Actualité
16 mai 2019
Activités industrielles
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes
Evaluation de la qualité de l’air

Focus sur les outils de l’observatoire de la qualité de l’air à l’occasion du lancement d’une nouvelle campagne de mesure dans l’agglomération grenobloise

Vue grenoble actu
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Un laboratoire mobile de surveillance de la qualité de l’air sera installé le 16 mai dans le parc de l’Ile d’Amour à Grenoble. Il contribue à la surveillance environnementale de l’incinérateur d’ordures ménagères (UIOM) Athanor selon un plan de surveillance conduit chaque année depuis 2006. Cette actualité est aussi l’occasion de rappeler les éléments clés de la surveillance de la qualité de l’air réalisée par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes et l’avancement de certaines études en cours sur le territoire.  

Démarrage d’une nouvelle campagne de surveillance des dioxines et métaux dans le bassin grenoblois 

Un laboratoire mobile de surveillance de la qualité de l’air sera installé le 16 mai dans le parc de l’Ile d’amour de l’agglomération grenobloise. Il vise à assurer la surveillance des dioxines et métaux dans l’air et les retombées atmosphériques au voisinage de l’UIOM Athanor selon un dispositif mis en place chaque année depuis 2006. Deux sites de mesures sont intégrés dans ce dispositif : l’un au sud-ouest d’Athanor (cimetière du Grand sablon), l’autre à l’est dans le parc de l’Ile d’Amour. Le choix de ces sites a été basé sur une modélisation numérique des retombées permettant d’identifier les zones les plus susceptibles d’être exposées. Deux types de mesures sont réalisées, des mesures dans les retombées atmosphériques qui sont réalisées tous les ans au niveau des deux sites et des mesures dans l’air ambiant qui sont réalisées tous les deux ans en alternance sur les deux sites. 

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La surveillance des incinérateurs 
 Depuis 2005, la réglementation impose la mise en place autour de chaque installation d’incinération un programme de surveillance de l’impact sur l'environnement. L’UIOM Athanor entre dans ce cadre réglementaire. Les polluants ciblés car à fort potentiel toxique et pouvant être émis lors de l’incinération des déchets sont les dioxines/furanes et les éléments traces métalliques. Les incinérateurs sont dotés d’importants dispositifs de filtration et lavages de gaz, mais la surveillance s’impose, à la cheminée comme dans l’environnement, pour s’assurer de l’efficacité de ces dispositifs et plus globalement pour évaluer l’influence de ces installations sur la santé humaine et les milieux.

 

Surveillance de la qualité de l’air : trois approches combinées pour décrire et prévoir la qualité de l’air 

Le programme de surveillance des dioxines et métaux est un des éléments d’une stratégie globale de surveillance de la qualité de l’air dont les principes fondamentaux sont décrits ci-dessous. L’observatoire régional de la qualité de l’air géré par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes est basés sur différentes approches combinées qui permettent d’évaluer l’exposition des populations à la pollution de l’air.  

 

Le réseau de stations de mesures  : une exigence au-delà de la réglementation. 

Le réseau de mesures d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes intègre environ 80 stations fixes dont 6 dans l’agglomération grenobloise. La localisation des stations est choisie afin d’évaluer au mieux les différents environnements auxquels sont exposés les habitants (par ex. proximité trafic ou fond urbain). Afin d’assurer le suivi historique des niveaux, il est essentiel de maintenir une certaine stabilité du réseau. Le nombre des stations de mesure, leur typologie d’implantation et les polluants mesurés a minima sont définis dans la réglementation européenne. Cependant, le nombre de points de mesures effectifs des principaux polluants à enjeux dépasse ce minimum. En outre, au-delà des 13 composés réglementés, d’autres composés peuvent être mesurés en raison de leurs effets sanitaires (notamment les dioxines et métaux, les particules ultrafines, les pesticides, les pollens…). 

