Actualité
20 décembre 2021
Air et Santé
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes
Episode de pollution

Est-ce que les zones rurales ou péri-urbaines sont moins impactées par la pollution de l'air ?

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On oppose souvent l'image d'une ville polluée, congestionnée à celle d'une campagne saine ou on peut respirer un air pur. Alors réalité ou idée reçue ? A l'heure où près de la moitié de la population mondiale vit en milieu urbain, on observe paradoxallement que les zones rurales sont soumises à des sources de pollution qui ne sont pas propres au trafic ou à l'activité insudstrielle d'une ville. Quels sont ces polluants ? d'où viennent-ils ?  

On serait tenté de dire que la campagne est épargnée par la pollution, car les pics de pollution y sont un peu moins fréquents, mais ceux-ci ne sont que la face émergée de l’iceberg. C’est la pollution chronique qui est finalement la plus problématique pour la santé. A la campagne, le trafic routier est certes moins dense mais certains polluants sont pourtant bien présents comme les particules fines (dues au travail des sols, aux récoltes, à la gestion des résidus agricoles, ou encore aux feux dans les vergers contre le gel), les pesticides ou encore l’ammoniac, un gaz acidifiant notamment produit par les élevages et les épandages. En outre, en fonction des aléas climatiques, la pollution peut se déplacer des villes vers la campagne. 

 

La campagne doit donc aussi faire face à des sources de pollution qui lui sont propres :  

Parfois méconnu par certains, il y a tout d’abord le brûlage des déchets végétaux. Bien qu’interdit, cette activité malgré tout pratiquée, contribue à la dégradation de la qualité de l'air.

De même, lorsque le chauffage au bois des logements est pratiqué dans de mauvaises conditions, il peut être fortement émetteur de particules et autres composés toxiques dans l’air.

On parle souvent de la contamination de l’eau par les pesticides et peu de leurs impacts sur la qualité de l’air. Et pourtant, une fois épandus dans l’environnement, les pesticides se retrouvent dans l’air par volatilisation, par érosion ou par dérive lors de l’épandage.

Saisonnalité des émissions : les émissions de polluants varient au cours de l’année en fonction des activités agricoles. L’ammoniac serait ainsi principalement émis lors des épandages d’engrais de février à mai et en quantité moins importante à l’automne. 

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Brûlage pour protéger les vergers du gel : Lorsque les températures deviennent négatives, annonçant les effets dévastateurs du gel sur la production arboricole et viticole, l'une des mesures destinées à réchauffer l'air, consiste à mettre en place des "bougies". Ce sont des torches installées au pied des arbres. Ce brûlage à l'air libre occasionne une surémission de polluants, et associé à la stabilité des masses d'air à ce moment-là, jusqu’en milieu de matinée, il est à l'origine de l'élévation notable des taux de particules dans l'air ambiant. (Exemple : https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/actualite/proteger-les-vergers-du...)

 

La région Auvergne-Rhône-Alpes, comme d’autres régions, est régulièrement touchée par des épisodes de pollution aux particules, notamment en fin d’hiver/début de printemps Lors de ces épisodes, le nitrate d’ammonium (NH4NO3), formé à partir des émissions agricoles d’ammoniac (épandage d’engrais, fumier et lisier), réagit avec les oxydes d’azote émis majoritairement par le trafic routier et représente une part importante de la composition chimique des particules PM10.Durant les périodes encore froides, cette pollution se combine également à celle émise par le chauffage avec des survenues d’épisodes de pollution qualifiés de « mixtes ».La présence de pesticides dans l’air est corrélée avec leur utilisation. Leur émission a lieu pendant l’application par dispersion et évaporation des gouttelettes de pulvérisation et, après l’application par volatilisation ou par la remise en suspension par le vent. Les émissions de pesticides ont ainsi une forte variabilité temporelle. 

Les sources d’émissions agricoles étant multiples, plusieurs leviers d’actions adaptés à chaque poste sont mobilisables.