Actualité
5 janvier 2016
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes
Episode de pollution
Evaluation de la qualité de l’air

Nouveau dispositif de gestion des épisodes de pollution sur l'agglomération lyonnaise

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Le préfet du Rhône a annoncé mi-décembre un nouveau dispositif de gestion des épisodes de pollution à Lyon et Villeurbanne, plus réactif et basé sur les vignettes Crit’air. Ce dispositif va permettre de déclencher la circulation alternée de manière plus rapide et en tenant compte des émissions de chaque véhicule.

Un renforcement de la circulation alternée par le dispositif Crit'air

Lors du dernier épisode de pollution qui a perduré plus de 15 jours, le préfet a pour la 1ère fois mis en place la circulation alternée pour la journée du 9 décembre. Cette mesure a permis de réduire la circulation automobile de 20% sur le périmètre Lyon-Villeurbanne et de 10% sur l’ensemble de l’agglomération lyonnaise. Le préfet a estimé que cette mesure était toutefois trop rigide et surtout qu'elle pénalisait sans distinction les véhicules propres et les véhicules polluants. C'est pourquoi il a annoncé qu'il souhaitait deux changements majeurs par rapport à la situation en vigueur depuis deux ans : déclencher la circulation alternée plus rapidement et mieux la cibler  par les vignettes Crit'air. Ainsi, Le principe de circulation alternée fondé sur les jours pairs et impairs demeure, mais le caractère plus ou moins polluant des véhicules sera désormais davantage pris en compte via le certificat qualité de l’air (CQA) Crit'air. Disponible depuis le 1er juillet 2016, le CQA Crit’Air permet de classer les véhicules en fonction de leur niveau d’émissions de polluants. Le dispositif comporte 6 classes en fonction de la motorisation et de l’âge du véhicule, dont une classe spécifique est réservée aux véhicules électriques « zéro émission moteur ».

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Le certificat qualité de l’air n’est pas obligatoire, mais peut donner des avantages aux conducteurs. Désormais les personnes possédant ce certificat, qui devra être collé sur le véhicule, et une voiture peu polluante ne seront pas concernés par la circulation alternée lorsqu'elle sera mise en place à Lyon pendant les épisodes de pollution. En revanche, les voitures les plus polluantes ne devront pas rouler lors des pics de pollution, qu'elles aient une plaque d'immatriculation aux chiffres pairs ou impairs.

Comment obtenir son certificat qualité de l'air ?
Pour obtenir le certificat de son véhicule, il suffit à chacun de se connecter sur la plateforme www.certificat-air.gouv.fr, muni de son certificat d’immatriculation (anciennement carte grise) pour fournir les informations demandées. Le coût du certificat est fixé à 4,18 euros (coût de l’envoi postal inclus). Le certificat qualité de l’air sera expédié à l’adresse du propriétaire, ou du locataire longue durée le cas échéant, figurant sur le certificat d’immatriculation.

De nouveaux niveaux d'alerte pour un déclenchement plus rapide de la circulation alternée 

Jusqu’à présent, la circulation alternée n’était prévue qu’en cas de franchissement d’alerte de niveau 3, soit après 4 jours consécutifs de dépassement du seuil de 80  µg/m³. Durant le dernier épisode, le seuil de 80 µg/m³ avait bien était atteint, mais à deux jours d'intervalles, ce qui ne respectait pas les critères de déclenchement.
Désormais, les critères permettent de déclencher la circulation alternée dans l’agglomération lyonnaise trois ou quatre jours plus tôt, avec deux nouveaux niveaux d'alerte : le stade D2 et D3.

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Ces deux nouveaux stades vont permettre de déclencher la circulation alternée plus rapidement et toucheront progressivement les véhicules les plus polluants selon l’intensité de l’épisode. En effet, si le niveau d’alerte atteint le stade 2, la circulation alternée est mise en place selon le numéro d’immatriculation, mais les véhicules équipés d'un certificat de qualité de l'air de classe "zéro émission moteur" ou de classe 1,2 et 3 pourront circuler, quelle que soit leur plaque d'immatriculation. Au niveau d’alerte stade D3, la mesure est renforcée d’une interdiction générale de circulation des véhicules les plus polluants, quelle que soit leur plaque d’immatriculation, sur la base de leur ancienneté et leur catégorie (véhicules particuliers, utilitaires, poids lourds, deux roues). Pour en savoir plus sur le dispositif prefectoral.

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Pour rappel : les leviers d’actions en cas d'épisode de pollution aux particules
L’épisode de ce mois de décembre 2016 est un épisode « hivernal » assez typique. Les niveaux élevés de particules en suspension sont causés par la conjonction de deux phénomènes :
 - fortes émissions liées essentiellement au chauffage au bois individuel non performant et au trafic routier ;
- grande stabilité des masses d’air (anticyclone) qui favorise l’accumulation des polluants dans les basses couches de l’atmosphère. 
Les transports routiers et le chauffage au bois individuel non performant constituent donc les principaux leviers d’amélioration de la qualité de l’air dans le bassin grenoblois. Dans la mesure où les particules sont transportées, la réduction des niveaux de fond impose de réduire les émissions sur de vastes territoires. Le trafic routier, outre sa contribution à la pollution de fond, est responsable de la « surexposition » des populations résidant à proximité immédiate des grandes voiries.  En savoir plus : "L'épisode de pollution aux particules prend de l'ampleur"