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Dans le cadre du projet d’aménagement de l’A480 et de l’échangeur du Rondeau dans la traversée de Grenoble, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes vous présente des éléments d’information sur l’évolution de la qualité de l’air.

Chaque année notre observatoire publie le bilan de la qualité de l’air qui permet de qualifier la situation générale des différents territoires de la Région au regard de la réglementation. Dans le cadre de projet d’aménagement conséquent, comme celui de l’A480, ce bilan annuel doit être complété pour comprendre les enjeux spécifiques liés au projet. A cette fin, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a accompagné la démarche d’évaluation de la qualité de l’air des études Air/Santé du projet d’aménagement. 

Nous proposons ci-dessous une synthèse des éléments clés d’analyse des enjeux de qualité de l’air liés à cette infrastructure routière.

Le projet en bref

Le projet, sous maîtrise d’ouvrage d’AREA pour l’autoroute A480 et de l’Etat pour la RN87, inclut notamment la mise à 2x3 voies de l’A480 sur un linéaire de sept kilomètres en rive droite du Drac, l’aménagement de cinq échangeurs autoroutiers et la création d’une tranchée couverte d’environ 300 m.

La situation générale dans l’agglomération grenobloise et l’impact des transports routiers

Les principaux polluants à enjeux dans l’agglomération grenobloise sont le dioxyde d’azote, polluant gazeux très lié au trafic routier (environ 3 900 habitants de l’agglomération grenobloise sont exposés à un dépassement de la valeur réglementaire annuelle), et les particules en suspension (PM10 et PM2,5 ; plus de 90% des habitants de l’agglomération sont exposés à un dépassement du seuil préconisé par l’OMS, bien que les valeurs réglementaires soient elles respectées ces dernières années).Dans l’agglomération grenobloise, les transports routiers sont responsables de 52% des émissions d’oxyde d’azote et 28% des émissions de particules PM10. Ils sont en outre responsables de la surexposition des populations résidant à proximité immédiate des grandes voiries routières.

 
La réduction de l’exposition de la population à la pollution atmosphérique demande d’agir sur les émissions des transports routiers, en combinaison avec des actions sur les autres secteurs émetteurs.
 
 
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Spatialisation des principaux polluants de l'air dans le coeur de l'agglomération grenobloise - Source : Atmo Auvergne-Rhône-Alpes

 

Le « contournement » de l’agglomération grenobloise (A48, A480 et RN87) est une zone à enjeux « air » marqués mais dont les impacts tendent progressivement à diminuer

Le « contournement » de l’agglomération grenobloise est une infrastructure routière qui contribue de manière importante aux trafics et aux émissions de polluants atmosphériques de l’agglomération. En effet, ces voiries routières représentent plus de 20% des émissions de polluants atmosphériques liés aux transports routiers de l’agglomération.

Les habitants de la zone de proximité du « contournement » tendent à être plutôt plus exposés que la population moyenne de l’agglomération. Par exemple, alors qu’à l’échelle de l’agglomération 1% de la population est exposé à un dépassement de la valeur réglementaire concernant le NO2, cette valeur s’élève à 11% dans la zone de proximité des voiries du « contournement ». Il convient de préciser que les populations résidant à proximité des grands axes du centre-ville sont exposées à des niveaux de NO2 et de particules fines du même ordre que les riverains du « contournement ».

Les niveaux d’exposition en bordure du « contournement » dépassent les seuils de référence (valeur réglementaire dans le cas du NO2 et seuil OMS dans le cas des PM), mais ils tendent progressivement à diminuer. Cela est notamment lié à l’amélioration technologique tendancielle du parc de véhicules circulant.

 
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  Evaluation des niveaux de polluants atmosphériques au niveau du Rondeau - Source : Atmo Auvergne-Rhône-Alpes

 
 
 
Le « contournement » de l’agglomération grenobloise est une infrastructure routière qui doit faire l’objet d’une vigilance particulière en raison des enjeux marqués d’exposition des populations riveraines à la pollution atmosphérique.
 

