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Dans un contexte régional préoccupant vis-à-vis du respect des valeurs limites de particules en suspension exigé par l’Union Européenne, la vallée de l’Arve constitue un territoire particulièrement sensible en raison de sa topographie couplée à des émissions concentrées en fond de vallée (chauffage au bois, industrie et transport principalement). Cette vallée bénéficie d’un Plan de Protection de l’Atmosphère (PPA), le premier en France à ne pas concerner une agglomération de plus de 250 000 habitants. Ce PPA doit apporter les éléments de remédiation qui permettront à la vallée de retrouver une qualité de l'air acceptable.

En 2012 une première étude en proximité de la Route Blanche (RN205) dans la Haute Vallée de l’Arve avait montré que, dans certaines conditions, une part des concentrations de particules fines (PM10) pouvait être attribuée à la remise en suspension de sel épandu sur les chaussées en période hivernale. Ces conclusions portaient sur la bande d’impact direct de la chaussée soit sur une d’une dizaine de mètres de part et d'autre de la route.

Afin d’étayer ces premières observations et savoir si certaines conclusions restent valables à distance des chaussées sur le secteur de la vallée de l’Arve, Air Rhône-Alpes a mis en œuvre, en 2013 (avec le concours de la DREAL), des moyens pour réaliser un suivi similaire dans le fond urbain de la vallée de l'Arve.

Cette étude avait notamment pour objectif  de pouvoir répondre à ces deux questions :

  • Trouve-t-on du sel dans les particules fines PM10 dans la zone urbaine de l'Arve ?
  • Des dépassements de la valeur limite journalière pour les PM10 sont-ils attribuables au sel de route ?

Un impact peu significatif

Les mesures réalisées en 2013 ont démontré que les concentrations de sel dans l’air sur la station urbaine de Passy étaient faibles.

En effet, les jours de dépassement du seuil de la valeur limite journalière en PM10, la part du sel dans les PM10 représente en moyenne environ 2 % en fond urbain et 9 % en proximité de l'autoroute. Les jours les plus impactés par le sel, la part de celui-ci dans les PM10 est d'environ 10% maximum en fond urbain et jusqu’à 60% en proximité de l'autoroute.

De plus il apparaît que :

  • sur les 58 jours de dépassements de la valeur limite journalière en 2013 mesurés à la station de fond de Passy, aucun ne peut être attribué à la remise en suspension du sel de route. Les opérations de viabilité hivernale des routes dans la vallée de l’Arve n’impactent donc pas de manière significative les niveaux de PM10 des stations de fond.
  • dans ce secteur, l’impact en proximité routière est également limité, puisque 3 à 5 dépassements sont attribuables à cette source pour l’année 2013.

Compte tenu de la faible baisse possible de niveau en soustrayant ce sel comme le prévoit la directive 2008/50/CE, et au regard du nombre des dépassements sur ce secteur, des actions portant sur les pratiques de salage des routes ne seraient pas suffisamment efficaces comparées aux actions prévues ou entreprises dans le cadre du Plan de Protection de l’Atmosphère de la vallée de l’Arve sur le chauffage et sur les transports. En d’autres termes, l’arrêt du salage des routes aurait un impact négligeable et ne permettrait donc pas à lui seul un respect des valeurs limites en particules dans la vallée de l’Arve. 

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En savoir plus :

Rapports sur l’impact du salage sur les concentrations de PM10