Les territoires en débat : zoom sur la vallée de l’Arve

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La qualité de l’air est un sujet de préoccupation majeur pour les habitants de la vallée de l’Arve. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes réalise depuis de nombreuses années une surveillance fine de ce territoire. Afin de permettre à tous ceux qui le souhaitent de s’informer et de mieux comprendre les enjeux, vous trouverez sur cette page les réponses aux questions que vous nous posez fréquemment et différentes ressources bibliographiques.

Cette page est vouée à évoluer au fil de vos questions. Si certaines restent sans réponses, si vous souhaitez des précisions sur certains sujets ou si vous avez des remarques, n’hésitez pas à nous contacter et à consulter la FAQ

 

Vos questions, nos réponses : comprendre la situation et les informations liées - Sommaire :

Quelles sont les obligations réglementaires d'Atmo Auvergne-Rhone-Alpes vis-à-vis de la qualité de l’air ? Quelle est la stratégie de surveillance sur ce territoire ?​

D’où provient la pollution dans la Vallée de l’Arve ? Quelles sont les actions de réduction des émissions mises en place ?

Qualité de l’air dans la Vallée de l’Arve : quelle est la situation actuelle et comment évolue-t-elle ?

Comment trouver les informations de qualité de l’air, et comment contribue l’observatoire à l’amélioration des connaissances sur ce territoire ?

 

Quelles sont les obligations réglementaires d'Atmo Auvergne-Rhône-Alpes vis-à-vis de la qualité de l’air ? Quelle est la stratégie de surveillance sur ce territoire ?

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Afin d’évaluer l’impact de la pollution de l’air sur la santé humaine et les écosystèmes, d’informer la population, de fournir des données permettant d’orienter les politiques publiques et d’en évaluer l’efficacité, et bien sûr d’améliorer la qualité de l’air, les Etats membres de l’Union Européenne doivent respecter des obligations réglementaires. Ces obligations portent à la fois sur le dispositif de surveillance et d’information, la maitrise des émissions polluantes et les taux de pollution à ne pas dépasser dans l’air ambiant.

Dans ce contexte réglementaire, les missions de surveillance et d'information  d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes et de toutes les AASQA équivalentes sont définies par l’arrêté du 19 avril 2017 relatif au dispositif national de surveillance de la qualité de l'air ambiant.

En outre, ces missions, qu’elles soient réglementaires ou non, doivent être décrites dans un plan quinquennal régional de surveillance de la qualité de l’air (Synthèse du PRSQA 2017-2021).

L'Arrêté du 19 avril 2017 et le PRSQA 2017-2021 permettent donc de connaitre la stratégie et les modalités de surveillance de la qualité de l’air (qui est une obligation) aux niveaux national et régional, laquelle stratégie découle du code de l’environnement (qui transpose et explicite des directives européennes2) mais aussi des orientations données par le Conseil d’Administration d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes.

Evidemment, la mise en œuvre de tous les travaux des AASQA suppose un financement, lequel est assuré principalement par 3 des 4 collèges membres de l’association : Etat, Collectivités territoriales et activités concourant à l’émission de polluants.

Dès lors que l'AASQA remplit ces obligations réglementaires, rien ne l’empêche de mener d’autres travaux, notamment d’amélioration des connaissances, les conditions étant que ces travaux s’inscrivent dans les programmes du PRSQA, que le Conseil d’Administration valide leur réalisation, et de trouver un financement.

Les polluants devant obligatoirement faire l’objet d’une surveillance

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La réglementation relative à la surveillance de la qualité de l’air ambiant fixe les zones dans lesquelles elle doit s’exercer, les pas de temps, les méthodes (mesure, évaluation objective, modélisation), les polluants….

On distingue des polluants soumis à des valeurs réglementaires (valeurs limites ou cibles), compte tenu de leur impact potentiel sur la santé ou les écosystèmes, et des polluants qui visent à comprendre le comportement des premiers (composition chimique, précurseurs) ou à déceler des phénomènes de transport à grande distance.

Seuls sont évoqués ci-dessous les polluants soumis à valeur réglementaire, les autres composés, mesurés notamment dans des sites ruraux, sont décrits dans l’annexe 1 de l’arrêté du 19 avril 2017. La surveillance des ces derniers ne s’impose pas dans l’Arve d’un point de vue réglementaire.

