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5 janvier 2016
Plans et programme d'actions
Transports

La métropole Grenobloise passe à 30 km/h, quels effets sur la qualité de l'air ?

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Depuis le début d’année, Grenoble et 13 communes de l’agglomération grenobloise ont levé le pied et ainsi généralisé les zones à 30 km/h sur les principaux axes. Une première en France pour une agglomération de cette taille. D’ici à l’été 2016, ce sont 43 autres municipalités de l’agglomération qui adopteront également cette mesure. C'est donc l'occasion de faire un point sur l'impact d'une telle mesure sur la qualité de l'air.   

Une Métropole apaisée voici le nom choisi par Grenoble-Alpes Métropole pour définir sa nouvelle initiative en matière d’aménagement de l'espace urbain, dont la première mesure phare a été de généraliser la vitesse à 30 km/h sur de nombreux axes de circulation. Le transport routier a une forte responsabilité dans l’exposition de la population grenobloise à la pollution atmosphérique, en particulier dans les zones de proximité routière. Dans l’agglomération les seuils réglementaires et les valeurs guides recommandées par l’OMS concernant les particules en suspension et le dioxyde d’azote sont dépassés de manière récurrente. 

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Comment agir sur les transports routiers pour réduire les émissions de polluants atmosphériques ?

Il est possible d’identifier quatre leviers principaux permettant de réduire les émissions de polluants atmosphériques pour le secteur des transports : 
1.    la diminution du trafic, 
2.    l’amélioration de la fluidité du trafic,
3.    l’optimisation de la vitesse de circulation,
4.    L'évolution du parc automobile vers des véhicules "plus propres"

La mesure prise par Grenoble-Alpes Métropole, concernant la limitation de vitesse est susceptible d'impacter les 3 premiers points, de manière directe ou indirecte.

Quels effets peut-on attendre d’une telle mesure sur la qualité de l’air ?

  • Impacts directs de la vitesse de circulation sur les émissions de polluants à l’échappement

Les émissions de polluants à l’échappement sont dépendantes de la vitesse des véhicules. La vitesse optimale de circulation pour les émissions de polluants atmosphériques est environ de 70 km/h pour les véhicules légers et de 90 km/h pour les poids lourds. Les facteurs d’émissions tendent à augmenter lorsque la vitesse moyenne d’un véhicule décroit en dessous de 70 km/h. Ainsi, réduire la vitesse de 50 km/h à 30 km/h, toutes choses égales par ailleurs, tendrait à augmenter les émissions de polluants « à l’échappement ».

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Remarque : la réduction de la vitesse réglementaire sur autoroute ou voie rapide urbaine a un effet positif direct de réduction des émissions.

 

  • Transports en commun à Grenoble

    Impacts liés à une amélioration possible de la fluidité du trafic

Les voiries des grandes agglomérations peuvent être fortement congestionnées et ce régime de circulation tend à augmenter les émissions de polluants. Réduire les phases d'accélération et de freinage constitue un moyen de diminuer les émissions de polluants. Ainsi, il est important que la mise en œuvre de cette mesure s’accompagne d’une amélioration de la fluidité du trafic et cela en aménageant des espaces urbains adaptés (ex : éviter la multiplication des ralentisseurs) et en menant une réflexion sur la gestion des intersections (ex : ronds-points ou feux tricolores).

  • Impacts liés à une réduction possible du trafic

De manière évidente, le « volume » de trafic est un des déterminants essentiels des émissions de polluants par les transports routiers. Ce dispositif pourrait favoriser la mixité entre les modes de déplacement et rendre plus attractifs les modes de déplacement doux et ainsi entraîner une réduction des volumes de trafic « voiture » et donc avoir des effets d’amélioration de la qualité de l’air. 

Il est difficile à ce stade d’évaluer les impacts qu’engendrera la mise en œuvre de la Métropole apaisée sur la qualité de l'air. Au-delà de la réduction de la vitesse à 30 km/h qui n’aura pas directement d’effets positifs, la conception globale du dispositif peut être une opportunité d’activer des leviers efficaces d’amélioration de la qualité de l’air en favorisant la fluidité du trafic routier et en encourageant une mobilité moins dépendante de la voiture.