Actualité
18 juillet 2018
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes
Pollens (ambroisie, graminées, …)

Pollens & allergie : tout ce que vous avez toujours voulu savoir !

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Le nez bouché ou qui coule, les yeux rouges et qui grattent, la gorge qui démange, des difficultés respiratoires ... Et si ces manifestions étaient les signes d'une allergie saisonnière ? Comme chaque année, presque 25 % de la population française souffre d’allergies respiratoires dont les manifestations proviennent en partie des pollinoses, ou « rhumes des foins ». Avec l'arrivée imminente des pollens d'ambroisie début août dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, voici quelques explications sur les pollens et des conseils pratiques pour s'informer et réduire les symptômes de l'allergie.

Si l’on a l’habitude d’associer « printemps » avec « pollens », ces derniers sont en fait présents dès le mois de février et jusqu’à la fin du mois de septembre. De nombreux désagréments sont liés aux allergies respiratoires et notamment en raison de certains pollens dont le risque allergique est particulièrement élevé.

Vous avez dit pollen ?

« Ensemble des grains (gamétophytes) mâles d'une plante à graines, contenus dans les anthères des étamines, puis dispersés. » LAROUSSE
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Les pollens des plantes (arbres, fleurs…) sont tous différents, en taille, en forme et leur potentiel allergisant varient également fortement d’une espèce à l’autre.

Ils sont libérés par les plantes dans l'atmosphère, pour permettre la fécondation. La pollinisation correspond au transport du grain de pollen sur le stigmate de fleur femelle. Tout au long de l’année, plusieurs saisons se distinguent suivant les pollens qui se succèdent dans l’air.

Dans un premier temps, ce sont les pollens d’arbres qui sont présents dans le sud de la France, les pollens de cyprès qui marquent le début de la saison pollinique. Puis viennent les autres pollens d’arbres comme le chêne, le charme, le châtaignier, l’aulne, le platane…En mars et avril, les pollens de bouleau, particulièrement allergisants, sont responsables de nombreuses pollinoses.

Puis, entre mi-avril et mi-mai, la pollinisation des graminées marque souvent l’arrivée du classique « rhume des foins » et dure presque 2 mois. Les graminées se trouvent partout, dans les champs, les fossés, en forêt, sur le bord de route, dans les jardins, et même en ville. 

Enfin, dès le mois d’août dans certaines régions et jusqu’en octobre, les herbacées pollinisent le territoire avec l’ambroisie, la plante la plus allergisante qui prolifère en particulier en Auvergne-Rhône-Alpes, région la plus touchée de France.

Le caractère allergisant du contenu pollinique de l’air dépend de nombreux facteurs :

  • Le potentiel allergisant de la plante,
  • le nombre de grains de pollens présents dans l’air,
  • les conditions météorologiques,
  • l’avancée de la saison, la région concernée…
L’ambroisie, cette plante à surveiller !
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L'ambroisie à feuilles d'armoise (Ambrosia artemisifolia), communément appelée Ambroisie, fait partie de la famille des composées (Astéracées). Il s’agit d’une plante envahissante dont le pollen est fortement allergisant et qui est apparue pour la première fois en France à la fin du XIXe siècle, à l’occasion d’importation de marchandises.
Depuis environ 20 ans, l’ambroisie est en pleine expansion et colonise une grande partie du territoire français. Les pollens sont libérés d’août à septembre avec généralement un pic vers la mi-août.
Pourquoi s'en soucier ?
Quelques grains de pollens d’ambroisie dans l’air suffisent pour provoquer des symptômes chez les personnes sensibles. Rhinites, conjonctivites, et même trachéites peuvent avoir des conséquences plus ou moins importantes allant même jusqu’au déclenchement d’asthme de forte gravité.
En Auvergne-Rhône-Alpes, plusieurs millions de personnes sont, chaque année, exposées aux pollens d’ambroisie et les coûts de santé liés sont très élevés (estimés de 11 à 16 millions d’euros pour 2012 en Rhône-Alpes).
C’est pour cette raison que l’ambroisie nécessite une surveillance particulière ainsi que la mise en place d’actions visant à réduire sa prolifération ! Le site et l’application associée Signalement ambroisie permettent de faire remonter les informations de localisation des plants.