Polluants à surveiller dans l’air ambiant compte tenu de la réglementation :

  • Dioxyde d'azote (NO2) / Oxydes d'azote (NOx)
  • Particules PM10 / Particules PM2,5
  • Dioxyde de soufre (SO2)
  • Ozone (O3)
  • Monoxyde de carbone (CO)
  • Benzène (C6H6)
  • Plomb (Pb) / Arsenic (As) / Cadmium (Cd) / Nickel (Ni)
  • Benzo [a] pyrène (B[a]p)
A noter :
Les valeurs limites, cibles, ou autres objectifs de qualité de la réglementation française sont pour la grande majorité basés sur les valeurs des directives européennes (parfois il y a quelques valeurs supplémentaires). Les valeurs des directives européennes ont été établies à l’origine en se basant sur les recommandations de l’Organisation Mondiale pour la santé (OMS), avec cependant dans certains cas une « modulation » prenant en compte les impacts sociaux-économiques des valeurs dans les différents états membres de l’Union Européenne.
Les directives européennes évoluent assez régulièrement afin d’adapter ces valeurs aux connaissances scientifiques mais en considérant aussi la capacité théorique des Etats membres de les atteindre. Il y a par conséquent souvent des paliers avant que les directives européennes ou les normes nationales n’atteignent les recommandations OMS. Pour certains polluants (particules et ozone notamment), le respect des recommandations OMS ne pourra être assuré qu’à la condition d’une baisse significative des émissions à grande échelle (nationale voire européenne), compte tenu notamment des phénomènes de déplacements des masses d’air.

Les méthodes de surveillance

Comme il est précisé dans les Directives européennes 2008/50/CE (Articles 6 et 9) et 2004/107/CE (Article 4), plusieurs méthodes d’évaluation de la qualité de l’air peuvent être mises en œuvre :

  • Des mesures fixes permanentes, via un réseau de référence pérenne
  • La combinaison de mesures et de modèles numériques
  • L’utilisation de modèles numériques ou l’estimation objective, ou la combinaison des deux
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Le choix des méthodes est fonction de la population de la zone administrative de surveillance (ZAS), du polluant et des taux de pollution avérés ou supposés. L’annexe 4 de l’arrêté du 19 avril 2017 relatif au dispositif national de surveillance de la qualité de l'air ambiant donne les critères d’emplacement des sites fixes et leur nombre minimal.

 

La situation de la surveillance dans l’Arve

 

Surveillance réglementaire

La vallée de l’Arve est une zone administrative de surveillance. A ce titre, compte tenu de sa population et de son exposition, conformément à l’arrêté du 19 avril 2017, la surveillance réglementaire doit être assurée par :

  • 2 sites de mesure de particules => Passy et Bossons (Chamonix route blanche)
    - Dont 1 site en proximité  trafic / 1 site de  fond urbain
    - Dont 1 analyseur de PM10 / 1 analyseur de PM2.5
  • 1 site de mesure d’oxydes d’azote => Bossons (Chamonix route blanche)
  • 1 site de mesure de benzo[a]pyrène => Passy
  • 1 site de mesure de l'ozone
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Il n’y a pas d’obligation réglementaire de mesure pour les autres paramètres compte tenu des évaluations effectuées jusqu’à présent (notamment via des campagnes de mesures ou un suivi continu dans le cas du SO2 par exemple). Par conséquent la surveillance pour ces autres paramètres est réalisée par estimation objective ou modélisation.

 

Surveillance complémentaire

Pour alimenter ou valider les modèles numériques et pour compléter l’information territoriale, d’autres moyens sont mis en œuvre ou l’ont été :

  • Mesures fixes permanentes : 1 site à Chamonix (pour l’indice de qualité de l’air notamment) et 1 site à l’Aiguille du Midi (pour la mesure d'ozone)
  • Campagnes de mesures fréquentes visant notamment les particules à Magland, Marnaz, Demi-quartier, Passy, Sallanches,…
  • Campagnes de mesures de composés organiques volatils.
  • Campagnes de mesures de métaux lourds et dioxines, dans le cadre d’un programme régional de surveillance de ces composés. Les mesures sont réalisées dans l’environnement de l’UIOM de Passy.

En savoir plus : programme dioxines/métaux rapport 2015/2016

A signaler : pour les campagnes qui se dérouleront courant 2018 dans l’Arve, il est prévu d’ajouter une mesure de dioxyde de soufre (SO2) afin de disposer de données actualisées et d’évaluer la pertinence de la surveillance pour ce composé (ce que n’impose pas la réglementation à ce jour)

  • Modélisation quotidienne et/ou annuelle en particules PM10 et PM2,5, ozone, dioxyde d’azote, benzo[a]pyrène.

