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Dans son rapport rendu public courant octobre, le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) met en lumière les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5°C. En effet, le rapport caractérise l’importance de limiter rapidement les émissions de gaz à effet de serre et l’élévation des températures, dans le but d’atténuer les impacts et risques majeurs qui pèsent sur la biodiversité et les humains, en particulier concernant les accès à l’eau, à la nourriture et à l’énergie.

Ce rapport met également en lumière les interactions étroites entre pollution de l'air et changement climatique. La fédération Atmo France, qui réunit l'ensemble des observatoires régionaux de qualité de l'air, a souhaité apporter son éclairage sur ces enjeux croisés.

La réaction d’Atmo France au contenu du rapport 

La fédération des associations de surveillance de la qualité de l’air (Atmo France), dont Atmo Auvergne-Rhône-Alpes est membre, constate que le rapport du GIEC établit un lien entre la réduction de la pollution de l’air et le réchauffement climatique. Contribuer à améliorer la qualité de l’air conduit donc à améliorer la santé humaine, tout comme la qualité de l’environnement.

La limitation du réchauffement à 1,5°C demande une réduction des émissions anthropiques de gaz à effet de serre de 45% entre 2010 et 2030 et des actions drastiques en matière de transition énergétique, de politiques d’aménagement, de mobilité, du bâtiment, et des systèmes industriels et agricoles de production. Les forêts et les sols contribueront de façon considérable aux politiques d’atténuation des changements climatiques en tant qu’outils de séquestration de carbone.

Améliorer la qualité de l’air pour répondre aux enjeux climatiques

Le GIEC pointe également l’importance de la gestion intégrée des enjeux climatiques et de qualité de l’air, et corrobore ainsi les orientations de l’Europe et du Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE). Des stratégies de lutte communes, comme la réduction de la consommation énergétique (plutôt que la substitution d’une énergie par une autre), ont déjà été mises en avant pour permettre des co-bénéfices climat/qualité de l’air. Dans son nouveau rapport, le Groupement enchérit et met en avant l’effet de co-bénéfice d’une réduction des SLCPs (Short-Lived Climate Pollutants), dont beaucoup sont des polluants surveillés, notamment pour leurs effets sur la santé.

D’après les évaluations de la coalition « Climate and Clean Air Coalition to Reduce Short-Lived Climate Pollutants » du PNUE, une gestion intégrée encourage synergies et co-bénéfices. La diminution des composés à vies courtes (SLCPs)permettrait ainsi d’éviter chaque année 2,4 millions de décès prématurés liés à la pollution de l’air extérieur d’ici 2030 mais aussi près de 32 millions de tonnes de récoltes perdues, et ralentirait le réchauffement climatique de 0,5°C d’ici 2050.

Une diminution en masse des émissions de ces polluants ayant à la fois des conséquences sur la qualité de l’air et sur le réchauffement, comme le méthane, le carbone suie, l’ozone ou les oxydes d’azote est donc essentielle aux politiques climatiques pour les prochaines années. Cette gestion requiert cependant un niveau élevé de coopération internationale des États, ainsi qu’un investissement important des collectivités territoriales, de la société civile et des acteurs privés.