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Même en période de confinement, ils continuaient de vous distribuer le courrier ou de diagnostiquer un dysfonctionnement sur le réseau électrique, mais saviez-vous qu’ils pouvaient aussi, sur leur chemin, mesurer la qualité de l’air ? En installant des micro-capteurs de mesure de l’air sur leur flotte de véhicule, les fameuses voitures jaunes ou bleues, des entreprises historiques comme la Poste, via sa filiale GEOPTIS, ou encore ENEDIS innovent aujourd’hui dans le domaine de l’observation environnementale. 

Le micro-capteur de mesure, de l’innovation technique à l’opportunité économique

Une station fixe de mesure réglementaire de la qualité de l’air comprend plusieurs analyseurs qui mesurent en continu les niveaux de concentrations de différents polluants. Le coût moyen d'une station de mesure de la qualité de l'air est d'environ 70 à 100 000€. Ses dimensions moyennes sont d'environ 8 m2

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes déploie un réseau de 80 stations réglementaires de ce type sur tout le territoire régional et les exploite conformément à des standards français et européens. Ces résultats alimentent ensuite les outils statistiques et de modélisation permettant de produire des cartes de pollution et de prévision de grande précision. 

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Intérieur d’une station de mesure réglementaire de la qualité de l’air

Mais si nous arrivions à miniaturiser ces stations et démocratiser la mesure de qualité de l’air ? Pourrions-nous allez encore plus loin dans la finesse d’observation de la pollution ?

C’est la promesse que laisse entrevoir l’émergence des micro-capteurs de mesure de la qualité de l’air. 

Des micro-stations abordables mais moins fiables qui nécessitent l’expertise d’Atmo

Leurs  fiabilités sont moindres mais elles sont aussi moins coûteuses, peu encombrantes et relativement faciles à déployer. Les micro-stations permettent ainsi d’envisager la mise en place de larges réseaux de points de mesures innovants distribués sur nos territoires, qui viendraient augmenter la surveillance actuelle.  Les acteurs privés disposant de flottes de véhicules envisagent par ce biais une voie intéressante pour diversifier leur activité.

Car bien que novice dans l’ingénierie environnementale, les entreprises privées comme le groupe La Poste ou Enedis bénéficient d’un atout : une présence forte sur le territoire. A l’aide de micro-capteurs embarqués sur leur flotte de véhicules ou placés dans des bâtiments de leur réseau, ils peuvent ainsi permettre le recueil d’un grand nombre de données indicatives, complémentaires à celles des Associations Agréés de Surveillance de l’Air (AASQA).

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Des micro-capteurs de mesure de la qualité de l’air, installés sur des véhicules du groupe la poste

L’observatoire Atmo Auvergne-Rhône-Alpes étudie depuis plusieurs années ces nouvelles technologies et accompagne ces nouveaux observatoires expérimentaux de mesure de son expertise. C’est la condition indispensable pour assurer une cohérence entre le déploiement de ces nouvelles micro-stations et la surveillance réglementaire et qualitative de la qualité de l’air.

Vers des réseaux complémentaires de mesures embarquées de la qualité de l’air

C’est le cas aujourd’hui avec la societé Enedis et Le groupe La Poste, dont les projets s’ancrent respectivement sur les territoires de la Haute-Savoie et de la métropole de Lyon, avec des objectifs différents.
 

 

Le projet Sillonair 74 – un projet partenarial avec ENEDIS et PanetWatch 24


Porteur(s) : Atmo Auvergne-Rhône-Alpes et Enedis en partenariat avec la société PlanetWatch 24.
 

Ce projet expérimente la mesure des particules fines (PM2.5) en mobilité et complète ainsi l’information diffusée quotidiennement par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. Après des expérimentations dans Paris intramuros suivi de la Métropole Européenne de Lille (MEL), la Haute-Savoie est le troisième lieu d’expérimentation en France de ce dispositif. Sa particularité est de tester son efficacité sur un large département dans une zone de montagne.

Ainsi une partie de la flotte de véhicules bleus du distributeur d’électricité Enedis, soit 70 véhicules, ont été équipés de micro-capteurs Pollutrack, développés par la start-up  PlanetWatch24. Ils ont sillonné la Haute-Savoie de septembre 2018 à décembre 2019 , pour effectuer des mesures géolocalisées des niveaux de particules fines PM2.5 en temps réel. 

La première phase d’expérimentation de ce projet a permis une analyse poussée des 3 millions de données récoltées aboutissant, grâce à l’expertise technique d’Atmo Auvergne-Rhône, à des recommandations sur le déploiement de capteurs embarqués.

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a ainsi relevé un certain nombre de pistes d’amélioration pour faire évoluer ce type de projet. Des conclusions disponibles dans le rapport « Sillon’air - Retour d’expérience de la 1ere phase de mesures par µcapteur en mobilité sur le territoire de la Haute-Savoie » dont les recommandations sont resumées ci-dessous :

  • Nécessité de travailler avec des données brutes et non agrégées à un pas de temps fin (10 secondes par exemple)

  • Prise en compte indispensable des limites techniques du capteur

  • Un dimensionnement de la zone d’étude en fonction du nombre de capteurs indispensable pour garantir une bonne représentativité de la donnée

 

Le projet Geoptis


Porteur(s) : Métropole de Lyon, Geoptis et Atmo Auvergne-Rhône-Alpes.
 

Le projet Geoptis  propose une solution de mesure de la qualité de l’air en mobilité avec son partenaire Atmotrack, fournisseur de micro-capteurs. Lauréat du dispositif d’innovation [R] Challenge de la Métropole de Lyon en 2018, il a été retenu pour une première expérimentation sur le territoire de la métropole.

Ainsi, pendant un an, une flotte de 20 véhicules de La Poste a relevé la qualité de l’air à Villeurbanne. Ces premiers travaux encourageants ont conduit  à étendre le dispositif à trois communes de la métropole : 50 véhicules et une dizaine de bâtiments La Poste sont aujourd’hui équipés de capteurs mesurant les particules fines et le dioxyde d’azote. 

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Carte des points de mesures récoltés pendant la première phase d'expérimentation avec Geoptis dans le Nord-Est de la métropole Lyonnaise.

Ce dispositif exploratoire avait également pour objectif de venir compléter l’évaluation réglementaire de la Zone à Faibles Emissions (ZFE) du Grand Lyon, lancée en janvier 2020. Mais avec la crise sanitaire du Covid-19, ce type d’expérimentation ouvre de nouvelles perspectives en termes d’observation de l’impact de changement de comportement des citoyens sur la qualité de l’air. Impacté par la crise sanitaire et la période de confinement de la population, le projet a dû se réinventer. Ainsi, à l’annonce du déconfinement, les objectifs du projet ont été retravaillé et le dispositif a été réorienté pour permettre d’observer localement l’impact du trafic automobile liée à la reprise progressive de l’activité.  

Elles permettront notamment de préciser l’impact local des changements de comportements liés au déplacement des Grands Lyonnais, orientés par les nouveaux aménagements de la métropole dans le cadre de sa stratégie d’urbanisme tactique, comme par exemple l’élargissement des pistes cyclables.