Les paramètres clés de maîtrise de l’exposition des population riveraines des grandes infrastructure routières

Deux grandes familles d’actions doivent être combinées pour réduire l’exposition des populations riveraines des grandes infrastructures routières : la réduction des émissions à la sources et la protection des populations.

La réduction des émissions de polluants atmosphériques liées à l’infrastructure routière. 

L’amélioration technologique tendancielle du parc de véhicules permet la réduction progressive de l’exposition des populations riveraines du « contournement ». Les projections dans le futur indiquent que cette tendance devrait se poursuivre, toutefois, il est essentiel pour que cela se réalise effectivement que le « gain technologique » ne soit pas contrebalancé par une augmentation de trafic.

La maîtrise des volumes de trafic afin de limiter les rejets liés aux moteurs et également à l’abrasion. 

La fluidité du trafic est un paramètre qui joue positivement sur les émissions de polluants par les transports routiers. 

La réduction de la vitesse de circulation de 90 km/h à 70 km/h a également un effet positif sur la réduction des émissions de polluants (de l’ordre de 5% en première approche). Cette mesure contribuerait à la réduction de l’exposition de populations qui compte parmi les plus exposées de l’agglomération.

Ainsi, si le projet d’aménagement ne conduit pas à une augmentation des volumes de trafic, la réduction de l’exposition des population riveraines liée à l’amélioration technologique du parc roulant pourra se poursuivre à l’avenir. Par ailleurs, la fluidité du trafic routier et la réduction de la vitesse de circulation à 70 km/h sont des mesures complémentaires, dont l’effet sur les émissions de polluants, contribue à la réduction de l’exposition des populations riveraines qui compte parmi les plus exposées de l’agglomération.
 

La protection des populations riveraines

Les zones de proximité routière fortement exposées demandent une attention particulière en matière de protection des populations : des mesures d’urbanisme ou d’aménagement peuvent contribuer à réduire localement l’exposition des populations. Cette question est un enjeu général d’urbanisme et n’est pas spécifiquement liée au projet d’aménagement du Rondeau et de l’A480 (à l’exception des cas où l’aménagement induit un rapprochement de la voirie avec les bâtiments existants).

Il est possible d’identifier deux principes d’actions :

- Eviter l’installation de nouvelles populations (ou à plus forte raison d’équipements accueillant des personnes sensibles) dans la zone d’influence de l’infrastructure. Le projet de Plan Local d’Urbanisme intercommunal de la Métropole intègre des dispositions contribuant à la prise en compte de la qualité de l’air dans le développement de l’urbanisme.

- Favoriser les aménagements de proximité susceptibles de réduire/limiter l’exposition des populations riveraines (en particulier s’il s’agit d’équipement sensible ; voir par exemple : les fiches CEREMA http://www.cerema.fr/qualite-de-l-air-et-plan-local-d-urbanisme-5-a2184....). Ce type d’aménagement doit être étudié et conçu au cas par cas en fonction des spécificités de chaque situation.

Les zones de proximité routière fortement exposées à la pollution demandent une attention particulière en matière de protection des populations : des mesures d’urbanisme ou d’aménagement peuvent contribuer à réduire localement l’exposition des populations.

Un enjeu de suivi des niveaux de trafic et de pollution de l’air en lien avec le projet d’aménagement

Compte tenu de la sensibilité de la zone du projet d’aménagement en matière d’exposition à la pollution atmosphérique, il est important que les niveaux de trafic et de polluants atmosphériques fassent l’objet d’un suivi détaillé afin de s’assurer que les projections réalisées se vérifient et que la situation de la qualité de l’air continue de s’améliorer. La « phase travaux », peut en outre être à l’origine d’émissions de polluants atmosphériques (particules notamment) et un suivi de ces paramètres est pertinent.