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Contexte

Dans le cadre de la réhabilitation de l’ancienne unité d’électrolyse à cathode de mercure de la plateforme industrielle de Jarrie, Arkema procède à des opérations d’excavation et d’évacuation de terres potentiellement polluées au mercure. 

Une phase pilote d’excavation est prévue sur une des trois zones visées par la procédure de réhabilitation. Celle-ci permettra de valider le protocole mis en œuvre pour éviter le risque de migration du mercure vers les eaux souterraines et limiter la volatilisation de ce dernier dans l’atmosphère. À l’issue de la phase pilote, en l’absence d’anomalies majeures, Arkema excavera les deux autres zones. 

La phase pilote se déroule de janvier à avril 2021, en suivant les prescriptions imposées par un arrêté préfectoral (arrêté préfectoral complémentaire N°DDPP-DREAL UD38-2020-05-07 du 28 mai 2020), le reste de l’excavation devrait avoir lieu durant l’hiver 2021-2022.  

 

Les travaux d’excavation sont réalisés sous tente de manière à limiter les émissions de mercure dans l’air. Une surveillance environnementale est réalisée, avec notamment un suivi du mercure dans l’air répondant à trois objectifs principaux :  

  • déceler d’éventuelles augmentations atypiques des taux de mercure afin d’y remédier au plus vite (dispositif d’alerte permettant une recherche rapide des causes), si besoin en arrêtant le chantier provisoirement 

  • évaluer l’impact du chantier dans les zones habitées les plus proches du site industriel et pouvant être impactées 

  • informer la population 

 

Une partie de cette surveillance du mercure dans l’air est assurée par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes.  

 

Intervention d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes   

Deux remorques laboratoires équipées d’analyseurs automatiques ont été installées et sont maintenues en fonctionnement par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, permettant de suivre en continu les taux de mercure gazeux. Un mât météorologique est déployé sur l’une d’elles, afin de connaitre la direction et la vitesse du vent, paramètres indispensables à l’interprétation des données.  

Le suivi est assuré en périphérie du site industriel, au plus proche possible des lieux d’habitation ou de fréquentation, dans des secteurs potentiellement exposés au mercure compte tenu de leur localisation. Une remorque est à Jarrie (Basse-Jarrie – école maternelle rue du Moulin), l’autre à Champ-suc-Drac (poste des sables – proche des premières maisons rue Léo Lagrange).

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Les mesures sont effectuées automatiquement en continu, sur un temps très court (moins d’une heure) afin d’alerter si besoin les responsables du chantier et les autorités, sur la base de seuils prédéfinis prenant en compte les effets sanitaires potentiels à court terme d’une exposition au mercure gazeux. Des dépassements de seuils peuvent conduire à un arrêt provisoire du chantier, le temps d’identifier l’origine des pics et de mettre en place d’éventuelles actions correctives.  

Information de la population 

Les données recueillies en continu par les analyseurs automatiques sont accessibles depuis notre site internet, par le module d’accès cartographie aux mesures, ou plus directement ici :   

Un récapitulatif des mesures sera mis en ligne à l’issue de la phase pilote, au deuxième trimestre 2021, et un rapport global sera publié après la deuxième phase du chantier, durant le premier semestre 2022.

Le mercure : origine, effets sur la santé et surveillance 

Le mercure se présente sous forme liquide mais est facilement volatil. Il est d’origine naturelle (volcanisme, lessivage des sols) et humaine (métallurgie, combustion du charbon, incinération des déchets, fabrication de chlore, piles et lampes, etc.). Ses émissions dans l’air ont considérablement diminué durant les 30 dernières années (cf. bilan CITEPA), du fait de l’amélioration des performances de l’incinération des déchets et d’un renforcement du tri, de la limitation ou l’interdiction de l’emploi de ce métal dans les piles et les thermomètres médicaux, et enfin de changement du procédé de la production de chlore (passage d’une production utilisant une technologie d'électrolyse de mercure à une production par électrolyse membranaire, changement opéré en 2014 sur le site Arkema de Jarrie). 

Le mercure peut avoir des effets toxiques sur les systèmes nerveux, digestif et immunitaire, et sur les poumons, les reins, la peau et les yeux. La prévention aux risques liés à l’exposition aux métaux lourds tels que le mercure était par conséquent une des priorités du plan national santé environnement pour la période 2015-2019 (cf. notamment le chapitre 1.3.5. Prévenir les risques liés à l’exposition aux métaux lourds (plomb, mercure et cadmium)).  

Les concentrations de mercure sont régulièrement surveillées, dans l’air dès lors qu’il y a risque de volatilisation à l’occasion de chantiers (par exemple, surveillance mercure gazeux dans l’air à Jarrie en 2011/2012 et à Brignoud en 2017), et dans les retombées atmosphériques au voisinage de sources potentielles encore en  activité, en particulier les incinérateurs de déchets (surveillance mercure dans les retombées dans le cadre du programme de surveillance des dioxines et métaux).