A signaler : un partenariat est en cours avec les sociétés Aria, Bontaz Centre et Tera Environnement, afin de compléter les mesures et d’affiner le modèle pour les particules et les oxydes d’azote.

Surveillance des sources, contrôles inopinés

Pour ce qui concerne les émissions industrielles, c'est la DREAL, dans le cadre de la réglementation ICPE, qui a en charge l’organisation du contrôle. La surveillance directe des émissions industrielles, inopinée ou non, ne fait pas partie des missions d'Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. En revanche, nos mesures peuvent servir au suivi de l'environnement de site industriel.
Pour de nombreux polluants, nous disposons de données horaires en continu de surveillance des concentrations, qui permettent donc de déceler des effets de pics. En croisant ces données avec des paramètres météorologiques, il est théoriquement possible d’identifier la localisation des sources, et c’est un de nos travaux quotidiens. Toutefois, cela suppose de disposer de données météorologiques très localisées, que nous n’avons pas forcément, et dans un contexte multi-sources il n’est pas toujours évident de discriminer, notamment pour des polluants qui ne sont pas spécifiques d’une activité.
 

A signaler : les informations que nous donnons sur la responsabilité des différentes activités sont basées sur l’évaluation des émissions de polluants (cf. chapitre suivant : Emissions de polluants et actions de réduction), et non sur des mesures de concentration dans l’air ambiant. Elles sont présentées en général sous forme de données annuelles ou de données sur une seule journée lorsque les émissions varient suivant les saisons (par exemple pour le chauffage).

D’où provient la pollution dans la Vallée de l’Arve ? Quelles sont les actions de réduction des émissions mises en place ?

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes développe et enrichit en continu depuis quinze ans un inventaire régional des émissions qui répond à différents besoins :

  • Donnée d’entrée pour les modèles d’évaluation de la qualité de l’air
  • Alimentation des observatoires (Air, OREGES Auvergne-Rhône-Alpes - Observatoire Régional de l’Energie et des GES -, ORHANE - Observatoire Régional Harmonisé Auvergne-RhôneAlpes des Nuisances Environnementales) ;
  • Evaluation des enjeux d’un territoire et alimentation des plans d’actions, comme les Plans de Protection de l’Atmosphère, les Plans de Déplacements Urbains, le Schéma Régional Climat Air Energie, les Plans Climat Air Energie Territoriaux… ; La méthode privilégiée pour la réalisation de l’inventaire régional est dite « bottom-up » : elle utilise dans la mesure du possible les données (activités, émissions) les plus fines disponibles à l’échelle infra communale (principales émissions industrielles, comptages routiers, répartition de l’habitat des modes de chauffage, …) ou directement fournies par les émetteurs. Lorsque les données n’existent pas à une échelle fine, des données régionales sont désagrégées à l’échelle communale au moyen de clés de désagrégation connues pour l’ensemble des communes de Rhône-Alpes (population, emplois…).
Carte des émissions de PM10 dues au chauffage au bois en 2015

La construction de cet inventaire spatialisé (on parle de cadastre) est un long cheminement, qui repose sur la collecte de données auprès de nombreux organismes et sur une méthodologie nationale. Il n’en est pas moins vrai que l’inventaire à ses limites, inhérentes notamment à la qualité des données recueillies et aux incertitudes quant aux facteurs d’émission issues de la bibliographie. L’inventaire est actualisé chaque année, mais le long recueil de données qu'il nécessite permet d'avoir en début d'année N, l'inventaire de l'année N-2).

Emissions industrielles

Concernant l’industrie manufacturière spécifiquement, les émissions sont notamment issues des bases de données GEREP et IREP qui recensent les déclarations d’émissions ou de consommation individuelles des Grandes Sources Ponctuelles (GSP) faites par les industriels eux-mêmes sur le mode de l’autodéclaration, puis vérifiées par les services de contrôle des ICPE (DREAL). Les données relatives à l’UIOM et à SGL sont issues de ces bases de données, alimentées par les industriels selon la méthodologie définie dans GEREP. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes ne dispose pas d’autres données, ni de moyens pour en vérifier la justesse des déclarations, et ne dispose pas de pouvoir de contrôle. Notamment dans certains cas, les émissions non canalisées aux cheminées sur lesquelles s’exercent les contrôles ne sont pas connues.

