Actualité
31 juillet 2018
Air et Santé
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes
Episode de pollution

Pollution à l'ozone, arrivée de l'ambroisie, canicule : soyez vigilants !

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Pollution à l'ozone, canicule et pollens ne font pas bon ménage. Les effets sur la santé des uns et des autres ont tendance à se combiner. Ainsi, la pollution à l'ozone constitue un facteur aggravant des allergies aux pollens et les risques sanitaires de la pollution de l'air sont augmentés lorsqu'elle est associée à de fortes températures.

Or c'est bien la situation qu'a connu la région Auvergne-Rhône-Alpes du 31 juillet au 7 août (consulter l'historique)

Les pollens d'ambroisie, plante très allergisante, sont en nette augmentation dès demain sur la vallée du Rhône et l'Ouest de l'Ardèche et étendre leur propagation dans les semaines à venir.

Plusieurs départements de la région sont en vigilance canicule et la situation ne devrait pas s'améliorer avant mardi prochain selon Météo France.

Face à situation, que pouvons-nous faire ? 

  • S'informer en consultant quotidiennement les bulletins diffusés par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes.
  • Se protéger en adaptant ses activités, en particulier de plein air, à la situation et en consultant son médecin dès l'apparition de symptômes,
  • Agir car il est possible de contribuer par quelques gestes simples à réduire la pollution.

 

Episode de pollution à l'ozone du 31 juillet au 8 août sur la région

La région Auvergne-Rhône-Alpes a subi un épisode de pollution dû à des taux élevés d’ozone (O3). Les conditions météorologiques caniculaires, notamment le fort ensoleillement, ont été favorables aux réactions photochimiques en transformant des polluants précurseurs en ozone. Plusieurs régions françaises ont également été concernées par des teneurs en ozone élevées.

Mardi 7 août, la qualité de l'air a été médiocre sur la majorité du territoire, et mauvaise sur l'Allier et le Cantal où les concentrations
d'ozone ont à nouveau dépassé le seuil d'information.
Mercredi 8 août, des conditions moins propices à la production d'ozone devraient être à l'origine d'une amélioration de la qualité de
l'air.
Jeudi 9 août, avec des conditions plus perturbées, la qualité de l'air devrait continuer à s'améliorer, tout comme vendredi 10 août.
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes ne prévoit aucun dépassement pour aujourd'hui et demain et les vigilances atmosphériques sont donc
levées sur toutes les zones concernées

 

 

S'INFORMER ET AGIR

 

Pour être informé tout au long de l'année, et recevoir des alertes en cas d'épisode de pollution :

  • C’est simple, rendez-vous à la rubrique « Abonnement newsletter » et choisissez de recevoir dans votre messagerie : les épisodes de pollution, le bulletin quotidien, le bulletin hebdo de l'air….

  • Consultez les prévisions pour le jour et le lendemain sur www.atmo-auvergnerhonealpes.fr, pour les territoires qui vous intéressent.

  • Pour les plus connectés, vous pouvez suivre le compte twitter ou le compte Facebook d'Atmo Auvergne Rhône-Alpes pour être informés en direct de la situation.  

  • Vous pouvez également être directement conseillé sur les zones à privilégier : l'application Air to Go vous indiquera, entre autres, l’endroit le moins pollué autour de vous (Disponible sur Google play et l'Apple Store)

Se protéger et réduire la pollution

L’ozone est un gaz irritant qui peut provoquer toux, inconfort thoracique, essoufflement, irritations nasale et oculaire. Les enfants, les personnes âgées, les asthmatiques, les insuffisants respiratoires y sont particulièrement sensibles.

Il est donc important de réduire son exposition à la pollution en limitant ses activités physiques l'après-midi (taux d'ozone les plus élevés), mais aussi de contribuer par ses actions à une baisse des émissions polluantes. La baisse des émissions de précurseurs d'ozone (oxydes d'azote et composés organiques volatils) est doublement bénéfique car ces polluants ont également un impact sanitaire.

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Un épisode d'ampleur nationale couplé à un épisode caniculaire

Depuis le 24 juillet, la région Auvergne-Rhône-Alpes est touchée par des conditions météorologiques caniculaires et elle subit également un épisode de pollution dû à des concentrations élevées d’ozone (O3) dans l'air. La situation est sensible et elle devrait le rester dans les jours qui viennent, avec en plus, l’arrivée des premiers pollens d’ambroisie, particulièrement allergisants. Cette pollution à l’ozone ne touche pas qu’Auvergne-Rhône-Alpes, la région Sud est également concernée.

Météo France a placé une grande partie du territoire français en vigilance canicule (jaune et orange) pour un épisode durable nécessitant une vigilance particulière, notamment pour les personnes sensibles ou exposées. Les périodes caniculaires telles que celle que nous connaissons actuellement, avec des forts indices UV et des températures élevées sont particulièrement propices à la formation de l’ozone, qui s’accumule au fil des jours, d’autant plus si le vent est faible ou modéré.

