cerner les territoires qui seront précisément impactés, et à quelle altitude ils le seront. Il n'est en effet pas rare que de tels phénomènes impactent peu en dessous de la couche limite atmosphérique, soit de l'ordre de 1 000 à 2 000m en journée. 

Université de Barcelone

Université d'Athenes

"L'effet Sahara" aggrave-t-il la pollution de l'air ?

Ces poussières désertiques sont des particules assez grossières, de quelques microns à une dizaine de microns de diamètre (PM10). Du fait de leur diamètre assez important, ces particules ont moins de facilité à pénétrer dans les organismes que les particules fines (diamètres 2,5 microns PM2,5, voire moins) issues de phénomènes de combustion (chauffage au bois, véhicules à moteur thermique).  

Toutefois, leur quantité peut engendrer a minima une gêne, d'autant plus que d'autres polluants peuvent être présents. La procédure liée aux épisodes de pollution n'est pas déclenchée compte tenu de la fugacité de ce phénomène. En attendant et même si ces particules sont moins nocives que des particules de combustion, leur quantité dans l’air peut engendrer des effets sanitaires : il est donc conseillé à toutes les personnes ressentant une gène respiratoire de consulter un professionnel de santé.

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