A signaler : pour les émissions de particules spécifiquement, les exploitants déclarent les particules totales, que nous convertissons en particules PM10 en appliquant un ratio de granulométrie fourni par le CITEPA. Les particules PM10 (ou PM2,5) sont en effet les indicateurs mesurés compte tenu de leur impact sanitaire et il est donc plus cohérent de suivre le même paramètre au niveau des émissions.

Particules PM10

Fumée cheminée @Fotolia_126843261__Grzegorz Polak

Sur la base de l’inventaire spatialisé, il est possible d’identifier les principales sources et donc les principaux leviers d’actions à l’échelle d’un territoire, celui du PPA de l’Arve par exemple. Ainsi, en 2015, l’évaluation réalisée avec cet inventaire (version V2017) décompte 518 tonnes de PM10, avec 3 sources d’émissions principales : chauffage individuel au bois (plus de 60%), transports (~20%) et industries (~15%). Pour les Oxydes d'azote, 1 878 tonnes ont été émises majoritairement par : le trafic routier (~70%), l'industrie (~15%) et le chauffage (~10%).

A signaler : à chaque changement méthodologique dans le recueil et le traitement des données, un rétro calcul des années antérieures est réalisé, afin de s’assurer de la comparabilité interannuelle. A cette occasion, les quantités estimées peuvent évoluer. Les facteurs sont ainsi régulièrement revus en fonction des évolutions.

Métaux

L’objectivation des concentrations en métaux dans la vallée de l’Arve n’est pas négligée, c’est une des raisons qui a conduit à inclure ce territoire dans le programme dioxines/métaux (cf. question : « Qualité de l’air dans la Vallée de l’Arve : quelle est la situation actuelle et comment évolue-t-elle ? »). Toutefois, comparées à celles d’autres territoires, notamment celui de la Communauté d’Agglomération Arlysère, dans laquelle se trouve Ugine, les émissions de métaux (As, Cd, Ni, Pb) du territoire de la Communauté de Communes du Pays du Mont-Blanc sont très nettement inférieures (d’un facteur 2 à 50 selon les composés).

Hydrocarbures aromatiques polycycliques (dont benzo(a)-pyrène)

A l’échelle du territoire du PPA de la vallée de l’Arve, la contribution du chauffage au bois apparait comme nettement majoritaire (plus de 80%) d’après notre inventaire des émissions. Cela ne signifie pas que la part industrielle soit négligeable, ce que l’on peut mettre en évidence en changeant de « focale », c’est-à-dire en zoomant en particulier sur la commune de Passy, où la contribution du chauffage est de 49%, celle de l’industrie de 31% (selon inventaire Atmo Auvergne-Rhône-Alpes V2017). Une influence industrielle de proximité est donc fort probable pour le B[a]p, même si la problématique d’ensemble pour ce polluant dans toute la vallée relève plutôt de la combustion de biomasse. Pour rappel, les données industrielles utilisées dans l’inventaire sont issues des déclarations de la base GEREP ou de données diffusées en Commission Locale d’Information et de Surveillance (CLIS) ou Commission de Suivi de Site (CSS).

Gestion des épisodes de pollution

Les actions de réduction des émissions sont de la responsabilité des autorités préfectorales. Elles sont décrites dans l’arrêté préfectoral N° PAIC-2017-0074 relatif aux procédures préfectorales d’information-recommandation et d’alerte du public en cas d’épisode de pollution de l’air ambiant dans le département de la Haute-Savoie.

Dans le dispositif de gestion des épisodes de pollution, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a pour mission de déterminer le niveau de vigilance (de jaune à rouge), qui est fonction du seuil risquant d’être franchi (seuil d’information ou seuil d’alerte), de la part de population exposée (10% ou plus de la population de la zone) ou de la surface (25 km2 ou plus) et de la durée de l’épisode. Les cartes de vigilance sont donc différentes des cartes de concentrations, même si elles sont issues d’une analyse de ces cartes de concentrations.

La gstion épisode de pollution en 24h - Atmo Auvergne-Rhône-Alpes

 

Qualité de l’air dans la Vallée de l’Arve : quelle est la situation actuelle et comment évolue-t-elle ?

 

Evolution des concentrations

Il est tout à fait possible de suivre l’évolution des concentrations de polluants afin de connaitre les saisons ou les jours de semaine les plus touchés. Des éléments de diagnostic de ce type avaient d’ailleurs été mis à disposition dans le rapport initial du PPA en 2012.

