Le brûlage des déchets verts

Brûlage de déchets végétaux
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Bien qu’interdit, le brûlage des déchets verts reste une activité pratiquée qui contribue à la dégradation de la qualité de l'air en Auvergne-Rhône-Alpes. Différents polluants sont émis, dont des particules fines et autres composés cancérigènes, entraînant un risque accru pour la santé.
En dehors de dérogations préfectorales, le brûlage de déchets verts est interdit par le Règlement Sanitaire Départemental depuis de nombreuses années, et peut faire l’objet d’une contravention de 450 euros. Pourtant, on estime que 9% des foyers  pratiquent le brûlage à l’air libre des déchets de jardin (extrapolation régionale des résultats d’une étude nationale de l’ADEME).
Des solutions alternatives respectueuses de la qualité de l’air, individuelles ou collectives, existent : compostage, paillage, broyage, collecte en déchetterie. Contrairement à une idée reçue, l’apport en déchetterie est en effet largement préférable à une combustion à l’air libre pour la qualité de l’air !
 

Une activité émettrice de polluants atmosphériques et dangereuse pour la santé

Outre les risques d’incendie qu’il génère, le brûlage des déchets verts est à l’origine de troubles de voisinage causés par les odeurs et fumées. Il contribue significativement à la dégradation de la qualité de l'air. Il nuit à l’environnement et à la santé.

 

Le brûlage à l’air libre dégrade la qualité de l’air

Le brûlage à l’air libre des déchets verts est fortement émetteur de polluants atmosphériques :
- des particules (PM),
- des oxydes d’azote (NOx),
- des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP),
- du monoxyde de carbone (CO),
- des composés organiques volatils (COV),
- du benzène,
- des dioxines et furanes,

Les conditions de brûlage des déchets verts conduisent à une combustion imparfaite des résidus de végétaux et émettent bon nombre d'imbrûlés, d’autant plus que les végétaux sont humides.
La toxicité peut être nettement accrue quand sont associés d’autres déchets comme par exemple des plastiques, des bois traités, des papiers souillés, du carburant, etc.

 

Des effets sur la santé

Le brûlage des déchets verts, en dégradant la qualité de l’air des territoires, a des conséquences générales sur la santé. Les effets sont renforcés pour les personnes directement exposées.
Le brûlage des déchets verts émet des niveaux importants de particules qui ont un impact sanitaire avéré.
Ces particules véhiculent des composés cancérigènes comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques(HAP), des dioxines et furanes, du benzène.

 

La réalité des chiffres

Brûler 50 kg de végétaux :
émet autant de particules qu’une voiture à moteur diesel récente qui parcourt 13000 km …
… et produit jusqu’à 700 fois plus de particules qu’un trajet de 20 km à la déchetterie !

Le brûlage de 50 kg de végétaux émet autant de particules que :

  • 14 000 km parcourus pour une voiture essence récente (13 000 km pour une voiture essence très ancienne),

  • 13 000 km parcourus pour une voiture diesel récente (1 800 km pour une voiture diesel très ancienne),

  • 12 mois de chauffage d’une maison équipée d’une chaudière fuel performante,

  • 3 semaines de chauffage d’une maison équipée d’une chaudière bois performante.

Graphique brûlage déchets verts 2016

L’apport des végétaux en déchetterie (trajet de 20 km supposé) est systématiquement plus favorable qu’une combustion sur place pour la qualité de l’air.
Le bilan est particulièrement favorable pour les particules, les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques et les Composés Organiques Volatils. Bien que moins favorable pour les oxydes d’azote, il reste toutefois positif.

 

L’interdiction du brûlage des déchets verts

 

Zoom sur les déchets concernés

Les déchets verts sont des déchets issus de végétaux, quels qu’ils soient. Il s’agit de déchets issus de la tonte de pelouses, de la taille de haies et d’arbustes, d’élagages, de débroussaillement et autres pratiques similaires. Le degré de sécheresse des déchets n’a aucun lien avec la qualification de « vert ».
« S’ils sont produits par des ménages, ces déchets constituent alors des déchets ménagers … les déchets biodégradables de jardins et de parcs relèvent de la catégorie des déchets municipaux, entendus comme déchets ménagers et assimilés » (extrait de la circulaire du Ministère chargé de l'Ecologie du 18 novembre 2011).

 

Les textes de référence interdisant le brûlage des déchets verts

Les Règlements Sanitaires départementaux (article 84) interdisent le brûlage à l’air libre de tous les déchets ménagers et assimilés, ce qui comprend les déchets verts.

Les entreprises, notamment d’espaces verts et paysagistes, sont tenues d’éliminer leurs déchets verts par des voies respectueuses de l’environnement (articles L541-1 et 541-2 du Code de l’Environnement) en respectant la hiérarchie des modes de traitement :

  1. Réutilisation

  2. Recyclage

  3. Toute autre valorisation, notamment la valorisation énergétique

  4. Élimination

Des solutions existent

Des solutions alternatives existent pour valoriser les déchets verts :

  • la tonte mulching : elle consiste à déposer l’herbe broyée directement sur la pelouse.
  • le compostage individuel : les déchets organiques tels que déchets de jardin, déchets de tontes, déchets alimentaires peuvent être compostés et fournir un engrais de bonne qualité.  Un broyage préalable nécessaire pour les végétaux de plus gros diamètre permet d’apporter de la matière ligneuse favorable à l’aération. Certaines collectivités proposent des aides à l’achat d’un composteur ou mettent des composteurs individuels à disposition.
  • le paillage : cette technique consiste à recouvrir les plantations et le sol de déchets organiques broyés pour le nourrir et/ou le protéger. Il évite le développement des mauvaises herbes, crée une rétention d’humidité et fertilise le sol. Là aussi un broyage préalable est nécessaire pour les végétaux de plus gros diamètre. Certaines collectivités proposent des locations de broyeur ou des prestations de broyage à domicile. Des aires de broyage peuvent être aménagées par les collectivités.
  • la collecte en déchetterie ou la collecte sélective en porte-à-porte. Le niveau de particules qui pourraient être générées par le brûlage de végétaux est bien supérieur à celui du trajet. Les déchets sont ensuite valorisés.
  • la valorisation organique : les déchets verts collectés sont généralement transférés sur des plates-formes de compostage pour valorisation organique.
  • la valorisation énergétique: la méthanisation des déchets verts est une solution rentable pour des volumes importants. Elle fournit du biogaz permettant la production de chaleur et/ou d’électricité. Il est également possible d’utiliser les déchets verts comme combustible.

Il est également possible de limiter la production de déchets verts en ayant recours à des pratiques d’entretien des espaces verts adaptées : choix des espèces végétales, adaptation du calendrier des tontes et des élagages, etc.

 

Une vraie nécessité de communiquer et de sensibiliser les particuliers et professionnels.

Avec des données fournies par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, la Préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes et la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes ont publié plusieurs plaquettes d'information :
- "Le brûlage à l'air libre, une pratique polluante"
Pour mieux respirer, ne brûlez pas vos déchets verts, à l'attention des maires et des particuliers

Pour vous accompagner dans la communication sur l’interdiction du brûlage des déchets verts, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a également réalisé un film et élaboré un kit de communication, kit qu’il met à disposition de tous pour inciter chacun à adopter des pratiques plus respectueuses de l’environnement :
http://delair.air-rhonealpes.fr

Les responsables des collectivités peuvent être amenés à intervenir par rapport à la pratique de brûlage des déchets verts pourtant interdite, que ce soit pour :

  • faire appliquer l’interdiction,

  • s’assurer de la bonne élimination des déchets verts,

  • communiquer auprès des citoyens !