Bilan 2017 - Isère

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Portrait du territoire

Un territoire dense mais contrasté

 

L’Isère est le 10ème département français par sa superficie (7 431 km2). Sa population est de 1,2 millions d’habitants répartie sur 521 communes. Un tiers de sa population réside dans la Métropole grenobloise.

Le département de l’Isère présente une grande diversité de paysages, d’occupation du sol et d’activités économiques (industrielle, touristique, agricole, commerciale). Le territoire se partage entre des zones urbaines denses connectées entre elles et à celles des départements voisins par des axes routiers structurants, des zones d’habitat périurbaines, des territoires ruraux agricoles ou naturels et deux plateformes industrielles majeures.

La région grenobloise et plus généralement le sud Isère sont des zones particulièrement sensibles à la pollution de l’air en raison d’un relief et d’une climatologie défavorables à la dispersion atmosphérique associés à des rejets de polluants importants (liés notamment au trafic routier, à l’utilisation assez répandue du chauffage au bois non performant et à l’activité industrielle).

Le nord du département de l’Isère est soumis à une grande diversité de sources de pollution. En effet, il est le siège d’une importante activité industrielle, d’un trafic routier important (de transit notamment). En outre, les zones rurales peuvent être à l’origine de polluants spécifiques (pesticides, ammoniac, pollen d’ambroisie…). Ainsi, le nord du département, malgré la présence d’un vent parfois important et dispersif, présente des enjeux de pollution de l’air notables.

Chiffres clés du territoire

  • 1 200 000
    habitants, dont 1/3 sur le territoire de la Métropole Grenebloise

     

  • 526
    communes

  • 7431 km2
    de superficie

 

 

enjeux DU TERRITOIRE

Les 4 enjeux d'une meilleure qualité de l'air

 

Comme sur le reste de la région, ce territoire est au carrefour de quatre enjeux.

Cliquez sur la carte ci-dessous pour voir le détail des enjeux.

 

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état de la qualité de l'air

 

L’Isère présente une sensibilité particulière à la pollution de l’air en raison de la diversité des activités de ce territoire dynamique (échanges routiers intenses, chauffage résidentiel, industrie, agriculture…) associées à des caractéristiques géographiques et météorologiques « contraignantes ».

Les seuils de référence concernant les particules en suspension, le dioxyde d’azote et l’ozone sont dépassés de manière récurrente. Les zones les plus exposées sont les fonds de vallées, les cœurs d’agglomérations (notamment agglomérations grenobloise et Viennoise) et les bordures de voiries routières

En Isère, les seuils réglementaires (valeurs limites) concernant les particules en suspension (PM10 et PM2,5) ne sont plus dépassés depuis 2014, en revanche, plus des trois quarts des habitants sont encore exposés à un dépassement du seuil préconisé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les particules en suspension sont majoritairement émises par le chauffage au bois individuel non performant et les transports routiers et secondairement par les secteurs industriel et agricole.

Le dioxyde d’azote (NO2) est un polluant gazeux émis majoritairement par les transports routiers. Les populations résidant à proximité des grandes voiries sont fortement exposées au NO2, à des niveaux qui peuvent dépasser le seuil réglementaire (valeur limite).

 

L’ozone (O3) est un polluant secondaire formé à partir de précurseurs (oxydes d’azote et composés organiques volatils) en présence de rayonnement ultra-violet. Les zones les plus exposées sont les territoires d’altitude et les zones périurbaines et rurales.

Cette situation a des conséquences réglementaires (pré-contentieux européen), sanitaires (par ex. il est estimé que l’exposition à la pollution atmosphérique est à l’origine de 114 décès par an dans l’agglomération grenobloise). Toutefois, si la situation est sensible, il convient de souligner qu’elle tend à s’améliorer lentement depuis 10 ans en raison de la conjugaison de mesures européennes, nationales et locales.

