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Lundi 17 juin à 18h30, une réunion publique a été organisée par les Services de l’Etat (DREAL UD38 - Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) à la maison des associations sur la commune Le-Pont-de-Claix, pour présenter l’avancement de l’étude de zone du sud grenoblois.

Plusieurs élus étaient présents, dont Mr Christophe FERRARI, Président de la communauté d'agglomération Grenoble-Alpes Métropole et Maire de Pont-de-Claix, qui a rappelé l’importance de ce type de réunion pour pouvoir informer les concitoyens, partager les connaissances, comprendre les phénomènes et respecter le principe de transparence. Mme Michèle RIVASI, députée européenne, était également présente.

Devant une soixantaine de personnes, la DREAL UD38 a présenté un bref rappel de la méthodologie et des phases précédentes, puis les résultats de la phase 2 de l’étude de zone ont été présentés par Atmo Auvergne Rhône Alpes (résultats de mesures dans l’air ambiant) et par ARTELIA (résultats de mesures dans les sols et les végétaux). Etaient également présents des représentants de l’ARS (Agence Régionale de Santé) et de l’APORA (Association des entreprises de Rhône-Alpes pour l’environnement industriel), membres du Comité de Pilotage de l’étude de zone.

Rappels de la méthodologie (DREAL UD38)

L’étude de zone du sud grenoblois a été lancée en janvier 2013 sous l’égide du SPPPY, sur 18 communes du secteur. Elle vise à interpréter l’état des milieux au regard de leurs usages avérés par la population riveraine, afin d’évaluer l’impact cumulé des émissions de l’ensemble des activités (urbaines, industrielles, agricoles) et de proposer des mesures de suivi et/ou de gestion adaptés.

C’est une démarche longue, définie par une méthodologie nationale, qui s’articule en trois phases :

  • Phase 1 : Etat des lieux des données et études existantes, et interprétation de ces données. Achevée en 2014, cette phase a permis de définir les mesures complémentaires à effectuer dans les milieux d’exposition.
  • Phase 2 : Campagnes de mesures et analyses complémentaires dans l’environnement pour compléter la connaissance de l’état des milieux. Les mesures ont été réalisées entre 2015 et 2019 dans l’air, les sols et les végétaux impactés par les retombées atmosphériques.
  • Phase 3 : Interprétation de l’état des milieux. Cette phase devrait être terminée d’ici l’été 2020.

Les résultats de la phase 1 sont consultables sur le site du SPPPY. Les résultats de la phase 2 seront prochainement disponibles.

Résultats dans l’air ambiant (Atmo Auvergne-Rhône-Alpes)

Les niveaux relevés sont globalement faibles et en nette baisse par rapport aux mesures historiques (notamment ceux effectués en 2006-2007). Beaucoup de composés recherchés sont en dessous de la limite de quantification. Toutefois, certains composés peuvent présenter des niveaux ponctuels (temporel et spatial) plus élevés (dioxines, 1,3-butadiène, toluène, chlorobenzène…). Ces résultats seront pris en compte dans la phase 3.

Résultats dans les sols et végétaux (ARTELIA) 

Sols dans des écoles et aires de jeux

Les résultats sont globalement inférieurs aux valeurs de comparaison habituellement utilisées pour l’utilisation des sols.

Sols et végétaux dans des jardins

Seules quelques zones présentent des résultats significatifs :

  • à Jarrie : deux valeurs dans les sols sont supérieures aux valeurs de recommandations allemandes pour la restriction de cultures mais largement inférieures à celles pour un usage résidentiel. Les valeurs pour les végétaux sont en revanche largement inférieures au niveau d’intervention.
  • au nord de la commune de Pont-de-Claix : des teneurs en dioxines ont été mises en évidence dans les sols (valeurs supérieures aux valeurs de recommandation allemandes pour la restriction de cultures maraîchères, mais inférieures à celles pour un usage résidentiel) et dans certains végétaux dans un jardin singulier (où il y a également une pratique d’amendements avec des cendres).

Sur le plan sanitaire (ARS)

Pour les riverains des zones étudiées, les taux relevés dans l’air ne présentent pas de risque par inhalation. En l’absence de voie d’exposition majoritaire (ingestion de corps gras, lait et œufs produits sur place), les valeurs trouvées dans les sols n’entraînent pas de risque par ingestion. Toutefois, l’ARS a apporté des recommandations, par précaution : ne pas brûler de déchets dans les jardins, ne pas apporter de cendres dans les sols, ne pas consommer les œufs et la viande des volailles, laver et éplucher les légumes avant consommation, se laver les mains après les activités de jardinage et jeux en contact avec les sols.
De plus, afin de répondre aux demandes des riverains, l’ARS va proposer à la CIRE de réaliser une étude « cancers » pour comparer les statistiques de la zone d’étude avec celles du département de l’Isère.