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Les experts du domaine de la santé et Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, l’observatoire de la qualité de l’air en Région, se sont associés pour mutualiser leurs connaissances afin de mieux caractériser l’impact à long terme de la qualité de l’air sur la santé des populations. Une collaboration qui aboutit à la création de 4 nouveaux indicateurs, calculés chaque année. Deux sont mis à disposition de tout utilisateur potentiel, et les deux autres sont en accès restreint  réservés aux décideurs et aux autorités sanitaires. 

Mutualiser les connaissances pour protéger la santé des populations 

Les observatoires de qualité de l’air en France, tel Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, mesurent, caractérisent et prévoient les niveaux de qualité de l’air sur les territoires. Ce travail permet d’évaluer l’exposition des populations à la pollution atmosphérique au regard notamment des réglementations et normes nationales, européennes ou internationales. 

Bien que très détaillée, cette caractérisation de la qualité de l’air n’a de sens que lorsqu’elle permet d’identifier réellement l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé humaine ou environnementale. C’est d’ailleurs le sens des actions mises en place pour améliorer la qualité de l’air : améliorer in fine la santé des populations. 

 

Bien que très détaillée, la caractérisation de la qualité de l’air n’a de sens que lorsqu’elle permet d’identifier réellement l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé humaine.

 

Les relations entre exposition à la pollution et risques sanitaires sont pourtant complexes, mais les avancées des experts dans ce domaine permettent aujourd’hui de déterminer finement les phénomènes et dépendances en jeux lors d’exposition chronique des populations à une qualité de l’air dégradée. Et les risques sont connus : accident cardio-vasculaire, irritation, déficience et maladies respiratoires comme l’asthme voire des troubles de la reproduction, des troubles du développement de l’enfant, des affections neurologiques ou le diabète de type 2 

Des risques qui font estimer l’impact de la pollution de l’air à 48 000 décès prématurés chaque année en France. 

 

4 indicateurs pour évaluer l’impact sanitaire de la pollution au niveau locale 

Pour mieux protéger les populations et aider les décideurs à traduire les actions pour la qualité de l’air en gain de santé pour les populations, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, avec le soutien financier de la région Auvergne-Rhône-Alpes, et Santé Publique France et l’ORS Auvergne-Rhône-Alpes se sont donc associés pour créer 4 indicateurs d’évaluation de l’impact sanitaire de la pollution au niveau local.  

Les travaux ont abouti à la création de 2 indicateurs ciblant les particules fines (PM2.5) et 2 indicateurs ciblant le dioxyde d’azote (NO2), des polluants majeurs, bien documentés et spécifiquement choisis pour leur impact sur la santé. 

Concernant les particules fines, c’est d’abord un indicateur communal Air et Santé PM2,5 qui a été calculé : une concentration communale en particules PM2,5 pondérée à la population, moyennée sur les trois dernières années.  Il représente la concentration moyenne à laquelle sont exposés les habitants de chaque commune. Il est complété par un indicateur secondaire représentant le pourcentage d’habitants exposés à plus de 10 μg/m3 en PM2,5 dans chaque commune, moyenné sur les trois dernières années.  

 

Indicateur Air Santé PM2.5

Les indicateurs Air & Santé, ici pour les pm2.5, permettent d'appréhender les territoires ou l'impact sanitaire de la pollution est à surveiller

 

Pour le dioxyde d’azote, le groupe de travail s’est arrêté sur un indicateur principal communal Air et Santé NO2 :  le pourcentage d’habitants exposés à plus de 40 μg/m3 en NO2 dans chaque commune, moyenné sur les trois dernières années. Il représente le pourcentage d’habitants exposés au-delà du seuil recommandé par l’OMS (égal à la valeur limite réglementaire). L’indicateur secondaire communal Air et Santé NO2 quant à lui représente le pourcentage d’habitants exposés à plus de 20 μg/m3 en NO2 dans la commune, moyenné sur les trois dernières années. 

En termes d’enseignement, on apprend grâce à ces nouveaux outils que 36% des communes peuvent être considérées comme des territoires de vigilance pour les PM2.5.  

De façon plus rassurante, seulement 3 communes peuvent être jugées comme territoire prioritaire pour soustraire leurs populations au NO2 à des niveaux supérieurs au seuil recommandé par l’OMS. 

 

Une diffusion en open data pour favoriser les recherches 

Les deux indicateurs principaux sont rendus publics et mis à disposition sur différentes plateformes Open Data, les deux autres indicateurs seront d’accès restreint, disponibles pour les membres d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. Tous seront calculés au cours du premier semestre de chaque année. Un choix de diffusion large et ouvert, destiné à informer au mieux populations et décideurs, mais également dans le but de favoriser le réemploi de ces informations dans des travaux plus larges.  

Le choix de l’open data, avec la diffusion de deux indicateurs sur les plateformes Open data d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes mais aussi sur Dat@ra (données publiques ouvertes en Auvergne-Rhône-Alpes), le Geocatalogue, Data.gouv.fr(Plateforme ouverte des données publiques françaises) ou encore Data.lyon.fr (Données métropolitaines du Grand Lyon) permet de mettre à disposition ces données afin de les croiser avec d’autres pour d’initier de nouveaux services d’information, d’aide à la décision ou des travaux de recherche. 

 

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Ces données, mises à disposition de tous, permettent d'approfondir la recherche pluridisciplinaire et peuvent alimenter des services d'information comme ici l'application Air To Go

 

Des travaux de croisement de données sont par ailleurs déjà prévus dans le cadre du PRSE 3 d’Auvergne-Rhône-Alpes, pour continuer la caractérisation de l’impact environnemental, socio-économique ou sanitaire de la pollution atmosphérique sur le territoire.