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Depuis le 29 avril, la vitesse a été limitée à 70 km/h sur le périphérique lyonnais depuis la porte du Valvert au Nord jusqu’à la jonction avec l’A7 au sud. Cette baisse de 20km/h a, entre autres, pour objectif de diminuer la pollution générée par la circulation et d'améliorer la qualité de l'air.  Cette mesure s'inscrit dans le plan d’actions de la Métropole de Lyon visant à réduire les émissions de polluants et l’exposition de la population à la pollution atmosphérique dénommé « Plan Oxygène » ainsi que le plan d’actions du Plan de Protection de l’Atmosphère de l’agglomération lyonnaise visant le respect des valeurs réglementaires en matière de qualité de l’air et la sortie du contentieux européen. Depuis la mise en place de la mesure d’abaissement de vitesse, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes accompagne la Métropole de Lyon afin d’en évaluer l’efficacité sur la qualité de l’air selon trois volets .

 

1er volet  : L’évaluation théorique du gain en émissions* de polluants 

D’après les évaluations d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, la mise en place de la réduction de vitesse de 20 km/h sur le périphérique lyonnais pourrait permettre, si elle était totalement respectée, de réduire les émissions liées à cet axe de l’ordre de 3% pour les émissions de poussières (PM10), d’environ 6% pour les émissions d’oxyde d’azote (NOx) et de 4 % les émissions de gaz à effet de serre (sur la base de 5% de poids lourds circulants sur l’axe).

 

2ème volet  : Le suivi de l’évolution des concentrations* en polluants (NOx, PM) au travers des stations de mesure de l’observatoire dont celle du périphérique lyonnais 

D ’une manière générale, ce qui est observé sur les stations de mesure trafic de l’agglomération lyonnaise (Lyon périphérique et A7) mais également la station urbaine de Lyon centre est une baisse globale des concentrations mensuelles du dioxyde d’azote (NO2) en 2019 par rapport aux années précédentes (depuis 2015). Seul le mois de février a présenté une concentration mensuelle plus élevée que l’ensemble des années 2015-2018 (sur Lyon périphérique mais également sur Lyon centre).

Sur la station de mesure Lyon périphérique, une baisse des niveaux de concentrations entre 2019 et 2018 a bien été constatée pour le dioxyde d’azote (NO2) : 

  • Baisse de 11% du NO2 de mai à septembre 

  • Baisse de 4% du NO2 de janvier à septembre

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Station de mesure fixe du réseau de surveillance d'Atmo en bordure du périphérique  lyonnais - copyright : Amélie BENOIST
 

3ème volet  : L’évaluation circonstanciée de l’impact de la mesure sur les émissions, les concentrations et l’exposition de la population (en 2020)

L’impact d’une mesure d’abaissement de vitesse ne peut réellement être évaluée qu’à partir d’une étude circonstanciée. 

En effet, la qualité de l’air est influencée par de nombreux facteurs : émissions de polluants atmosphériques (dont les transports ne sont pas l’unique source) mais également conditions météorologiques. Ces dernières jouent un rôle primordial dans les concentrations en polluants atmosphériques ce qui rend complexe les comparaisons interannuelles et l’établissement d’un lien direct entre une mesure spécifique et l’évolution de la qualité de l’air.
C’est pourquoi, en sus des deux premiers volets, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a proposé à la Métropole de Lyon de réaliser en 2020 une étude circonstanciée qui consiste à évaluer par modélisation et à météorologie constante, l’impact sur la qualité de l’air de l’abaissement de la vitesse de 90 km/h à 70 km/h sur la base des comptages réels effectués en 2019.

 
 
La réduction de vitesse des axes de circulation constitue ainsi l’un des leviers possibles de réduction des émissions de polluants atmosphériques. Cette mesure doit toutefois être combinée avec d’autres actions relatives à la circulation afin d’obtenir une meilleure efficacité (diminution du nombre de véhicules, renouvellement du parc automobile, fluidification des conditions de circulation etc). Les plans d’actions doivent également porter sur l’urbanisme pour réduire l’exposition de la population.
*NE PAS CONFONDRE
> LES ÉMISSIONS sont les quantités de polluants directement rejetées dans l’atmosphère par les activités humaines ou par des sources naturelle. Elles sont exprimées par exemple en kilogrammes ou tonnes par an ou par heure.
> LES CONCENTRATIONS de polluants caractérisent l’air que l’on respire,  et qui s'expriment le plus souvent en microgrammes par mètre cube (µg/m³).
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source : Atmo Hauts de France