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21 juin 2016
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La métropole de Lyon lance son plan oxygène

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Air Rhône-Alpes était associé ce matin à la conférence de presse au cours de laquelle Gérard COLLOMB, président de la Métropole Lyonnaise, accompagné de Thierry PHILIP, vice-président métropolitain en charge notamment de la santé et de la qualité de l’air et Président du Comité territorial Rhône d’Air Rhône-Alpes dévoilaient le Plan Oxygène. Alors même que Santé Publique France (issu de InVS) sort le même jour sa dernière étude aggravant encore les constats antérieurs sur le rôle sanitaire de la pollution atmosphérique, le Président de la Métropole de Lyon engage une politique volontariste pour une reconquête de l’air de la métropole au bénéfice de ses habitants, et avec l’ensemble des acteurs du territoire.

Gérard Collomb a affirmé « Préserver la santé des habitants de la Métropole de Lyon est pour moi une préoccupation permanente ». Ses contacts réguliers avec les autorités des grandes villes du sud-est asiatiques ont en effet mis en lumière l’importance fondamentale d’une bonne qualité de l’air dans une métropole moderne, en terme d’enjeux sanitaire, économique, et d’attractivité. 

Des progrès louables accomplis depuis 15 ans

Les deux élus ont salués les efforts importants consentis par les industriels, avec des progrès incontestables sur des polluants comme le dioxyde de soufre (-74%), les composés organiques volatils ou le benzo(a)pyrène, confirmés par les chiffres d’Air Rhône-Alpes. Des équipements de dépollution ont été installés et la conversion vers la chimie verte est en marche.
En matière d’habitat et de transport, des progrès ont été également réalisés par exemple en investissant dans des logements neufs en avance sur les standards énergétiques ou en réaménagement certains quartiers pour redonner l’espace aux piétons ou aux cyclistes. Avec sa gamme élargie de transports publics, la place de la voiture particulière a notamment diminué de 6% dans la métropole. Les efforts consentis sur les économies d’énergie ou l’économie circulaire profitent également à l’amélioration de la qualité de l’air.

Encore des efforts à faire

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Ces succès bien mesurables ne permettent pas encore de répondre aux standards de qualité de l’air demandés par la communauté européenne sur les particules et le dioxyde d’azote malgré des baisses déjà constatées de 48% et 50%. L’objectif visé est de diminuer la pollution permanente qui constitue l’essentiel des impacts sanitaires mais aussi de faire régresser les jours d’épisodes polluées qui concernent entre 30 et 60 jours suivant les aléas météorologiques interannuels. Les problèmes mis en avant par Air Rhône-Alpes concernent les bordures d’axes très circulés, à la fois pour les particules et le dioxyde d’azote, et les particules, en hiver et au printemps sur de plus vastes territoires. Environ 100 000 personnes résident sur des territoires exposés en bordure d’axe.

Le Président de la Métropole annonce une mesure forte, emblématique de sa vision d’une agglomération apaisée : la fin des autoroutes urbaines avec notamment la demande de déclassement de l’A6/A7, et du passage des poids lourds par Fourvière, accompagnées de la mise en place d’une zone à faible émissions dont le périmètre et les modalités seront discutées avec les élus et la population suivant un calendrier déjà posé. La méthode par concertation a été particulièrement soulignée. Ces mesures permettront notamment d’améliorer la qualité de l’air en bordure d’axes très circulés. En complément la mise en place d’une aide pour le remplacement des chauffages individuels au bois non performants.

 Quelques mesures phares : 

  • Transport/mobilité : poursuivre le développement des modes des transports propres

- Déclassement de l’A6/A7 avant la fin de l’année 2016 et la création des anneaux des sciences.
- Prime à l’acquisition de vélos à assistance électrique. 
- 1 milliard d’euros d’investissement dans les transports propres d’ici 2020 et 1 000 km de pistes cyclables d’ici 2020. 
- Les espaces piétons seront quant à eux doublés d’ici à 2020.

  • La conception de l’urbanisme : Rendre la ville plus compacte

Le Plan de Déplacement Urbain  (PDU) et le Schéma  de Cohérence Territoriale de l’agglomération lyonnaise (SCOT) ont fixé les orientations et les actions permettant à la ville de devenir multipolaire et mixte, et facilitant ainsi une pratique des courtes distances.

  • Le chauffage au bois individuel non performant : accompagnement de la rénovation énergétique des logements.

Il faut savoir pour rappel  que  8% de la population de la Métropole utilise un chauffage individuel au bois et qu’un quart des missions de particules est généré par les foyers ouverts.

  • La ville intelligente : favoriser l’information à travers les innovations technologiques (développement des Cleantech et Smart Grid). 

En termes d’innovation Air Rhône-Alpes travaille d’ailleurs sur de nouveaux outils et dispositifs numériques.Comme le rappelle la métropole de Lyon l’implication de l’ensemble des citoyens est nécessaire pour parvenir à des résultats significatifs. Le Président a souligné le rôle que pouvaient jouer les technologies numériques et les évolutions sociétales dans cet effort collectif. D’ailleurs un appel à projet sera lancé à l’automne pour recueillir les meilleures propositions dans ce domaine.

Air Rhône-Alpes produit chaque jour des millions de données sur la qualité de l’air et elle souhaite que ces dernières soient valorisées dans le sens d’une amélioration de l’information des citoyens et pour faciliter des choix d’actions pertinents. En introduction à la conférence, il était rappelé que l’air était considéré comme un bien commun territorial, gratuit et partagé par tous et qu’en conséquence sa préservation engageait également une co-responsabilité.

Ce plan d’actions visant à l’amélioration de l’air est ambitieux en termes d’objectifs mais aussi par sa dimension multi-sectorielle. C’est cependant la bonne démarche à suivre pour pouvoir atteindre les objectifs fixés. En développant les modes actifs, marche et vélo, en poursuivant l’extension du réseau de transports en commun, en aidant les industriels dans leurs démarches de diminution de leurs émissions de polluants, en informant et associant la population du territoire métropolitain, la métropole se donne toutes les chances d’offrir à ses habitants une meilleure qualité de l’air.

Avec cette nouvelle démarche d’amélioration qui sera soumise au vote des élus de la Métropole lyonnaise lundi prochain, c’est une étape supplémentaire qui est franchie en direction d’un objectif affiché d'atteindre les seuils préconisés par l’OMS en 2030. Dès septembre une concertation sera organisée afin de parvenir à des résultats significatifs dès 2020. Ce sont ainsi près de 700 décès qui pourraient être évités dans le Rhône, tel que l'évalue l'étude nationale publiée ce jour.

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