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Grenoble-Alpes Métropole a annoncé la mise en place d’une zone interdite aux véhicules de livraison les plus polluants dans le centre-ville de Grenoble à partir de janvier 2017.  Ce type de mesure de restriction d’accès est un des leviers d’amélioration de la qualité de l’air à la disposition des collectivités.

Les Présidents de la Métropole Grenobloise et du SMTC ont présenté ce mardi un plan d’actions pour une logistique urbaine durable. Ce plan évolutif comporte 16 actions principales pour optimiser les flux de marchandises au sein de la Métropole Grenobloise. Il est basé sur 2 axes : la mise en place de centres de distribution urbaine (CDU) en périphérie et l’interdiction progressive des véhicules de livraison les plus polluants dans le centre-ville de Grenoble.

Agir sur les poids lourds et les véhicules utilitaires légers : un des leviers à actionner pour améliorer la qualité de l’air

Cibler la livraison de marchandise est pertinent en termes d’amélioration de la qualité de l’air. En effet, mettre en œuvre des actions concernant ce secteur est un moyen d’agir sur une partie des émissions des poids lourds et des véhicules utilitaires légers qui représentent une part sensible des émissions des transports routiers.  Par exemple, à l’échelle de la région Rhône-Alpes, les transports routiers représentent 17% des émissions de PM10 dont 40% sont liés aux PL et VUL. Dans le cas des oxydes d’azote, les transports routiers représentent 58% des émissions totales dont 51% sont liés aux PL et VUL. »

La logistique urbaine (notamment la réflexion sur les CDU) est un sujet traité depuis plusieurs années dans la plupart des grandes agglomérations. En revanche, la possibilité d’interdire l’accès à certaines zones (généralement des centres villes) aux véhicules les plus polluant est nouvelle : c’est la loi sur la transition énergétique et la croissance verte d’août 2016 qui offre désormais un cadre réglementaire aux ZCR (Zones à Circulation Restreinte) et propose une classification des véhicules en fonction de leur niveau d’émission de polluants atmosphériques.

La mise en œuvre d’une telle zone est potentiellement très efficace pour améliorer la qualité de l’air. Le gain d’émission permis pas une ZCR est basé sur l’écart de performance entre un véhicule récent et un véhicule ancien en lien avec l’application de la norme EURO (qui impose aux constructeurs une amélioration progressive de la performance des véhicules neufs). En France, Paris et la Métropole Grenobloise sont pionniers en la matière. Cependant, à l’échelle européenne, plus de 200 zones à basse émissions ont déjà vu le jour dont certaines ciblent tous les type de véhicules, notamment les véhicules particuliers (Etude de l'ADEME sur les zones à faibles émissions à travers l'Europe). L’efficacité d’une ZCR dépend d’un ensemble de facteurs : les types de véhicules ciblés, le niveau de l’interdiction, et le périmètre de l’interdiction.

D’une manière générale, il existe quatre leviers principaux permettant de réduire les émissions de polluants atmosphériques des transports routiers : 
- La diminution du trafic (transports de marchandise et de personnes) – la mise en place de CDU et le développement des transports en commun sont des moyens d’agir dans ce sens,
- L’amélioration de la fluidité du trafic,
 - L’optimisation de la vitesse de circulation,
- L’évolution du parc roulant vers des véhicules "plus propres" notamment par la mise en place de ZCR.

Une situation sensible, une nécessité d’agir sur l’ensemble des leviers d’action

Les seuils réglementaires et les valeurs guides recommandées par l’OMS concernant les particules en suspension et le dioxyde d’azote sont dépassés de manière récurrente sur le territoire de la Métropole Grenobloise. Les zones les plus exposées à la pollution atmosphérique sont les fonds de vallées, le cœur de l’agglomération et les zones de proximité routière. Les principaux leviers d’amélioration de la qualité de l’air sont, les transports routiers de marchandises et de personnes, mais aussi le chauffage au bois individuel non performant et le secteur industriel. La conception de l’urbanisme constitue également une voie de réduction de l’exposition de la population à la pollution atmosphérique. Ainsi, il convient de souligner que les mesures de la Métropole Grenobloise concernant la livraison de marchandises s’inscrivent dans un plan plus global d’amélioration de la qualité de l’air qui cible différents secteurs et qui a été formalisé dans la réponse à l’appel à projet Ville Respirable en 5 ans du Ministère en charge de l’environnement. 

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