Des laboratoires mobiles et des moyens de « mesures légers » mobilisés lors de campagnes de mesures pour investiguer des situations particulières en complément du réseau fixe 

Des moyens de mesures temporaires peuvent être mobilisés afin d’investiguer des situations atypiques (par ex. un chantier pouvant être à l’origine de remise en suspension de terres polluées), des environnements particuliers (par ex. le suivi environnemental d’un UIOM) ou évaluer les effets d’un aménagement urbain par comparaison de la situation « avant » et « après » (par ex. le projet Cœurs de Ville, cœurs de Métropole ; Cf. section suivante). Ces mesures temporaires et « flexibles », sont nécessaires pour compléter les observations permises par le réseau de mesure fixe. 

Cartographie de la pollution par modélisation numérique pour évaluer l’exposition de la population en tout point du territoire : un complément essentiel à la mesure ponctuelle 

L’approche par la mesure, qui informe de manière très détaillée sur les niveaux de polluants en différents points, demande à être complétée par une approche par modélisation qui permet de cartographier en tout point du territoire les principaux polluants atmosphériques (dioxyde d’azote, particules fines, ozone) à une résolution spatiale de 10 m. Une telle cartographie peut être croisée avec la répartition de la population pour évaluer l’exposition de tous les habitants à la pollution. Ils permettent donc d’établir des diagnostics, des prévisions pour les jours à venir et d’évaluer des scénarios d’actions à long terme. 

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Et l’intégration des micro-capteur dans l’observatoire  ?  Depuis plusieurs années, des micro-capteurs relativement peu couteux et à la performance croissante sont disponibles. Atmo Auvergne-Rhône-Alpe et ses partenaires ont engagé des travaux visant à en caractériser les performances et a en identifier les conditions d’usage les plus adaptées. Ils sont d’ores et déjà mobilisés dans le cadre d’études ou dans une logique d’appropriation citoyenne. En outre, l’intégration de réseau de micro-capteurs dans l’observatoire constitue une piste d’évolution à moyen terme qui permettrait d’en augmenter la résolution spatiale et temporelle ainsi que la capacité à prendre en compte d’évènements localisés ou atypiques. Ce type d’approche pourrait à l’avenir compléter les approches existantes d’observation, sans toutefois se substituer aux mesures homologuées qui fondent l’observatoire. 

 

Trois exemples d’études en cours dans l’agglomération grenobloise 

L’observatoire de la qualité de l’air permet d’établir des diagnostics concernant l’exposition des populations, les évolutions des niveaux de polluants ou leur origine. Ces éléments sont notamment synthétisés dans le bilan annuel .

En outre, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes réalise des études qui visent notamment à affiner le diagnostic et à évaluer les actions mises en œuvre sur le territoire.  

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  • Evaluation des effets de la mises en place de la Zone à Faibles Emissions (ZFE) pour les véhicules de marchandises. Les modèles numériques sont mobilisés pour évaluer les scénarios prospectifs de transformation du parc de véhicules.En savoir +    

  • Evaluation des effets des aménagements « Cœurs de ville, Cœurs de Métropole » sur la qualité de l’air dans le centre-ville de Grenoble. Cette étude couple modélisation numérique et approche par la mesures. Une première campagne de mesure « avant » a été réalisée en 2016 et une campagne de mesure « après » a été réalisée en 2018. Le dispositif de mesure reposait sur un laboratoire mobile et des sites de mesure du dioxyde d’azote par des dispositifs légers (échantillonneurs passifs ; 16 sites en 2016 et 31 sites en 2018). Les résultats sont en cours de mise en forme et seront diffusés très prochainement. ​En savoir +
     

  • Evaluation de la qualité de l'air dans l’agglomération grenobloise dans le cadre du suivi de la mise en place de la ligne E de tram.  Une campagne de mesure mobilisant un laboratoire mobile (implanté à St Egrève) ainsi que 30 points de mesures du dioxyde d’azote (par échantillonneurs passifs) est en cours sur l’année 2019. Cette évaluation par la mesure sera complétée par une modélisation numérique des scénarios « avec Ligne E » et « sans Ligne E ».  

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