Au-delà de ces polluants réglementés touchant de nombreux habitants du département, des enjeux spécifiques doivent en outre être mentionnés :

  • L’Isère présente deux grandes plateformes industrielles, l’une dans le sud Grenoblois et l’autre dans le Pays roussillonnais. Les installations industrielles sont soumises à des normes réglementaires contraignantes qui ont permis une nette réduction de leurs émissions. Cependant, la nature des composés susceptibles d’être émis peut justifier dans certains cas une surveillance attentive. Les deux plateformes iséroises sont donc incluses dans le périmètre de deux « études de zone » (démarches conduites sur les territoires susceptibles de présenter une surexposition de la population en lien avec un cumul d’exposition multi-sources). Elles indiquent que la situation s’est améliorée depuis 2006 et que les niveaux enregistrés ne sont pas atypiques. Ces études mettent toutefois en évidence des points de vigilance concernant des polluants spécifiques (par ex. composés organiques volatils chlorés, dioxines…) qui justifient le maintien d’une surveillance rigoureuse. Il convient de préciser qu’outre les émissions directes de polluants, les chantiers sont susceptibles de remettre en suspension des matériaux pollués et doivent donc faire l’objet de précautions particulières.
  • L’ambroisie gagne du terrain en Isère. L’ambroisie est une plante envahissante dont le pollen émis en août et septembre est très allergisant. L’implantation de cette plante dans le nord Isère est ancienne et certains territoires ont mis en place des plans de gestion ambitieux qui permettent de maîtriser localement la situation. Dans le sud Isère où le sujet est assez nouveau et mal connu, l’ambroisie gagne du terrain et il est urgent d’engager des actions de lutte avant que son implantation devienne plus difficilement gérable.

 

Focus sur l'année 2017

A l’échelle régionale, comme en Isère, la tendance générale à l’amélioration de la qualité de l’air se confirme en 2017. Concernant les particules en suspension, 2017 est la première année au cours de laquelle aucune station de mesure de la région n’a montré de dépassement des seuils réglementaires (en Isère c’est déjà le cas depuis 2014).

 

A l’échelle régionale, comme en Isère, la tendance générale à l’amélioration de la qualité de l’air se confirme en 2017  

 

Si la situation tend à s’améliorer, elle reste sensible, en effet :

  • Plus de 95% des habitants de l’Isère restent exposés à un dépassement du seuil préconisé par l’OMS concernant les particules fines PM2,5. L’exposition des populations est encore plus marquée dans les agglomérations comme Grenoble ou Vienne.
  • Les populations résidant en milieu urbain et en bordure de grandes voiries routières sont exposées à des niveaux élevés de dioxyde d’azote (NO2). Près de 40 000 habitants de la région sont exposés à des niveaux supérieurs au seuil réglementaire. En Isère, ils sont 4 000 dont 3000 dans l’agglomération grenobloise.
  • Un peu plus de la moitié des isérois est exposée à des niveaux d’ozone qui dépassent la valeur réglementaire (valeur cible pour la santé). Les zones les plus exposées sont les territoires d’altitude et les milieux périurbains et ruraux.

 

 

CHIFFRES CLÉS

  • 0
    habitant concerné par le dépassement des valeurs réglementaires de PM10 ou PM2.5

Exposition des populations
  • 95 %
    des isérois sont exposés à des niveaux de particules en suspension supérieurs aux seuils préconisés par l’OMS

  • 4000
    sont concernés par des dépassements de la valeur réglementaire pour le dioxyde d’azote (NO2). Il s’agit majoritairement d’habitants de l’agglomération grenobloise (3000 personnes).

     

  • 50 %
    des habitants sont concernés par des dépassements dde la valeur cible ozone pour la santé.

