Chauffage au bois et qualité de l'air

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Le chauffage au bois suscite de nombreuses interrogations. Selon les conditions d’utilisation et l’appareil de chauffage utilisé, il peut avoir de fortes répercussions pour la qualité de l’air extérieure et celle de votre domicile. Atmo vous aide à mieux comprendre les répercussions du chauffage au bois sur la qualité de l’air, connaître les bons gestes à adopter et découvrir les actions mises en œuvre sur les territoires.

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Le chauffage au bois peut-il nuire à la qualité de l’air?

OUI ! Au quotidien et lors des épisodes de pollution, le chauffage, en particulier le chauffage au bois non performant émet de nombreux polluants dans l’air et contribue à la dégradation de la qualité de l’air.

Le chauffage au bois non performant, une source majoritaire de particules, particulièrement en période hivernale

En moyenne sur l’année, les mauvais usages du chauffage au bois peuvent contribuer jusqu’à 67% des émissions de particules PM10 et 67 % de particules fines (PM2,5). Mais c’est bien évidemment en hiver, lors de la saison de chauffe, que la contribution du chauffage à la pollution de l’air est la plus importante.

Ainsi à l'échelle de la région Auvergne-Rhône-Alpes, les mauvais usages du chauffage individuel au bois peuvent contribuer jusqu’à 80 % des émissions de particules sur la saison hivernale voire même 85 % un jour de grand froid.

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Le chauffage résidentiel, source d’autres polluants dans l’air

Le chauffage résidentiel, notamment au bois, est émetteur d’autres composés nocifs pour la santé, tels que des composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) et des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ces émissions sont essentiellement causées par les foyers ouverts et les appareils non performants, y compris lorsqu’ils sont utilisés de manière épisodique (agrément ou appoint).

Par ailleurs, le chauffage individuel au bois n’est pas le seul mode de chauffage à l’origine de rejets polluants, la combustion du fuel ou même du gaz génère des polluants. Cependant, pour les particules, il est très largement majoritaire : 96% des émissions de particules fines du chauffage proviennent des installations de chauffage au bois individuel.

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Le chauffage au bois, une part de responsabilité dans la survenue des épisodes de pollution

En 2020, 78% des journées de vigilances ont été provoquées par un risque de dépassement des seuils réglementaires de particules PM10.

Ces vigilances, essentiellement réparties sur les mois de janvier et novembre 2020, ont été concomitantes avec des périodes de grand froid sur la région, périodes durant lesquelles l’utilisation du chauffage au bois non performant est la plus répandue (en foyer principal ou en appoint).

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Tous les appareils de chauffage au bois se valent-ils ? Y a-t-il des pratiques à éviter ?

Non, tous les appareils de chauffage au bois ne contribuent pas à la pollution de l’air. Et oui, pratiques d’utilisation sont à proscrire car elles contribuent aux émissions de polluants dans l’air.

En raison des mauvaises conditions de combustion du bois, ce sont les cheminées ouvertes et les appareils fermés anciens qui contribuent fortement à la pollution de l’air.

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Cependant, d’autres facteurs influent également sur les émissions de particules :

- Un bois humide. Avec un bois contenant plus de 25% d’humidité, on constate une augmentation quasi-exponentielle des émissions de monoxyde de carbone (CO), de composés organiques volatiles (COV) et de particules.

- Des essences de bois très émissives comme les résineux.

- L’utilisation de son appareil à allure réduite (sans flamme, chauffage allumé toute la nuit, etc.). Une combustion nocturne sans flammes engendre 2 à 3 fois plus de particules en allure réduite, 20 fois plus en allure très réduite.

- Le type d’allumage du feu. 80% des émissions sont produites dans les 10-15 premières minutes de combustion. Il est important d’éviter, du fait d’un manque d’air, l’emballement de la réaction de combustion au démarrage (feu très vif), car celui entraine un pic d’émissions polluantes.

La pollution due au chauffage au bois est-elle la même partout dans la région ?

NON ! ce sont les zones rurales et d’altitude qui sont les plus touchées. Cependant, les particules se déplacent sur de larges zones. Aussi, il est important de limiter les sources d’émissions pour avoir un bénéfice global sur l’ensemble de la région.

