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1 août 2019
Air et Santé
Combustion de biomasse

[Rediffusion] Barbecue, qualité de l'air et santé

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Midis ensoleillés et douces soirées d'été : voilà qui donne assurément envie de faire des barbecues dans le jardin ou sur sa terrasse ! Et les Français en raffolent. Notre pays serait le deuxième pays, ex-aequo avec la Pologne, pour la pratique du barbecue : en moyenne les français font 17 barbecues par an et les allemands 19 d’après un sondage réalisé en 2016.
Atmo s’est intéressé à cette pratique estivale largement répandue pour comparer les différents appareils et modes de cuisson et leur impact sur l’environnement, en particulier sur la qualité de l’air, et sur notre santé.

Le barbecue au charbon de bois : attention à la fumée ! 

Les barbecues au charbon de bois, bien que très répandus (environ 60 % des ventes en France), émettent un mélange de substances polluantes pour l’air et pouvant occasionner des effets sur notre santé : particules fines, dioxyde de carbone, monoxyde de carbone, oxydes d’azote, composés organiques volatils, HAP…

Leur utilisation doit se faire impérativement dans un lieu bien aéré et ventilé sous peine d’accumuler, entre autres, du monoxyde de carbone, gaz nocif inodore et incolore potentiellement mortel.

Si les principaux risques, et de très loin, demeurent la brûlure et l'incendie, faire cuire ses merguez au charbon de bois libère des substances toxiques. En effet, lorsque l’on grille une viande au barbecue, la chaleur fait fondre ses graisses qui s’écoulent ensuite sur les braises. A forte température (plus de 300°C), dans un contexte de combustion incomplète, les fumées de cuisson libèrent des Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) dont certains, comme le benzo(a)pyrène, sont connus pour leurs propriétés cancérigènes, mais aussi des dérivés pyrolytiques d’acides aminés, qui peuvent être dangereux pour notre santé. Ces fumées toxiques peuvent alors se déposer sur les aliments ou être inhalées lors de la combustion du charbon de bois.
 
Néanmoins l’ensemble des données scientifiques actuellement disponibles montre que le risque de surexposition alimentaire à ces composés par l’utilisation de barbecue est tout à fait limité si certaines recommandations sont respectées. Consultez les recommandations de l’ANSES pour prévenir des risques d’exposition aux substances chimiques lors d’une cuisson au barbecue.

Pour les puristes qui souhaitent cuisiner au charbon, voici quelques conseils : 
- Choisissez du charbon 100% naturel, évitant ainsi les additifs contenus dans les briquettes. 
- Evitez autant que possible les allume-feu chimiques à base de pétrole qui contiennent des composés organiques volatils. Préférez donc les allume-feu électriques ou l’allumage à l’aide de branchages ou de la laine de bois…
- N’utilisez pas de bois de récupération qui a été traité ou peint, car sa combustion peut libérer des substances très toxiques ! 
- Assurez-vous que votre barbecue  ne soit pas trop près de la maison, car la fumée peut facilement entrer dans la maison par les portes et les fenêtres et dégrader la qualité de l’air intérieur de votre logement.

Quelles alternatives au barbecue au charbon ? 

Le barbecue à gaz

Les barbecues à  gaz sont soit reliés au gaz de ville lorsque c'est possible, soit, cas le plus répandu, à une bonbonne de gaz ou bouteille de propane. Les barbecues à gaz, qui ont le vent en poupe, ont l’avantage d’offrir une combustion plus propre que celle de leurs homologues qui fonctionnent au charbon, en plus de provoquer moins de déchets.

Un barbecue à gaz émet 500 fois mois de PM10 et 100 000 fois mois de B(a)P qu’un barbecue au charbon de bois.

Cependant, le barbecue à gaz réclame une attention plus particulière au niveau de son entretien afin d’assurer une combustion maximale et prévenir tout incident. Le contrôle de l’état de propreté et de fonctionnement des brûleurs, flexibles d’alimentation et éventuels circuits électriques est en effet à réaliser régulièrement.

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Le barbecue électrique

Très facile d’utilisation, le barbecue électrique a également l’avantage de ne pas générer de flammes. Avec un mode de cuisson exempt de toute émission polluante directe, les barbecues électriques observent un avantage majeur en termes de qualité de l’air mais aussi de sécurité à condition d’un entretien adapté et régulier.

Malgré ces avantages, ces appareils électriques présentent à l’inverse le défaut d’être souvent de grands consommateurs d’énergie.

 

Les barbecues au charbon de bois lors d'un épisode de pollution 

Afin de limiter l’ampleur des épisodes de pollution qui touchent le territoire Auvergne-Rhône-Alpes et d’en prévenir les effets négatifs sur le plan sanitaire et économique, l’arrêté cadre zonal signé par le préfet de région en mai 2017 prévoit un plan gradué de mesures de limitation ou d’interdiction des activités industrielles, agricoles, résidentielles et dans le secteur des transports.  Parmi les mesures qui concernent le secteur résidentiel, le texte prévoit l’interdiction des barbecues à combustible solide (bois, charbon, charbon de bois) durant un épisode de pollution. 

Même si les barbecues au charbon de bois contribuent seulement à 0,3 % des émissions de PM10 et 0,5 % des émissions B(a)P annuelles de la région, en été leur contribution peut largement augmenter.
En effet, une journée d’été, les émissions de PM10 et de B(a)P pourraient représenter respectivement environ 10 % et 40 % des émissions totales de la région, tous secteurs confondus. Ces pourcentages pourraient même atteindre plus de 40 % pour les PM10 et près de 70 % pour les HAP en zone péri-urbaine.

Ainsi, cette mesure de restriction de l’usage des barbecues lors d’épisodes pollués vise à ne pas ajouter une pollution de proximité qui viendrait s’ajouter à une situation déjà dégradée à une plus large échelle géographique. 
Dans des conditions météorologiques souvent stables (peu ou pas de vent) associées à un épisode de pollution, les polluants émis resteront près du sol et risqueront davantage d’être inhalés.

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Hypothèses de calcul : 1 kg de charbon de bois pour 400 g de gaz par barbecue  - 12 barbecues au charbon par an par foyer pratiquant un barbecue (sondage Idealo 2016) - Barbecues repartis de mai à septembre, à raison de deux fois par semaine sur les deux mêmes journées (les émissions sont donc concentrées sur 40 jours)

Pour la petite histoire… En Chine, le barbecue fait l’objet d’une interdiction à Pékin ! En novembre 2013, les autorités de la capitale ont détruit plusieurs centaines de barbecues extérieurs, utilisés dans les restaurants,  petites échoppes et vendeurs ambulants du « downtown » de la ville. Bien que très critiquée, cette mesure avait pour but de réduire les taux de particules dans l’atmosphère.

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