     

 

Vigilances Pollution
  • 16
    journées concernées par une vigilance pollution un niveau information dans le Bassin Lyonnais Nord Isère  

  • 9
    journées concernées par une vigilance pollution un niveau information dans le Bassin Grenoblois  

  • 12
    journées concernées par une vigilance pollution un niveau Alerte dans le Bassin Lyonnais Nord Isère  

  • 14
    journées concernées par une vigilance pollution un niveau Alerte dans le Bassin Grenoblois  

 

Agir sur le territoire - leviers et actions

Les émissions de polluants atmosphériques diminuent depuis 10 ans sur le territoire isérois, comme sur le reste de la région. Les baisses observées ne suffisent toutefois pas à atteindre des concentrations dans l’air inférieurs aux seuils sanitaires de référence. Aussi, des efforts sont à poursuivre dans différents secteurs, en particulier sur :

  • les transports routiers (responsables de plus de la moitié des émissions d’oxyde d’azote dont la quasi-totalité imputable au diesel et d’environ 20% des émissions de particules en suspension),
  • le secteur résidentiel en particulier le chauffage au bois individuel non performant (responsable à lui seul de près de la moitié des émissions de particules en suspension)
  • l’industrie (environ un quart des émissions d’oxydes d’azote et d’environ 15% des émissions de particules PM10)
  • l’agriculture (près de 15 % des émissions de particules PM10).

La conception de l’urbanisme constitue en outre un moyen de maîtriser l’exposition de la population en évitant notamment l’implantation d’établissements recevant un public sensible dans les zones les plus exposées.

Différents plans d’actions en faveur de la qualité de l’air sont mis en œuvre sur le territoire isérois : Plan de Protection de l’Atmosphère, Plan de Déplacements Urbains de l’agglomération grenobloise, Plans Climat Air Energie Territoriaux, Primes Air Bois mises en place dans les territoires du bassin grenoblois, Programmes d’actions « Métropole respirable en 5 ans ». Ils visent à réduire les émissions polluantes sur ces différents secteurs d’activité.

CHIFFRES CLÉS

  • 1
    PPA

  • 13
    PCAET , adopté ou en cours d’élaboration qui ont besoin des données produites par l’observatoire

  • 3
    territoires ayant mis en place une Prime Air Bois

  • 1
    Plan « Métropole respirable en 5 ans » sur le territoire de Grenoble-Alpes Métropole, intégrant notamment la Prime Air Bois et la Zone à Basse Emission marchandise.

  • 1
    PDU adopté le 5 avril 2018 dans l’agglomération grenobloise

 

 

 

bilan des actions

Des plans pour améliorer la qualité de l'air dans l'Ain

 

Surveillance de la qualité de l’air

La surveillance de la qualité de l’air est assurée par une modélisation sur l’ensemble du département de l’Isère à une résolution de 10 mètres afin d’appréhender l’exposition chronique des habitants du territoire. Ces cartographies sont validées par les mesures des stations de référence implantées sur la région, dont 16 sur le territoire isérois.

A ce dispositif permanent s’ajoute ponctuellement des mesures par laboratoires mobiles. En 2017, 7 projets ont mobilisé des campagnes de mesures en Isère. Par exemple, le projet QAMECS qui vise à évaluer l’efficacité des actions mises en place dans la région grenobloise, le projet d’évaluation du séquestrant de particules Vair-Pur, le projet REPPAIR de surveillance des pesticides et un projet d’amélioration des connaissances sur l’ammoniac.

En outre, des dispositifs temporaires de mesure ont été mis en place pour assurer le suivi de deux sites industriels (Retia à Brignoud et Solvay à Pont-de-Claix) à l’occasion de chantiers de traitement de pollutions historiques. Plusieurs sites industriels sont également concernés par le programme de surveillance concernant les dioxines et les métaux lourds.

De manière quotidienne, une cartographie est produite et diffusée (résolution spatiale d’un kilomètre pour tout le département et 10 m pour l’agglomération grenobloise) afin de prévenir les épisodes de pollution.

10m

Résolution fine échelle

10 mètres, c'est la résolution de nos cartes d'exposition des population sur l’ensemble du département.

 

Accompagnement des acteurs territoriaux

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a accompagné la DREAL dans le cadre du suivi du PPA de la région grenobloise, de l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle et multi-partenariale identifiant les actions prioritaires d’amélioration de l’air et dans la révision de l’Arrêté Préfectoral sur la gestion des épisodes de pollution atmosphérique.