Les émissions dues au chauffage au bois s’accentuent dans les zones rurales d’altitude et dans les zones périurbaines ou de plus forte rigueur climatique (Haute-Savoie, Ardèche, Cantal, Haute-Loire) car le mix énergétique des logements comporte en général davantage de bois et le chauffage nécessite un apport énergétique supérieur aux zones de plaines.

A l’inverse, les émissions dues au chauffage au bois sont plus modérées dans l’hyper centre des agglomérations (Métropole de Lyon, Valence, Clermont-Ferrand) qui comportent moins de logements individuels et d’équipements de chauffage au bois, et dans le sud-est de la région qui bénéficie d’un climat plus doux (département de la Drôme).

 

Le chauffage au bois nuit-il à la qualité de l’air de mon logement ?

Dans certains cas !

Différentes études ont évalué l’impact des appareils de chauffage au bois dans la dégradation de la qualité de l’air intérieur. Les résultats montrent qu’il est difficile d’apprécier l’effet de la combustion du bois alors que l’air intérieur des logements est déjà très dégradé par d’autres sources d’émissions de polluants (produits d’entretien, matériaux de construction et de décoration, …). Il est tout de même mis en évidence que pour certains logements utilisant des appareils vétustes (foyer ouvert, appareil ancien) et du bois de mauvaise qualité (pas assez sec ou provenant de récupération) la qualité de l’air intérieur est fortement dégradée.

En effet, une part plus ou moins importante des rejets de la combustion (CO2, particules fines, NOx, COVNM …) se retrouvent dans l’air intérieur des logements. Les quantités varient selon la qualité de l’appareil et du combustible et leur concentration dans l’air intérieur fluctue selon la qualité de la ventilation du logement.

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Visualiser des mesures d'air intérieur sur la Captothèque

 

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Quelles sont les bonnes pratiques pour limiter l'impact de votre chauffage sur la qualité de l'air ?

Meilleure isolation de l’habitat, appareils performants et labellisés, bois sec et de bonne qualité, ramonage et entretien régulier de son appareil de chauffage, allumage du feu par le haut : les bonnes pratiques ne manquent pas pour concilier qualité de l’air et chauffage au bois.

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Bon à savoir !

Un appareil labellisé flamme verte 5* émet environ 100 fois moins de particules dans l'air qu'une cheminée à foyer ouvert.

Quelques actions citoyennes :

J'opte pour un chauffage au bois fermé et performant à la place de ma cheminée ouverte

J'utilise du bois sec de qualité et de petites bûches pour alimenter mon appareil de chauffage au bois

Je régule ma consommation de chauffage

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► Pour décourvrir d'autres actions, rendez-vous sur Air attitude !

Existe-t-il des aides financières pour renouveler mon appareil au bois ?

OUI !

Les fonds Air Bois proposent, sur certains territoires, une aide financière aux particuliers souhaitant renouveler leur appareil de chauffage individuel au bois performant. Cet appui financier est cumulable avec d’autres avantages tels que le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) et l’éco-prêt à taux zéro. Les Fonds Air Bois sont généralement un des volets d’une démarche globale

concernant la lutte contre la pollution liée au chauffage au bois non performant. Elle peut inclure des campagnes de communication et des ateliers « bonnes pratiques » à destination du grand public, l’animation d’un club des professionnels du chauffage au bois etc.

En Auvergne-Rhône-Alpes, plusieurs opérations de renouvellement du parc ancien des appareils de chauffage individuel au bois peu performant ont été mis en place par les collectivités et soutenus par l’ADEME.

D’autres acteurs, Etat et collectivités notamment s’engagent-ils pour la qualité de l’air ?

OUI !

Afin de réduire les émissions de particules fines issues du chauffage au bois, plusieurs actions sont mises en œuvre par l’Etat et les collectivités :

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Diverses actions dans ce domaine sont prévues par les Plans de Prévention de l’Atmosphère (PPA).

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes accompagne les collectivités territoriales dans la mise en place, le suivi et l’évaluation en termes de qualité de l’air des Fonds Air Bois.

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