Actualité
25 mars 2019
Episode de pollution

Les particules voyageuses - Qualité de l'air du 22 au 25 mars 2019

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Depuis vendredi 22 mars, notre région enregistre une élévation des taux de particules fines. La provenance de ces particules est nettement différente entre les journées de vendredi et dimanche/lundi.

Au fil des jours

Vendredi 22 mars, la progression des taux était liée à un affaiblissement du vent et à une forte stabilité atmosphérique, favorisant l’accumulation de particules produites principalement par les activités au sein même de notre région.

Samedi 23 mars, avec un léger renforcement du vent, les taux de particules étaient en baisse.

Dimanche 24 mars, peu d’évolution apparente sur le plan météorologique, le temps restait très doux et ensoleillé, dans un léger flux de nord (vent en provenance du nord). Mais dès la nuit de samedi à dimanche, une forte progression des taux de particules était enregistrée, principalement au nord de l’Auvergne, dans l’Allier, territoire le plus touché. Le Puy-de-Dôme était également touché, de même que le couloir rhodanien, dans une moindre mesure.

Dans la nuit de dimanche à lundi et lundi 25 mars matin, le phénomène observé en Auvergne la veille se retrouve dans toute la partie Est de la région, dans le bassin stéphanois, voire dans le sud de la région : les taux de particules augmentent rapidement.

Durant toutes ces journées, les indicateurs permettant de connaitre la composition des particules mettent en évidence la présence de nitrate d’ammonium, composé issu de la combinaison de nitrates, provenant principalement des oxydes d’azote émis par les transports routiers, et d’ammoniac émis en majorité par des activités agricoles. Entre le 21 et le 25 mars, les concentrations d’ammonium ont été multipliées par deux.

Le nitrate d’ammonium, qu’est-ce que c’est ?
Le nitrate d’ammonium n’est pas le seul constituant des particules, mais il vient s’ajouter aux autres constituants organiques ou minéraux qui composent les particules, contribuant à augmenter la concentration de ces dernières. Le nitrate d’ammonium se forme par réaction chimique sous l’action du rayement solaire, dans certaines conditions de température et d’humidité, conditions rencontrées souvent au printemps, et notamment en cette année 2019 depuis quasiment mi-février. On parle alors de particules secondaires, du fait de leur mode de formation, se distinguant des particules primaires directement rejetées par différentes sources. La présence de particules secondaires peut se traduire par une baisse de la visibilité atmosphérique, un aspect laiteux.

Les particules voyagent

L’évolution des concentrations constatée dès la nuit de samedi à dimanche met en évidence une influence extérieure à notre région, influence qui était beaucoup moins marquée vendredi. Outre le fait que des taux élevés de particules ont été mesurés dans la nuit dans plusieurs secteurs géographiques, la progression d’une masse d’air chargée en particules, du nord/nord-est de la France et de l’Europe vers le sud, apparait clairement en visualisant les mesures de particules à l’échelle européenne. D’abord concentrées dans le Benelux, le nord de l’Allemagne, l’Europe de l’Est, les particules se déplacent vers le sud au fil des journées.

Pour visualiser les taux de pollution mesurés à l'échelle européenne : http://airindex.eea.europa.eu/

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Pourquoi n’y-a-t-il pas eu de vigilance pollution ?

Le passage de cette masse d’air polluée s’est traduit par une élévation ponctuelle des taux de particules durant quelques heures, de dimanche à lundi selon les territoires, sans toutefois atteindre les critères de diffusion  d’une vigilance pollution, basés sur une pollution moyenne sur la journée.  

Par ailleurs, le fort vent annoncé pour la journée de lundi laissait présager une nette baisse des taux de particules en journée.