Actualité
26 juin 2020
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes
Evaluation de la qualité de l’air

L’ozone : une attention particulière sur ce polluant de l’air

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Avec l’été et ses fortes chaleurs, le polluant de l’air de nos villes et campagnes qu’est l’ozone refait parler de lui. Pourquoi vient-il sur le devant de la scène à cette période ? Présente-t-il des risques pour la santé ?

 

1. Avec l’été, l’ozone revient, polluant à impact sanitaire et économique

L’ozone de la troposphère (cf. encart) se forme à partir d’autres polluants (on parle de "polluant secondaire"), principalement les oxydes d’azote et les composés organiques volatils, sous l’action du rayonnement solaire. C’est pourquoi sa présence est marquée en été.

Les oxydes d'azote sont émis majoritairement par les transports routiers mais également par les centrales thermiques et les procédés industriels. Les composés organiques volatils sont émis par les combustions incomplètes, dont celles du chauffage au bois, l'évaporation des carburants, le stockage, la fabrication et l'utilisation de solvants pour des usages domestiques, artisanaux ou industriels, etc. La végétation en produit également naturellement, essentiellement les arbres.

La communauté scientifique lui reconnait un impact sanitaire (cf. encart). Notamment, lors de la canicule de 2003, l’Institut de Veille Sanitaire, aujourd’hui Santé Publique France, a pu évaluer que compte tenu des niveaux d’ozone (mais aussi de dioxyde d’azote) atteints pendant la canicule et sur la durée des épisodes de pollution concomitants, la pollution atmosphérique a eu une part de responsabilité dans les conséquences sanitaires. L’Institut de Veille Sanitaire a mis en évidence dans une étude publiée en 2004 que 379 décès anticipés étaient attribuables aux niveaux d’ozone observés entre le 3 et le 17 août 2003 sur l’ensemble des 9 villes françaises étudiées, et pour tous les âges.

Au-delà d’affecter la santé humaine, l’ozone troposphérique a également des effets sur l’environnement en perturbant la croissance de certaines espèces végétales et en entraînant des baisses de rendement dans les cultures.

 

2. Evolution des taux moyens d’ozone

L’ozone est le seul, parmi les polluants dont les taux dans l’air ambiant sont réglementés (directives européennes 2004/107/CE et 2008/50/CE), qui voit ses concentrations augmenter dans les dernières années en région Auvergne-Rhône-Alpes, mais aussi dans d’autres régions françaises. Les valeurs cible pour la santé comme pour la végétation ne sont pas respectées, la moyenne régionale est en augmentation et depuis 5 ans, les épisodes estivaux de pollution photochimique sont en recrudescence. Compte tenu de sa production liée à la photochimie, on peut s’attendre à ce que cette tendance persiste voire s’accentue avec le changement climatique.

L’intensité du rayonnement ultraviolet jouant un rôle majeur dans les processus photochimiques, certaines parties de la région (zones de montagne et au sud) sont plus particulièrement exposées à des concentrations d'ozone élevées en moyenne.

3. Maitrise de l’ozone : un subtil équilibre entre chimie et réduction des émissions de polluants

La chimie de l’ozone est complexe, faisant intervenir un grand nombre de paramètres, tels que les rayons ultraviolets, et les différents polluants précurseurs (cf. encart). Les réactions chimiques ne sont pas linéaires et lorsque l’on diminue la concentration d’un polluant précurseur, l’effet sur les concentrations d’ozone n’est pas directement corrélé. Des études montrent qu'en diminuant les concentrations de composés organiques volatils, l'effet sur les concentrations d'ozone est quasiment toujours bénéfique. En revanche, l'effet d'une baisse des oxydes d’azote (NOx) est plus contrasté. Elle conduit en général à une diminution de l'ozone en milieu périurbain et rural. Mais en milieu urbain, où les taux d'oxydes d'azote sont plus élevés, leur réduction par des mesures contraignantes (sur le trafic routier notamment), si elle est favorable à la qualité de l’air en général et à la protection des populations résidant en bordure des voiries, ne garantit pas la baisse des concentrations d’ozone, voire peut entrainer une augmentation. Dans tous les cas, l’ozone étant un polluant dont les processus de formation et de transport sont effectifs sur de longues distances, des actions très localisées et isolées n’auront que peu d’effets. Les actions de réduction des émissions de précurseurs doivent s’envisager à grande échelle, à minima départementale, régionale voire suprarégionale.

