Bilan des épisodes de pollution 2015

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Si la qualité de l’air s’améliore globalement, des pointes de pollution subsistent, nécessitant l’activation de dispositifs d’information ou d’alerte par les pouvoirs publics, afin de limiter l’ampleur des épisodes et de protéger la population. Les épisodes de pollution atmosphérique affectent régulièrement la région Rhône-Alpes, et l’année 2015 n’a pas été épargnée.

En 2015, toutes zones confondues sur la région Rhône-Alpes, 58 journées ont connu un dispositif d’information ou d’alerte (prévu ou constaté) contre 53 en 2014 et 83 en 2013.

Nombre de jours d'activation d'un dispositif préfectoral en 2015 par zones - région Rhône-Alpes
Nombre de jours d’activations d’un dispositif préfectoral, par zones en 2015 en Rhône-Alpes

 

Nombre de jours d'activation d'un dispositif préfectoral en 2015 par mois - région Rhône-Alpes
Nombre de jours d’activations d’un dispositif préfectoral, par mois  en 2015 en Rhône-Alpes

Les particules PM10 sont à l’origine de 77% des activations et constituent toujours la problématique principale.

En début d’année, les mois de janvier et février ont été habituellement froids, avec plusieurs journées propices à l’accumulation des niveaux de particules émises par le trafic, les activités industrielles et le chauffage au bois (installations non performantes). 

  • Début janvier, 8 jours consécutifs en condition d'activation d’un dispositif préfectoral (PM10), dont 7 jours au niveau d’alerte sur la vallée de l’Arve. Le dispositif  a été activé d’abord en Haute-Savoie, puis a été étendu sur d’autres secteurs. Cet épisode a touché au même moment d’autres régions en France et en Europe (Italie et Suisse notamment).
  • En janvier, 2 autres jours consécutifs d’activation, dont 1 jour au niveau d’alerte les 20 et 21 janvier, mais uniquement sur la vallée de l’Arve.
  • Mi-février, 4 jours consécutifs en condition d'activation d’un dispositif préfectoral (PM10), dont 2 jours au niveau d’alerte sur la vallée de l’Arve. Le Bassin lyonnais Nord-Isère et la Vallée du Rhône ont également été concernés, avec des dispositifs activés au niveau d’information. 
  • En février, 4 autres journées consécutives (PM10), dont 2 jours au niveau d’alerte mais uniquement sur la zone de la vallée de l’Arve.

Au début du printemps, le mois de mars a connu une longue période anticyclonique qui a conduit à un épisode de grande ampleur sur l’ensemble de la région, avec des particules provenant de sources mixtes : particules primaires et secondaires issues du trafic, des industries, du chauffage et des émissions liées aux épandages agricoles.

  • Du 8 au 22 mars, 12 jours non-consécutifs en condition d'activation d’un dispositif préfectoral (PM10), avec 6 jours au niveau d’alerte sur certaines zones dont 2 journées en alerte régionale. Ce fût le plus gros épisode de 2015 à l’échelle régionale.

En été, contrairement à l’année dernière, les conditions caniculaires ont conduit au retour des épisodes liés à l’ozone. L’été 2015 a été marqué par 11 journées d’activation du dispositif préfectoral toutes zones confondues, réparties sur 3 périodes :  

  • 8 jours consécutifs du 30 juin au 7 juillet : cet épisode a touché la majorité des zones de la région, avec un dispositif préfectoral d’alerte mis en place durant 4 jours sur le bassin grenoblois.
  • 1 jour d’activation au niveau d’information, le 16 juillet, touchant la majorité des zones surveillées (zones du bassin lyonnais-Nord Isère, bassin grenoblois, Vallée du Rhône, Pays de Savoie, Vallées Maurienne-Tarentaise, Est Drôme et zone Alpine de Savoie).
  • 2 jours consécutifs les 6 et 7 août, avec un dispositif activé au niveau d’information sur le bassin lyonnais nord Isère, le bassin grenoblois, la vallée du Rhône, le bassin lémanique, l'Est Drôme et l'Ouest Ardèche.

Sur la fin de l’année, malgré un mois de décembre exceptionnellement chaud selon Météo-France, la région a connu 2 gros épisodes liés aux particules :    

  • Mi-novembre, 4 jours consécutifs, uniquement sur le bassin lyonnais Nord-Isère, avec un dispositif activé au niveau d’information.
  • Début décembre, 6 jours consécutifs en condition d'activation d’un dispositif préfectoral. Cet épisode a touché majoritairement le Bassin lyonnais Nord-Isère et la Vallée de l’Arve, avec 2 jours au niveau d’alerte. D’autres zones ont été activées certains jours au niveau d’information (bassin grenoblois, vallée du Rhône, zone urbaine des pays de Savoie)
  • Sur la 2ème moitié de décembre, 7 jours d’activation non-consécutifs au niveau d’information. Cet épisode concernait la vallée de l’Arve, avec 2 jours d’activation également sur le bassin lyonnais Nord-Isère.