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes et les pollens

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes participe activement depuis des années à la surveillance de cette pollution biologique de l’air en effectuant des relevés et des comptages de pollens sur trois sites (Clermont-Ferrand, Grenoble et Roussillon) de février à octobre.  

Des experts sont formés à la reconnaissance des pollens pour identifier les différents grains et les informations sont transmises chaque semaine au RNSA - Réseau National de Surveillance Aérobiologique - qui, à l’aide de ces données et des moyens à leur disposition propose tous les vendredis un Risque Allergique d'Exposition aux Pollens (RAEP).

« Ce RAEP, qui va d'un niveau nul à élevé, est dépendant du potentiel allergisant de l'espèce dont est issu le pollen, des quantités de pollens et de la situation géographique. Il peut être évalué de manière prévisionnelle en tenant compte des prévisions météorologiques. »
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L’observatoire diffuse également les informations issues des bulletins hebdomadaires du RNSA sur d’autres sites du territoire qui ne sont pas lus par ses techniciens afin d’informer sur les risques de toute la région (Montluçon, Aurillac, le Puy-en-Velay, Saint-Etienne, Lyon, Bourg-en-Bresse, Annemasse, Annecy, Chambéry et Grenoble).

Le RAEP diffusé chaque semaine permet à la population de se tenir informée des risques allergiques à proximité et ainsi d’adapter les activités et les traitements médicaux pour les personnes les plus sensibles.

Afin de pouvoir informer la totalité du territoire régional sur le risque allergique à l’ambroisie pendant sa période de pollinisation, l’observatoire évalue par modélisation l’exposition de la population à ce pollen sur le territoire régional. Les cartes d’ambroisie sont mises chaque semaine à disposition dès le début du mois d’août, jusqu’à la fin de la pollinisation de cette plante.

Retrouver les calendriers polliniques 2016 et 2017.

Capteur pollen à Grenoble (38)

La surveillance des pollens dans l’air :

Les capteurs utilisés sont placés en hauteur de façon à couvrir une zone de 20 à 30 kilomètres de rayon. Les effets strictement locaux de la végétation environnante sont ainsi atténués.

Les particules sont impactées sur une bande de cellophane, fixée sur un tambour qui défile à raison de 2 mm/heure devant la fente d’aspiration du capteur et cela pendant une semaine. La bande est détachée de son support, pour être examinée au microscope optique.

Ces mesures permettent d’établir l'indice allergo-pollinique hebdomadaire en prenant en compte les quantités de grains de pollens et leur pouvoir allergène.

 

Pourquoi se préoccuper des pollens ?

Selon les professionnels de santé et en particulier les allergologues, les allergies aux pollens ont pris une ampleur considérable aussi bien chez les adultes que chez les enfants. Actuellement, toutes les tranches d’âge sont concernées. La pollinose (allergie aux pollens) est en augmentation régulière depuis près de 25 ans (+25 % chez les 15-25 ans).

L’exposition de la population aux pollens constitue un enjeu de santé publique compte tenu du nombre de personnes qui seraient concernées par des allergies en France : de l’ordre de 20 % des enfants à partir de 9 ans et de 30 % des adultes. La prévalence des pathologies allergiques respiratoires comme les rhinites saisonnières et l’asthme semble avoir augmenté ces dernières années dans les pays industrialisés. (Ministère des Solidarités et de la Santé)

Du fait du nombre très important de personnes impactées par ces allergies, la surveillance des pollens est un enjeu important. Tous les pollens ne sont pas allergisants et il faut considérer trois paramètres principaux dans le déclenchement de l’allergie :

  • Les caractéristiques spécifiques du pollen : elles diffèrent d’une espèce à l’autre (taille, morphologie, composition physico-chimique ;
  • les modes de dissémination : les pollens allergisants sont principalement émis par des plantes anémophiles (arbres et herbacées) qui sont de petite taille, très nombreux et disséminés par le vent;
  • la sensibilité de chaque individu.

Quels ont les effets sur la santé ?