Exposition des populations aux valeurs réglementaires et sanitaires  - O3 - Région Auvergne-Rhône-Alpes

4. Un Plan Régional Ozone en cours d’élaboration

Afin de garantir un air de meilleure qualité à la population de la région, il convient de s’interroger sur l’impact des actions qui pourront être déployées pour réduire les taux d'ozone, sur le court terme (épisodes pollués), le moyen terme (PPA, PCAET, SRADDET) et le long terme (transition énergétique). Les plans d’actions sur la qualité de l’air mis en place dans les 10 dernières années ont été axés essentiellement sur la résolution des contentieux avec l’Europe pour dépassements des valeurs réglementaires pour les particules PM10 et le dioxyde d'azote (NO2). Aujourd’hui, si ces polluants restent un important sujet de préoccupation, l’accent est mis sur l'ozone au regard de son impact connu sur la santé, la végétation et le climat, et de sa probable augmentation en lien avec le réchauffement de l'atmosphère. A ce titre, l’Etat et les collectivités territoriales se dotent de plans d’actions visant à lutter contre cette pollution estivale. Les services de l’Etat en région travaillent actuellement à l'élaboration d'un Plan Régional Ozone.

 

Comment se forme l’ozone ?  

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Vidéo réalisée par Atmo Grand Est

Le bon et le mauvais ozone 
Il faut bien faire la différence entre deux types d'ozone, même si chimiquement on évoque la même molécule composée de trois atomes d’oxygène :
• A très haute altitude, dans la stratosphère, l’ozone est un gaz naturel. Il forme « la couche d’ozone » qui filtre et nous protège des rayons solaires ultraviolets. Des gaz, tels que les CFC, émis par l’homme, peuvent le détruire, c’est le phénomène de « trou dans la couche d’ozone ».
• A basse altitude, dans la troposphère, l’ozone est présent en faible quantité. Lorsque sa concentration augmente, il est considéré comme un polluant, du fait de son impact sur la santé et les écosystèmes. Il est dit « secondaire » car il se forme par réaction chimique initiée par le rayonnement solaire ultraviolet entre des gaz précurseurs émis par les activités humaines (NOx, COV et CO).
Ozone et effets sur la santé
Les enfants, les personnes âgées, les asthmatiques, les insuffisants respiratoires sont particulièrement sensibles à la pollution par l’ozone. Des taux élevés de ce gaz irritant peuvent provoquer toux, inconfort thoracique, essoufflement, irritations nasale et oculaire. La présence importante d’ozone peut également augmenter la sensibilisation aux pollens. Lorsque le taux ambiant d’ozone augmente, les études épidémiologiques ont démontré une élévation des indicateurs sanitaires (mortalité anticipée, etc.).
Comment se protéger lors des épisodes de pollution par l'ozone?
De part son mode de formation, les plus fortes concentrations d'ozone sont enregistrées durant l'après-midi. Lors des vigilances pollution liées à l'ozone, il est donc recommandé de limiter les sorties entre 13h et 20h. Il est également recommandé de limiter les activités physiques et sportives intenses (dont les compétitions) en plein air. Ces activités peuvent être maintenues à l'intérieur, dès lors qu'elles sont peu intenses, pour les personnes les plus sensibles. Pour connaitre les recommandations sanitaires du Ministère de la Santé relatives aux épisodes de pollution à l'ozone : recommandations sanitaires en cas d'épisode de pollution par l'ozone
Effet Santé Ozone