Edito et rapport moral du Président

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Après une année de Présidence à Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, constituée en juin 2016 suite à la mise en place de la nouvelle région, quel regard portez-vous sur l’AASQA régionale ?

Je connaissais le travail des AASQA de l’extérieur, en tant qu’élu. Mais j’ai pu mesurer après ces premiers mois combien ces structures, plutôt discrètes en apparence, étaient un vrai atout pour nos territoires.  Lieu de débat au niveau local comme régional, elles permettent de préparer les décisions et les actions, de trouver des points d’équilibre entre les différents acteurs pour poser la base d’actions communes, permettre d’évaluer leur efficacité.

Carrefour de l’expertise sur la qualité de l’air, l’AASQA éclaire les positions des différents acteurs par une parole résumant objectivement l’état des connaissances. 

Notre structure régionale est par ailleurs tournée vers une vision d’avenir, ouverte aux innovations et partenariats divers. Je peux témoigner de la mobilisation permanente des services pour accompagner les acteurs, valoriser les actions des territoires, offrir le meilleur accompagnement possible des acteurs économiques comme du public. Ce capital pour notre région ne doit pas être mis en danger par un modèle économique aujourd’hui déstabilisé : la mobilisation actuelle d’Atmo France et les initiatives prises sur ce sujet sont essentielles pour garantir une continuité du dispositif de surveillance national, au bénéfice de tous les territoires.

Que retenez-vous des travaux de la dernière année ?

Tout d’abord la fusion d'Atmo Auvergne et d'Air Rhône-Alpes, que l’on oublie presque déjà et qui a été menée dans un esprit constructif du côté administrateurs comme salariés. Il ne faut toutefois pas occulter l’énorme travail, en sus des missions techniques, que ce type d’opération peut représenter pour les équipes, d’autant que pour certains il s’agissait de la 3ième en moins de 10 ans ! Je retiens aussi une montée importante des exigences sociales vis-à-vis de la qualité de l’air que nous avons pu mesurer au travers des épisodes hivernaux et que j’expérimente chaque jour dans mon territoire d’ancrage de la vallée de l’Arve. Je citerais encore l’arrivée de textes réglementaires structurants pour la profession : loi sur la transition énergétique, loi pour une république numérique, nouvel arrêté d’agrément, le plan PREPA, et la sortie de nouvelles orientations pour les dispositifs préfectoraux sur les épisodes pollués. C’est beaucoup pour quelques mois : nous avons essayé de mettre toutes ces nouveautés en musique dans notre PRSQA 2017-2021, en continuant nos avancées techniques et de communication : modélisation 3D, premières applications numériques avec Air To Go. Cette intense activité a mis en tension nos équipes, qui doivent à présenter trouver le temps de se stabiliser et de finaliser leur organisation.

Mais le dernier bilan de la qualité de l’air montre une efficacité globale des actions menées, c’est un résultat dont nous pouvons être collectivement fiers, même si nous ne sommes pas au bout du chemin.

Comment envisagez-vous 2017 et les années à venir pour Atmo Auvergne-Rhône-Alpes ? 

Beaucoup de signes convergent pour montrer que nous sommes à un tournant : arrivée de nouvelles méthodes de surveillance de l’air, vision nouvelle de la qualité de l’air non comme une nuisance à traiter sous l’angle réglementaire mais un facteur de bien-être, partenariats élargis avec l’arrivée de la profession agricole ou de nouveaux secteurs économiques utilisateurs de nos données, coopération renforcée avec les acteurs des territoires notamment sur l’énergie ou dans le domaine sanitaire.  Un grand effort d’adaptation est demandé à nos équipes qui se sont engagées dans ces changements, tout en consolidant les missions régaliennes.

Reste qu’il convient aujourd’hui d’adapter les moyens aux ambitions, tout en conservant les grands équilibres, notamment financiers, qui font le succès de notre modèle de gouvernance et nous permettent d’œuvrer dans l’intérêt général. C’est essentiel, la crédibilité de nos observatoires et par ricochet, des actions réalisées sur nos territoires en dépend.