Depuis  jeudi 2 août, une hausse des températures  par le sud-ouest gagne l’ensemble du pays dès le vendredi. La plupart du territoire enregistre des températures maximales dépassant les 35°C. Cet épisode de canicule devrait se poursuivre encore jusqu'à demain.

(Source Météo France)

Une étude réalisée par l’InVS démontre les risques supplémentaires pour la santé humaine de la pollution de l’air lorsqu’elle est associée à des fortes températures. Ainsi, pour une même augmentation des concentrations d’ozone, les effets sanitaires sont accrus lorsque les températures sont caniculaires.

 

En Auvergne-Rhône-Alpes, l’arrivée de l’ambroisie va ajouter un risque allergique non négligeable à une situation déjà sensible.

Les premiers grains de pollens d’ambroisie ont été relevés en Auvergne-Rhône-Alpes et les premières quantités de pollens d'ambroisie susceptibles de provoquer des symptômes chez les plus sensibles sont attendues pour le début du mois d'août en région lyonnaise.

La pollution est un facteur aggravant des allergies aux pollens :

La présence de polluants dans l’air accentue l'irritation des muqueuses respiratoires et abaisse le seuil de réactivité allergique. Ils peuvent aussi rendre certains pollens plus allergisants voire fragmenter la paroi du grain qui pourra pénétrer bien plus profondément dans le système respiratoire.

Les pollens de graminées ou d’arbres tels que le bouleau sont à l’origine d’allergies importantes en Auvergne-Rhône-Alpes mais c’est le pollen d’ambroisie qui suscite le plus de préoccupation. En effet, quelques grains de pollens d’ambroisie dans l’air suffisent pour provoquer des symptômes chez les personnes sensibles. Rhinites, conjonctivites, et même trachéites peuvent avoir des conséquences plus ou moins importantes allant même jusqu’au déclenchement d’asthme de forte gravité.

Qu'est-ce que l'ozone, pourquoi parle-t-on de précurseurs?

L’ozone est un polluant dit « secondaire », il n’est pas directement rejeté par une source de pollution, et n’est donc pas présent dans les gaz d’échappement des véhicules ou les fumées d’usine. Il se forme par une réaction chimique initiée par les rayons UV (Ultra-Violet) du soleil, à partir de polluants dits « précurseurs de l’ozone », dont les principaux sont les oxydes d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV), qui eux proviennent de sources diverses comme le transport routier, l’industrie (solvants organiques), la fabrication et l'utilisation de solvants, de peinture, mais aussi de certains végétaux (les arbres résineux émettent des terpènes), etc.

Une des particularités de l’ozone est sa répartition géographique : il est souvent davantage concentré en périphérie des agglomérations qu’au centre. Les précurseurs d’ozone sont certes émis dans les cœurs d’agglomérations, les zones industrielles, le long des grands axes routiers, mais le processus de formation d’ozone s’opère lors du déplacement des masses d’air. De plus, il y a dans les centres urbains des polluants qui ont la capacité de piéger l’ozone, polluants qu’on ne retrouve pas ou peu en milieu périurbain ou rural.

Cycle ozone

 

L’ozone : bon ou mauvais ? Il faut bien faire la différence entre deux types d'ozone :
- A très haute altitude, dans la stratosphère, l’ozone est un gaz naturellement présent. Il forme la « couche d'ozone » qui filtre et nous protège des rayons solaires ultraviolets.
- A basse altitude, dans la troposphère, l’ozone est présent en faible quantité. Lorsque sa concentration augmente, il est considéré comme un polluant dit « secondaire » car il se forme par réaction chimique avec des gaz précurseurs (NOx, COV et CO). Ces réactions sont amplifiées par les rayons solaires.

Quels sont les effets de l'ozone sur la santé et l’environnement ?

Les effets de la pollution à l’ozone sont multiples et concernent différents éléments : la santé, la végétation, les bâtiments…

Concernant la santé : les enfants, les personnes âgées, les asthmatiques, les insuffisants respiratoires sont particulièrement sensibles à la pollution par l’ozone. Des taux élevés de ce gaz irritant peuvent provoquer toux, inconfort thoracique, essoufflement, irritations nasale et oculaire. La présence importante d’ozone peut également augmenter la sensibilisation aux pollens. Lorsque le taux ambiant d’ozone augmente, les études épidémiologiques ont démontré une élévation des indicateurs sanitaires (mortalité anticipée, etc.).

Effet Santé Ozone

L’ozone a également des effets sur l’environnement en perturbant la croissance de certaines espèces végétales et en entraînant des baisses de rendement dans les cultures. Il contribue par ailleurs à l’effet de serre. Enfin, il attaque et dégrade certains matériaux (le caoutchouc par exemple).