Concernant le profil journalier (évolutions des données heure par heure), il est variable et peut parfois être corrélé, pour les particules, avec un indicateur représentatif de la combustion de biomasse. En effet, nous disposons depuis quelques années de mesures permettant de discriminer, dans la fraction carbonée des particules, la part liée à la combustion de biomasse de celle liée à la combustion de produits pétroliers (hydrocarbures). Ci-dessous pour exemple une illustration avec 2 situations très différentes enregistrées récemment sur Passy, permettant de mettre en évidence une origine différente des particules mesurées. Mais d’autres situations sont possibles…

Composition des particules PM10 - Passy 31/01/2018

Estimation de la composition des particules PM10 lors de l’épisode du 31/01/2018 (à gauche) et du 23 au 25 février 2018 (à droite) sur la station de Passy

PM fossile = particules issues de combustion d’hydrocarbures PM biomasse = particules issues de combustion de biomasse

 

De plus, l’évolution des taux de particules est très dépendante des phénomènes d’inversion de température, qui favorisent l’accumulation de polluants. L’inversion se forme en général en fin de journée, réduisant le volume d’air « disponible » pour diluer les polluants. Cela se traduit par une augmentation significative et souvent très rapide des taux de pollution dans la nuit, la rupture de l’inversion (quand elle se produit, ce qui n’est pas toujours le cas) n’ayant lieu que le matin suivant, lorsque le rayonnement solaire permet un peu de brassage d’air.

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Taux de particules

Même si nous mettons en avant le respect (ou non) des valeurs réglementaires, nous indiquons depuis plusieurs années la situation par rapport aux valeurs de l’OMS (cf. notamment le bilan 2016 en Haute-Savoie).

Conscient de l’enjeu sanitaire et de la nécessité de recueillir des données sur les particules fines et ultrafines, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a été une des premières AASQA à expérimenter le comptage des particules (dans les années 1990), et à déployer des mesures de PM2,5, dès l’année 2001 à Lyon et Grenoble. Les années suivantes ont permis de compléter la surveillance en PM2,5 dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants (en 2009 pour Annemasse et Annecy), puis dans d’autres territoires (2015 dans l’Arve).

Par ailleurs, en partenariat avec différents organismes, nous menons depuis de nombreuses années des travaux relatifs aux particules (ultrafines notamment) dans la vallée de l’Arve ou dans d’autres territoires :

 

Outre la connaissance des sources d’émission et de la répartition spatiale des particules, ces travaux ont aussi pour objectifs :

  • D’évaluer des méthodes et des outils, d’en déterminer les limites. En effet, de nouveaux appareils sortent régulièrement sur le marché, notamment des microcapteurs qui n’ont pas subi les tests que suivent obligatoirement les préleveurs et analyseurs utilisés pour la surveillance réglementaire de la qualité de l’air (conformité évaluée par le Laboratoire Central de Surveillance de la Qualité de l’Air).
  • De constituer une base de données qui permettra une évolution de la réglementation. En effet, pour évaluer des impacts sanitaires ou fixer des normes, il convient de connaitre les concentrations auxquelles sont exposés les habitants, pour ces « nouveaux » indicateurs que sont le nombre de particules par fraction granulométrique, notamment pour les nanoparticules.

 

En savoir plus sur l’évaluation des « nouveaux outils » de mesure des particules sur le site du LCSQA et à l'aide du projet Mobicit'Air.

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Au-delà de l’aspect strictement réglementaire, l’amélioration des connaissances sur les particules, leur origine, leur transformation et leur impact sanitaire, est une de notre préoccupation majeure et un axe important de notre travail. Le comptage des particules notamment, s’il n’est pas réglementaire et nécessite encore beaucoup de travail de fiabilisation pour un usage en air ambiant, est une perspective très intéressante en vue de compléter les dispositifs actuels de surveillance. Il permet d’appréhender plusieurs tailles de particules, de mieux connaitre leur répartition spatiale.

 

Odeurs

Nous n’avons jamais abordé la problématique des nuisances odorantes dans la vallée de l’Arve. C’est un sujet complexe qui nécessite d’évaluer à la fois le ressenti, par des méthodes les plus objectives possibles d’analyse sensorielle, et les concentrations de molécules par des analyses chimiques. Le seuil olfactif étant très bas pour la plupart des composés odorants, la seule approche par l’analyse chimique peut conduire à une impasse, pour deux raisons :

  • La difficulté de mesurer des molécules à très faible concentration ;
  • Le fait qu’une baisse de la concentration de certains polluants odorants peut faire émerger d’autres odeurs, masquées jusqu’alors. Aussi, le ressenti des riverains pourra être toujours présent alors que des efforts auront été menés pour réduire les rejets à la source => le seul moyen de vérifier l’efficacité des actions de réduction sur les odeurs est de « mesurer » les odeurs et non les molécules chimiques qui les composent.