Les manifestions de l’allergie aux pollens peuvent être multiples, avec des niveaux de sévérité allant de faible à sévère :

  • La rhinite allergique : pour les pollens, elle est en général dite « saisonnière » et peut prendre le terme de « rhume des foins ». Elle résulte d’une inflammation des voies aériennes supérieures avec des manifestations diverses : nez bouché, éternuements, nez qui coule et démangeaisons.
  • La conjonctivite allergique saisonnière : yeux rouges qui piquent, avec sensation de sable dans les yeux. Elle peut être associée à la rhinite.
  • Crises d’asthme / asthme allergique : elles sont la conséquence de l’inhalation des allergènes en suspension dans l’air. Il s’agit d’une inflammation des bronches avec une diminution du souffle, des sifflements bronchiques, une toux persistante, de la fatigue, un sentiment d’oppression thoracique… Différents stades de gravité variable peuvent être identifiés, d’intermittent à persistant sévère.
  • D’autres symptômes, plus rares peuvent apparaître, comme des œdèmes ou de l’urticaire.

Allergique au pollen : comment le savoir ?

Les symptômes d’allergie ne peuvent être diagnostiqués qu’après un examen médical. Il est donc indispensable de consulter son médecin, qui pourra orienter vers un médecin allergologue, pour détecter et confirmer une éventuelle allergie aux pollens.

Quand la pollution interagit

La pollution joue également un rôle important, notamment en multipliant le nombre d’allergènes dans le pollen. En effet, en entrant au contact d’un polluant chimique, la paroi du grain de pollen se déforme et libère des allergènes, qui se disséminent dans l’air et pénètrent dans le système respiratoire bien plus profondément que les grains de pollen. Les polluants atmosphériques accentuent donc l’irritation des muqueuses nasales ou oculaires et abaissent le seuil de réactivité allergique.

D’autre part, elle fragilise l’individu. L’ozone et le dioxyde d’azote augmentent par exemple l’hyper réactivité bronchique en favorisant la production d’anticorps, activateurs de l’allergie. Les particules en suspension modifient également le seuil de sensibilité aux allergènes.

Connaitre le risque allergique sur la région
En partenariat avec le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (R.N.S.A.), qui fournit les prévisions de risque allergique, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes diffuse les informations polliniques chaque semaine auprès de tous via le site internet et les bulletins d’information.
  • Consulter la carte régionale du Risque allergique aux pollens à partir de la page d’accueil du site ou rendez-vous directement à la rubrique « Episodes polliniques ».
  • Vous pouvez également recevoir, en même temps que les informations de qualité de l’air, les indices polliniques dans les bulletins périodiques (« Bulletin quotidien de l'air ») : abonnez-vous !
  • Avec l’application Air to Go, vous pouvez également consulter, en plus de la qualité de l’air et si l’information est disponible, le risque allergique à proximité de l’endroit où vous vous trouvez.
  • Pour les gestionnaires de site Internet, vous pouvez également afficher les informations polliniques des communes en disposant à l’aide du widget Mon Air.

Comment réduire les symptômes ? Conseils pratiques

Il est conseillé aux personnes allergiques de suivre scrupuleusement leur traitement, et si le besoin s’en fait ressentir, de consulter un médecin.

Recommandations du Haut Conseil de la Santé Publique (avis du 1er avril 2016), pendant la période pollinique

Chez soi :

  • Se rincer les cheveux le soir, car le pollen se dépose en grand nombre sur les cheveux ;
  • Favoriser l’ouverture des fenêtres avant le lever et après le coucher du soleil, car l’émission des pollens dans l’air débute dès le lever du soleil ;
  • Éviter l’exposition aux autres substances irritantes ou allergisantes en air intérieur (tabac, produits d’entretien, parfums d’intérieur, encens, etc.).

A l’extérieur :

  • Éviter les activités extérieures qui entraînent une sur-exposition aux pollens (tonte du gazon, entretien du jardin, activités sportives, etc.) ; en cas de nécessité, privilégier la fin de journée et le port de lunettes de protection et de masque ;
  • Éviter de faire sécher le linge à l’extérieur, car le pollen se dépose sur le linge humide ;
  • En cas de déplacement en voiture, garder les vitres fermées.
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