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Alors que la COP21 de Paris prend fin demain, et que les chefs d'états de 195 pays se trouvent dans la dernière ligne droite pour trouver un accord sur le réchauffement climatique, on peut  d'ores et déjà s'interroger sur les actions à mener localement pour préserver la qualité de vie des rhônalpins.

Comme on a pu le voir ces dernières semaines la qualité de l'air et le changement climatique sont deux problématiques liées agissant réciproquement l'une sur l'autre, avec des répercussions locales sur la santé et l'environnement. Les effets positifs attendus des politiques de réduction des gaz à effet de serre ou de polluants atmosphériques ne se cumulent pas toujours. C'est pourquoi pour lutter à la fois contre la dégradation de la qualité de l’air et contre le réchauffement climatique, il est nécessaire d’agir simultanément sur les deux fronts et d’avoir des politiques intégrées. 

Les  leviers  d’actions  pour  s’attaquer  aux  polluants  de l’air (particules et oxydes d’azote) et du climat (gaz à effet de serre) sont intrinsèquement liés à nos choix énergétiques, en particulier dans les secteurs du transport, de l’habitat résidentiel et du chauffage. Selon la Commission Européenne, des politiques concertées air-climat-énergie, permettraient d’économiser environ 2.1 milliards d’Euros sur le coût des actions à mettre en œuvre pour respecter les valeurs réglementaires en matière de qualité de l’air. 

Air Rhône-Alpes appelle à une mobilisation générale pour la mise en œuvre d’actions individuelles et collectives bénéfiques pour l’air et le climat !

Double bonus : Agir pour l'air c'est aussi agir pour le climat 

Les actions favorables au climat sont généralement favorables à l’exposition de la population à la pollution atmosphérique. Cependant, dans certains cas les effets sont antagonistes et un ajustement fin des actions doit être réalisé afin de limiter les effets pervers.

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Chauffage au bois : le développement de cette énergie renouvelable doit s’accompagner d’un renouvellement accéléré du parc vers des appareils très performants et moins émetteurs de polluants de l’air. De même, un entretien régulier de son appareil de chauffage permet de limiter la pollution et d’améliorer le rendement énergétique.
Performance énergétique des bâtiments : la rénovation des bâtiments ne doit pas pour autant rendre les bâtiments imperméables à l’air. Une ventilation adaptée et un renouvellement de l’air régulier permettent d’assurer une bonne qualité de l’air intérieur. De même, l’architecture de l’habitat doit s’adapter à de nouvelles conditions météorologiques estivales caractérisées par des fortes chaleurs et des épisodes caniculaires plus fréquents afin de limiter le recours à la climatisation. 
Densification urbaine : les villes de plus en plus denses permettent d’optimiser les consommations d’énergie et d’offrir une plus grande diversité de modes de transports collectifs. Cependant, il est vital d’y préserver des espaces verts afin de mieux y respirer.
Transports routiers : les émissions du transport routiers peuvent être considérablement diminuées par le développement des systèmes d’auto-partage ou le co-voiturage mais aussi par l’utilisation de nouvelles énergies pour alimenter nos véhicules (électriques, hybrides, etc.) 
Agriculture : la valorisation des lisiers pour fertiliser les sols en remplacement d’engrais chimiques peut entrainer des émissions de composés dans l’air. Pour y pallier il s’agit d’optimiser la fertilisation azotée et de valoriser au mieux les engrais organiques.  

Des plans d'actions pour améliorer l'air et le climat en Rhône-Alpes

En Rhône-Alpes, différents plans d'actions intègrent les thématiques air-climat-énergie. Air Rhône-Alpes accompagne les collectivités afin de mener à bien ceux-ci, notamment pour le : 

  • Schéma Régional Climat Air Energie (SRCAE)

Au niveau régional, le SRCAE détermine des orientations et des objectifs chiffrés aux horizons 2020 et 2050, en matière de :

• amélioration de la qualité de l’air,
• réduction des émissions de gaz à effet de serre,
• maîtrise de la demande énergétique,
• développement des énergies renouvelables,
• adaptation au changement climatique.

Lancé officiellement fin 2010, son élaboration a été co-pilotée par la Région et le Préfet de Région. Air Rhône-Alpes a notamment contribué à la réalisation du diagnostic et aux travaux de scénarisation relatifs aux émissions atmosphériques et gaz à effet de serre aux horizons 2015, 2020 et 2050. Depuis son adoption en avril 2014, Air Rhône-Alpes se mobilise dans la mise en œuvre et l’élaboration d’indicateurs.

En savoir plus : http://srcae.rhonealpes.fr/

  • Le Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET)

Les collectivités sont incitées, depuis le plan climat national de 2004, à élaborer un Plan Climat Energie Territorial (PCET) déclinant une véritable politique climatique et énergétique locale. La loi du 12 juillet 2010 (Grenelle II) a généralisé cette démarche et rendu obligatoire l’approbation d’un PCET pour les collectivités de plus de 50 000 habitants (les « obligés »). La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (article 188) demande d’intégrer la qualité de l’air dans ces plans, ce qui va permettre de garantir la cohérence des actions définies dans les politiques « climat » et « qualité de l’air ». Elle prévoit l’obligation d’engager des PCAET pour l’ensemble des intercommunalités de plus de 20 000 habitants d’ici fin 2018, ce qui, compte tenu des réformes territoriales actuelles va revenir à une généralisation de cette démarche de planification. Les PCAET doivent intégrer un programme d’actions sur l’air compatible lorsque le territoire est en zone PPA (Plan de Protection de l’Atmosphère).

A titre individuel, il est aussi possible d’agir ! 

Transports, chauffage, maîtrise de l’énergie, consommation …, quelques gestes simples suffisent pour améliorer l’air et le climat.

Ma liste de bons gestes :

  • TRANSPORT : un voyage en avion émet 10 fois plus de C02  qu’un voyage en train sur le trajet Paris-Marseille.
  • MOBILITE : Marcher 1 h ou pédaler 20 min par jour c’est 1/2 tonne de CO2  par an évitée, une économie de 160 litres de carburant, soit plus de 200 € par an.
  • CHAUFFAGE : Utiliser un bois sec et des petites bûches réduit jusqu’à 40% les émissions de polluants. Et vous optimiserez l’efficacité de la combustion. Les appareils récents et labellisés permettent également une meilleure efficacité énergétique et des émissions réduites.
  • JARDIN : J’apporte mes déchets végétaux à la déchetterie. Brûler 50 kg de végétaux à l’air libre émet 70 fois plus de particules qu’un véhicule récent parcourant 20 km pour faire un aller/retour en déchetterie.
  • LOGEMENT : j’isole mon habitation, si possible avec des matériaux respectueux de l’environnement. Une bonne isolation, c’est du chauffage en moins à produire, donc de l’énergie économisée et une facture plus légère.