La méthode d’objectivation par analyse sensorielle a fait ses preuves, mais elle nécessite des moyens supplémentaires à la surveillance réglementaire et une très forte implication des industriels (qui doivent faire réaliser un audit olfactif de leur établissement), de l’administration, qui doit impulser la démarche, et des habitants, sans lesquels rien n’est possible. Les habitants contribuent en effet à l’observatoire via des relevés réguliers de signalements, après avoir reçu une formation.

En savoir plus :

 

Comment trouver les informations de qualité de l’air, et comment contribue l’observatoire à l’amélioration des connaissances sur ce territoire ?

Données site Atmo Auvergne-Rhône-Alpes (Passy)

Mise à disposition des données

Les données issues des sites fixes et des sites d'études annuels sont mises à disposition sur notre site web conformément à l’arrêté du 19 avril 2017. Pour les PM2.5 comme pour d’autres paramètres, des discontinuités peuvent apparaitre, liées à des pannes d’analyseurs, des problèmes de rapatriement de données voire des dysfonctionnements du site web. Nous faisons à chaque fois le maximum pour y remédier le plus rapidement possible.

Pour accéder à ces données, rendez vous sur les pages suivantes :

 

Pour informer sur la prévision quotidienne de la qualité de l'air, nous mettons également à disposition ue applicatin smartphone - Air to Go- disponible sur iPhone  et Android. Cette application permet de connaître l'indice du jour et du lendemain à 1 Km près dans la Vallée de l'Arve. Cette prévision est calculée à partir des niveaux de concentrations modélisés pour trois polluants : PM10, NO2 et 03.

 

 

Mise à disposition des publications sur la vallée de l'Arve

Toutes les études réalisées par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes sont mises à disposition sur son site Internet. 
Il s'agit des rapports d'études, des bilans périodiques ou annuels de qualité de l'air, des bilans statistiques réglementaires, etc...
Pour trouver ces documents, vous devez consulter le moteur de recherche des publications
Vous pouvez rechercher un document de plusieurs façons : par thématique, par zone géographique, selon le polluant, par date de publication... 
Pour la recherche par zone géographique, la liste proposée n'est pas exhaustive. En effet, seules les communes sur lesquelles des études ont été réalisées apparaitront dans les résultats de recherche. 

Pour faciliter votre recherche, nous avons recensé sur cette page (voir en colonne de droite) tous les rapports des études réalisées sur le territoire de la vallée de l'Arve ainsi que le bilan menseul le plus récent de la qualité de l'air sur le Pays du Mont-Blanc. Les bilans 2017 se trouvent ici et les bilans 2016 là. Tous les autres bilans sont accesibles via le moteur de recherche.

 

Explications

Nous nous efforçons d’être le plus pédagogique possible, notamment pour expliquer les mécanismes de formation et d’accumulation des polluants, utilisant nos moyens réguliers de diffusion, à savoir principalement notre site Internet ainsi que les réseaux sociaux, et, depuis peu des applications smartphone. Afin de donner une information plus territorialisée, nous étudions la possibilité de faire évoluer nos bulletins quotidiens d’information. Nous menons également un travail d’amélioration de la spatialisation sur la vallée grâce à des travaux réalisés en partenariat avec des partenaires privés (TERA et ARIA) financés par l’entreprise BONTAZ.

Etudes partenariales

Plusieurs études ont déjà été menées dans la vallée de l’Arve, en partenariat avec des laboratoires universitaires (LGGE, LCME INSERM…), Météo France, … afin de mieux connaitre les sources, les taux de pollution, la dynamique des écoulements d’air, l’impact sanitaire.

Pour en savoir plus, parcourez le paragraphe "Taux de particules" de la question précédente.

Une expérimentation de participation citoyenne ainsi que le déploiement de mesures complémentaires sur ce territoire ont été envisagés début 2017 mais n'ont pas pu être mis en oeuvre en raison de financements insuffisants. Mais nous persévérons pour trouver les financements nécessaires pour impliquer la population dans la surveillance de la qualité de l'air.