Actualité
14 juillet 2019
Evaluation de la qualité de l’air

Les feux d'artifice sont-ils polluants ?

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La célébration du 14 juillet ne pourrait avoir lieu sans les traditionnels feux d'artifice mais savez-vous qu’ils ne sont toutefois pas sans effet sur l'environnement?

En effet la fumée résultante de la combustion des feux d'artifice peut contenir des composés toxiques et ainsi dégrader la qualité de l’air. On peut y retrouver notamment des niveaux élevés de nombreux autres polluants (particules, composés soufrés, oxydes d'azote, COV, métaux, perchlorate, …). Les métaux permettent notamment de donner ces fameuses couleurs éclatantes aux feux : le bleu provient du cuivre, le rouge du strontium ou du lithium, et le vert vif ou le blanc de composés de baryum. Mais ils se retourvent dansl'air sous forme de fines particules...

Une pollution de l’air non négligeable

Lors de différents grands évènements à travers le monde, il a pu être observé une qualité de l'air vraiment dégradée avec des taux de pollution très élevés. Par exemple, en Inde, les feux d’artifices tirés lors de la fête annuelle de Divali causeraient une pollution bien supérieure à celle que connaît Pékin lors d’une journée particulièrement médiocre en terme de qualité de l'air. Au Royaume-Uni aussi, la nuit de Guy Fawkes serait souvent un des jours les plus pollués de l’année.

En France, l’interdiction des feux d’artifice est une des mesures inscrites dans les arrêtés préfectoraux de gestion des épisodes de pollution atmosphérique, en Auvergne-Rhône-Alpes notamment, et ce pour les trois différents types d’épisodes, hivernaux (dit de combustion), printaniers (dit mixte) et estivaux. Cette mesure vient s’ajouter à d’autres mesures, qui concernent tous les secteurs d’activités (agriculture, industries, résidentiel, transports) et visent à limiter la progression des taux de pollution dans les périodes météorologiques favorables à l’accumulation des polluants.

Doit-on interdire les feux d’artifice pendant la période estivale ?

Les épisodes de type combustion et mixte se caractérisent très fréquemment par la présence de particules dans l’atmosphère. Dans ce contexte, l’interdiction des feux d’artifice semble ne pas faire débat tant il est reconnu qu’ils émettent des particules. En revanche, les épisodes estivaux sont liés à l’ozone, et on peut se poser la question de savoir si les feux d’artifice produisent vraiment de l’ozone.

Pour répondre à cette question Atmo Auvergne-Rhône a souhaité dresser un état des lieux des connaissances relatives aux émissions de polluants par les feux d’artifice dans cette étude bibliographique non exhaustive

En Auvergne Rhône-Alpes, la fumée des feux d’artifice a généré plusieurs fois une forte augmentation des concentrations des particules fines. Concernant l’ozone, les études se contredisent partiellement, certaines mettent en évidence une production d’ozone par un effet d’arc électrique (c'est un phénomène durant lequel le courant électrique, passant d’un point à un autre de l’air, devient visible). D’autres études montrent que l’ozone n’en serait pas vraiment en réalité, il s'agirait en fait de la présence d’interférents à la mesure de l’ozone. Autrement dit, les polluants mesurés ne seraient pas de l’ozone, mais d’autres polluants que les analyseurs ne savent pas distinguer de l'ozone. Ces interférents émis par les feux d'artifice (notamment des composés organiques volatils - COV) peuvent toutefois avoir une incidence sanitaire. 

Cette étude met donc en évidence les nombreux polluants émis lors des tirs de feux d’artifice, dont certains avec un impact sanitaire avéré (particules, soufrés, COV, métaux, perchlorate, …). Il s’agit de polluants directement émis et d’autres formés par réaction chimique catalytique du fait de la présence de certains métaux. Des effets de pics très marqués ont pu être mesurés, y compris en France, avec des taux horaires de particules PM10 supérieurs à 1000 µg/m3 .

L’interdiction de feux d’artifice est un des leviers utilisables par les autorités afin de limiter la dégradation de la qualité de l’air et l'exposition des personnes, lors des périodes à risque (épisodes de pollution), en évitant l’émission de composés nocifs tels que particules, COV, métaux, perchlorate,.... Des produits alternatifs ne contenant pas certains de ces polluants sont toutefois déjà utilisés ou à l’étude, il conviendra de s’assurer de l’innocuité des substituants.