Actualité
5 décembre 2016
Episode de pollution

L’épisode de pollution aux particules prend de l’ampleur

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Cela fait maintenant six jours que la région est touchée par une pollution aux particules fines. En raison d'une forte stabilité atmosphérique, l'épisode de pollution s'accentue dans certains secteurs de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. 

Un épisode de pollution qui gagne d'autres zones de la région

Depuis mardi 29 novembre, les taux de particules progressent dans plusieurs secteurs de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Le bassin lyonnais et les vallées alpines sont les zones les plus touchées. En plus des émissions « habituelles » de polluants, par le trafic routier et certaines installations industrielles notamment, celles liées au chauffage progressent fortement avec la baisse des températures. La baisse des températures étant par ailleurs accompagnée d’une stabilité accrue des masses d’air (anticyclone), les polluants s’accumulent et les concentrations augmentent de jour en jour. Afin de limiter autant que possible les émissions de polluants, un dispositif préfectoral d'alerte était activé vendredi 2 décembre dans la vallée de l'Arve (Haute-Savoie) et dans le bassin lyonnais nord-Isère, secteurs jusqu'alors les plus touchés par l'épisode de pollution. Samedi 3 décembre, le dispositif d’alerte était également mis en œuvre par les autorités préfectorales dans la zone urbaine des pays de Savoie, qui englobe les agglomérations d’Annecy et Chambéry. 

Les taux de particules étaient jusqu’à présent (4/12) compris entre 50 et 80 µg/m3 dans les zones les plus touchées, ils pourraient franchir 80 µg/m3 dans le bassin lyonnais nord-Isère dans les prochains jours. 

Sans être exceptionnel, cet épisode de pollution aux particules est tout de même significatif. Il faut remonter à mars 2014 pour trouver une situation aussi dégradée sur la zone du bassin lyonnais nord-Isère. 

Dans les prochains jours, les conditions météorologiques devraient rester favorables à la formation et à l'accumulation des polluants : les basses températures entraînent une hausse des émissions liées au chauffage et la très forte stabilité de l'air bloque les polluants dans les basses couches de l'atmosphère. Aucune amélioration marquée n'est prévue... 

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Le transport routier, une source importante de pollution de l'air en Auvergne-Rhône-Alpes

Comme on le mentionnait vendredi dernier dans notre article concernant l'épisode de pollution en cours, le chauffage au bois joue un rôle majeur dans les émissions de polluants. Cependant il n'est pas le seul en cause, les transports accentuent également largement le phénoèmne d'épisode de pollution aux particules.

Les transports routiers sont à l’origine d’une part importante de la pollution atmosphérique dans la région Auvergne Rhône Alpes. Les polluants émis tels que les particules fines PM10 et les Oxydes d’azote (NOx) connaissent des dépassements fréquents de valeurs limites prévues par la réglementation européenne, notamment en situation de proximité routière. Or, le long de ces voiries l'urbanisation est parfois dense.

L’étude européenne APHEKOM a notamment montré que le fait d’habiter à proximité du trafic routier pourrait être responsable de 15 à 30 % des nouveaux cas d’asthme chez l’enfant et les pathologies chroniques respiratoires et  cardiovasculaires.

Le centre des grandes agglomérations et le voisinage immédiat des axes routiers sont particulièrement touchés par la pollution liée au trafic automobile. Dans la région, les transports contribuent à plus de la moitié des émissions d’oxyde d’azote et à environ ¼ des émissions de particules. Réduire l’exposition des populations affectées par cette pollution constitue un enjeu de santé publique. De plus, les transports contribuent à la dégradation du climat (plus d’1/3 des émissions de GES). 

Il est donc recommandé d'éviter les déplacements sur les grands axes routiers et à leurs abords, aux périodes de pointe (7h-10h / 17h-20h) ainsi que les activités physiques intenses, même en intérieur. En cas de gêne respiratoire ou cardiaque, il est conseillé de se rapprocher d'un médecin ou d'un pharmacien. Des consignes auxquelles s'ajoutent une vigilance particulière pour "les femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants, personnes de plus de 65 ans, personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires, personnes asthmatiques".

Comment limiter les émissions dû aux transports ?

Optimisons et diversifions notre mobilité pour améliorer la qualité de l'air et la santé de tous !

En ville, la marche à pied, le vélo, les transports en commun, les solutions d’auto-partage ou de voitures en libre-service sont autant de moyens de se déplacer.En zones périurbaines ou rurales, les transports alternatifs à la voiture peuvent être limités. Cependant, une multitude de solutions permet d’optimiser l’utilisation de votre véhicule et ainsi réduire jusqu’à 60 % de vos émissions de polluants : covoiturage, parc-relais, éco-conduite, achat d’un véhicule sobre et adapté à ses besoins, ...

 

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Pourquoi limiter la vitesse ? 
Limiter la vitesse permet une baisse de la consommation de carburant et une réduction des émissions de polluants de chaque voiture. En effet, les émissions de polluants à l’échappement sont dépendantes de la vitesse des véhicules. La vitesse optimale de circulation pour les émissions de polluants atmosphériques est environ de 70 km/h pour les véhicules légers et de 90 km/h pour les poids lourds. Les facteurs d’émissions tendent à augmenter lorsque la vitesse moyenne d’un véhicule décroit en dessous de 70 km/h. 
 
D’une manière générale, il existe quatre leviers principaux permettant de réduire les émissions de polluants atmosphériques des transports routiers : 
- La diminution du trafic (trnsports de marchandise et de personnes)
​​- La mise en place de CDU et le développement des transports en commun sont des moyens d’agir dans ce sens, 
- L’amélioration de la fluidité du trafic,
- L’optimisation de la vitesse de circulation,
- L’évolution du parc roulant vers des véhicules "plus propres" notamment par la mise en place de ZCR.