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes accompagne la Métropole de Grenoble dans la déclinaison de son plan d’actions « Métropole respirable en 5 ans ». En 2017, les travaux ont notamment porté sur la fourniture d’éléments d’aide à la décision concernant l’élaboration de la Zone à Basse Emissions, la prise en compte de la qualité de l’air dans l’élaboration du Plan Local d’urbanisme intercommunal, l’accompagnement technique du Plan Air Energie Climat et la gestion de son observatoire.

L’observatoire contribue au suivi et à l’évaluation des dispositifs Prime Air Bois mis en place de manière concertée par le Pays Voironnais, Le Grésivaudan et la Métropole.

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a accompagné le SMTC dans l’élaboration et l’évaluation du PDU de l’agglomération grenobloise et a aussi été partie prenante du projet GreenZenTag, un projet proposant une méthode de mesure innovante par micro-capteurs implantés sur les tramways.

Le citoyen acteur de la qualité de l'air

Les principaux leviers d’amélioration de la qualité de l’air sont entre les mains des citoyens : chauffage et mobilité. Il est donc essentiel que les citoyens soient outillés afin de pouvoir s’approprier les enjeux de la qualité de l’air et ainsi agir de manière éclairée. En 2016/2017, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a conduit l’expérimentation citoyenne Mobicit’Air qui a montré que la mesure individuelle constituait un levier puissant d’appropriation des enjeux de la qualité de l’air. Un atelier citoyen « J’explore la qualité de l’air » a en outre été organisé à l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air 2017. Sur la base des enseignements de Mobicit’Air, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes construira en 2018 « La Captothèque » : ce service offrira à chaque citoyen de la Région la possibilité d’emprunter des capteurs de pollution de l’air afin de réaliser une auto-évaluation de son exposition personnelle et de participer à une collecte collaborative de donnée de qualité de l’air.

 

 

Réunions du comité territorial 

 

Les comités territoriaux d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes constituent les lieux de concertation, d’élaboration des programmes et de communication au plus proches des préoccupations des acteurs du territoire. Ses membres assurent ainsi un lien fort sur le territoire et une remontée des besoins et attentes locales. Voici un tour d’horizon des sujets traités en 2017. 

28 mars 2017

présentation d’un premier bilan de qualité de l’air pour l’année 2017 et réflexions sur sur la participation citoyenne et l’innovation.

12 septembre 2017

un comité territorial « hors les murs » pour construire notre vision de la mesure citoyenne en EXPERIMENTANT. « Des micro-capteurs pour changer les comportements, rêve ou réalité ? »

5 décembre 2017

un comité territorial « à plusieurs voix » pour s’immerger dans la gestion au quotidien des épisodes de pollution : travail du prévisionniste, décision du préfet, actions des sur les territoires, communication

 

 

Les outils à disposition sur le territoire

 

 

Des outils pour accompagner les acteurs locaux

En complément de l’accompagnement réalisé aux côtés des partenaires locaux, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes met à disposition un certain nombre d’outils d’information et de diagnostics.
 
 

Ressources

  • Les résultats à l’échelle communale de son inventaire des émissions.
  • 1 cartothèque comprenant notamment les 7 cartographies régionales réglementaires réalisées chaque année.
  • Les données des 96 stations fixes réparties sur la région
  • Des bilans trimestriels et un bilan annuel par département
  • Les données air et bruit et air-climat-énergie produites dans le cadre des observatoires associés ORHANE, OREGES et ORECC.
 
 
 

Des outils pour informer et sensibiliser

Au quotidien, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes met à la disposition de tous sa prévision quotidienne de qualité de l’air à trois jours (aujourd’hui, demain et après-demain). Pour aller plus loin et mieux comprendre les enjeux liés à l’air, de nombreux contenus et supports multimédias sont proposés sur son site Internet.

Ressources

  • 1 prévision régionale
  • 1 prévision fine échelle quotidienne sur 10 agglomérations (115 Go de données quotidiennes)
  • 1 prévision régionale quotidienne (résolution 1km)
  • En saison, 1 carte hebdomadaire du risque d’exposition aux pollens et une carte quotidienne de prévision du risque allergique à l’ambroisie.
  • 1 site web
  • 1 application smartphone
  • 1 API