ZOOM sur 3 épisodes 

Episode de particules PM10 du 31 décembre 2014 au 9 janvier 2015

Episode de particules PM10 du 8 au 22 mars 2015

Au cours du mois de mars 2015, d’importants épisodes de pollution particulaire ont impacté la métropole lyonnaise, en particulier le grand quart Nord-Est de la France et le bassin Rhône-Alpin.
Depuis 1 ou 2 ans, Air Rhône-Alpes et d’autres AASQA ont commencé à se doter d’instruments de mesure automatique permettant de fournir en temps quasi-réel des éléments sur la caractérisation chimique des particules et donc, dans une certaine mesure, des indications sur l’origine des émissions de ces particules.  Grâce à l’ensemble des données disponibles sur le territoire national, le LCSQA a pu faire rapidement une analyse préliminaire de cet épisode, qui se découpe en trois périodes distinctes :

  • un début d’épisode (du 5 au 13 mars), caractérisé par une forte contribution de la matière organique dans les concentrations de particules, issue principalement des émissions locales de combustion (dont chauffage au bois).
  • une deuxième période (du 17 au 21 mars), dominée par des aérosols inorganiques secondaires, qui suggère une influence non-négligeable des émissions du trafic automobile et des activités industrielles combinées aux émissions liées aux épandages d’engrais azotés dans les zones agricoles, auxquels s’adjoignent des phénomènes de transports de polluants.
  • une troisième période (postérieure au 21 mars) caractérisée par une chute des concentrations, en raison notamment de l’augmentation des vitesses de vent.

Episode d’Ozone du 30 juin au 7 juillet 2015

L’été 2015 aura été marqué par des températures caniculaires. En effet, au cours du mois de juillet deux vagues de chaleur ont été observées en tout début, puis en milieu de mois, durant lesquelles de nombreux records de températures ont été enregistrés. Selon Météo-France le mois de juillet 2015 se place au 3ème rang des mois de juillet les plus chauds depuis 1900,  derrière 2006 (écart de +3.6 °C) et 1983 (écart de +2.6 °C).
En Rhône-Alpes, le bassin grenoblois a été particulièrement impacté par cet épisode en termes de concentration d'ozone. D’autres secteurs ont également connu plusieurs journées de déclenchement du dispositif préfectoral, notamment le bassin lyonnais Nord-Isère, les Pays de Savoie, la vallée du Rhône,…. mais avec des teneurs en ozone sensiblement plus faibles.
Au plus fort de l'épisode, près de 20% de la surface et environ 40% de la population de la région  Rhône-Alpes ont subi des teneurs en ozone dépassant le seuil horaire recommandé de 180 µg/m3.
Simultanément, d’autres territoires étaient impactés, en France (PACA et région parisienne, selon les jours), mais également dans d’autres pays, notamment en Italie, en Suisse, en Allemagne et aux Pays-Bas. Bien que non généralisé et non exceptionnel, cet épisode a cependant impacté une part non négligeable de la population européenne.

Et par rapport aux années précédentes ? 

L’analyse rétrospective des épisodes de pollution à l’ozone montre que 2003 reste une année "exceptionnelle" en termes de concentrations maximales et de nombre de jours de dépassements des seuils réglementaires. Mais l’épisode estival de cette année 2015 s'inscrit tout de même parmi les plus importants des 12 dernières années.

Nombre de jours d’activation d’un dispositif préfectoral, en Rhône-Alpes - 2011 à 2015
Nombre de jours d’activations d’un dispositif préfectoral, en cas d’épisode de pollution de 2011 à 2015 en Rhône-Alpes

Depuis 2011, les 5 zones les plus touchées par des épisodes de pollution sont pratiquement les mêmes chaque année : bassin lyonnais Nord-Isère, vallée de l’Arve, zone urbaine des pays de Savoie, bassin grenoblois et vallée du Rhône. 

Nombre de jours d’activations d’un dispositif préfectoral, en cas d’épisode de pollution – 2011 à 2015
Nombre de jours d’activation d’un dispositif préfectoral, en Rhône-Alpes de 2011 à 2015 en Rhône-Alpes

En termes de nombre de jours d’activation du dispositif d’information ou d’alerte, la baisse observée depuis 2014 est essentiellement due à l’évolution du dispositif inter-préfectoral qui se base non plus sur des données ponctuelles recueillies sur des stations de mesure, mais sur les cartes quotidiennes de constat et de prévision de la qualité de l’air. Cela ne veut pas forcément dire qu’il y a moins de dépassements aux stations, mais ce dispositif permet de mieux caractériser la zone impactée en terme de surface et le nombre d’habitants touchés par un épisode de pollution. 

ATTENTION : Cette analyse ne constitue qu’une vision partielle de la qualité de l’air en Rhône-Alpes en 2015 puisque le dispositif inter préfectoral ne prend en compte que certains polluants réglementés.
Un bilan complet de la qualité de l’air en Rhône-Alpes en 2015 a été diffusé fin avril 2016
Il comporte des informations sur la situation de chaque polluant vis- à-vis de la réglementation,  des données réactualisées sur les sources de pollution, ainsi que des cartes d’exposition des populations en Rhône-Alpes.