Observer

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L'axe "Observer" rassemble les actions de l’observatoire, producteur de données de qualité de l’air dans la durée, aussi bien sur la partie réglementaire que sur des polluants émergents et même sur des problèmes d’odeurs. Ces données peuvent être issues de différents outils - mesures, inventaires des émissions ou modélisations – et être produites à différents pas de temps – de l’horaire à l’année – afin de créer les diagnostics les plus divers. Des données primaires jusqu’aux bilans, les productions de l’observatoire sont accessibles à tous et le seront de plus en plus dans le contexte actuel d’ouverture et de réutilisation des données.
L’année 2017, est la première année du nouveau plan quinquennal de surveillance de la qualité de l'air, mais aussi la première année de mise en place de la surveillance de l'air sur le périmètre de la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes. Ces changements ont demandé de nombreux travaux et efforts de mutualisation et d’adaptation : nouvelle zone de surveillance vu de la communauté européenne, nouvelle stratégie de surveillance, extension géographique pour les outils et les diagnostics, homogénéisation des pratiques, partage réciproque des connaissances issues des deux anciennes régions.

SOMMAIRE

Présentation de l'observatoire

L’observatoire régional est composé de différents outils qui permettent d’évaluer les situations vis-à-vis de l’air en tout point du territoire :

  • les mesures de qualité de l’air, annuelles ou ponctuelles, avec différents objectifs de surveillance, mais aussi le recueil de signalements (odeurs) et les comptages polliniques
  • l’inventaire des émissions des différents polluants, ainsi que leurs localisations
  • les cartographies issues de la modélisation, permettant une estimation de la répartition géographique des niveaux de polluants dans l’air sur l’ensemble de la région
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La combinaison de ces outils, encadrés par la réglementation, mais aussi dimensionnés par les besoins locaux et les possibilités financières, permet de définir la stratégie de surveillance de la qualité de l’air et de communication des résultats, via un programme quinquennal, actuellement le Plan Régional 2017-2021 de Surveillance de la Qualité de l'Air (PRSQA).
Le fonctionnement pérenne de l’observatoire, conditionné par la participation financière annuelle des adhérents, assure sa richesse scientifique : historique de données, continuité dans la surveillance, robustesse des méthodes, disponibilité des données pour les partenaires, adaptation régulière aux enjeux, ...
Il constitue aussi un socle pour les activités d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes :

  • Il fournit les diagnostics initiaux et les enjeux de territoire associés, situations de départ sur lesquelles reposent les réflexions des plans d’actions ;
  • Les outils d’inventaire des émissions et de modélisation permettent des travaux prospectifs visant l’évaluation de l’efficacité des actions envisagées ;
  • Même si des ajustements sont nécessaires, les outils de modélisation sont utilisés pour la prévision, grâce à laquelle les dispositifs préfectoraux d'information et d'alerte sont déclenchés en cas d’épisodes de pollution ;
  • Il peut procurer des données et historiques de référence dans le cadre d’études d’amélioration des connaissances ;
  • Les résultats de l’observatoire sont tous destinés à l’information du public, qu’elle soit quotidienne, annuelle, ponctuelle, ou pour toute communication plus experte relative aux enjeux de pollution atmosphérique.

Bilan 2017

METROLOGIE

Le nouveau réseau minimal réglementaire de surveillance, défini selon le nouveau zonage Auvergne-Rhône-Alpes, a été mis en place au 1er janvier 2017 et sera effectif, comme le PRSQA, de 2017 à 2021.

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L’optimisation du réseau de station de mesures est toujours un axe de travail du nouveau PRSQA : des mesures sans enjeux, en doublon ou non conformes aux critères d’implantation ont donc été arrêtées et les moyens redéployés. Ainsi, la surveillance de Montluçon s’effectue désormais par une station au lieu de 3, tout comme le suivi de l’ozone au sud de la Loire/ Haute-Loire. Les stations de St-Just (Lyon) et Vienne ont été arrêtées comme le suivi du benzoapyrène (BaP) à la Monnerie (Puy-de-Dôme).
Pour accompagner cette rationalisation, des moyens mobiles sont affectés pour réaliser annuellement des mesures de vérification. Les territoires de Pierrelatte, de l’hyper centre de Lyon et de Sallanches ont été investigués tandis que des campagnes spécifiques ont eu lieu sur d’autres territoires : suivi de Métaux Lourds à Thénésol (Savoie), suivi de Benzo(a)Pyrène à Annemasse et dans le Pays du Mézenc (Haute-Loire), suivi en proximité routière le long de l’A7 à Valence.
A l’instar des années précédentes, la mise en œuvre de mesures du réseau  minimal réglementaire a respecté les objectifs de qualité définis par les directives et plusieurs travaux techniques ont été assurés pour rester conforme au référentiel technique national. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes est toujours actif dans le projet européen EMEP-MERA en s’occupant de deux stations rurales nationales.

La surveillance des polluants réglementés est complétée par des observations de composés d’intérêt national, en particulier les pollens et les pesticides.

POLLENS

Concernant les pollens, l’année 2017 a marqué une transition vers une structuration plus forte de la surveillance pollinique avec la mise en place de travaux concertés entre partenaires, au niveau national et régional (avec le renforcement des liens avec le RNSA).
Dans la lignée des années précédentes, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a poursuivi sa prise en charge des comptages polliniques sur les sites de Grenoble, Roussillon et Clermont-Ferrand contribuant ainsi à la diffusion chaque semaine des risques allergiques pour les huit villes de la Région disposant d’un site de comptage.

En supplément, l’Ambroisie dispose spécifiquement d’une carte régionale de prévision du risque allergique, véritable fléau touchant quelque 20 % de la population régionale. Afin de lutter contre cette plante très allergisante et envahissante, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes participe à des travaux régionaux en lien avec d’autres partenaires engagés pour l’action, comme le recueil cartographique des signalements de plants d’ambroisie qui est ensuite traité afin de constituer des données d’entrée du modèle permettant d’évaluer le risque allergique.

 

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Carte des signalements de plants d'ambroisie en 2017 - Carte produite à partir des données des conservatoires botaniques nationaux (alpin et du Massif Central) et de la plateforme participative de signalement de l’ambroisie gérée par l’ARS (Agence Régional de Santé). 

En rouge : signalements enregistrés les années précédentes
En vert : nouveaux signalements en 2017

​Il a aussi été question de quelques pistes d’avancées techniques : étude d’appareils automatiques de comptages et réflexions exploratoires sur l’extension de la modélisation pollinique à des taxons particulièrement allergènes, notamment le bouleau et les graminées.

PESTICIDES 
Concernant les pesticides, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation (Anses) a produit en septembre 2017 un rapport de recommandation sur les modalités d’une surveillance nationale des pesticides dans l’air ambiant.
En complément, le LCSQA a travaillé sur cette base afin de produire fin 2017 un protocole harmonisé de mesure destiné à être utilisé pour la campagne nationale exploratoire 2018-2019 sur les pesticides dans l’air. En Auvergne-Rhône-Alpes, dans le cadre de cette campagne nationale, 4 sites seront étudiés afin de surveiller durant un an une centaine de substances. Ils permettront de mesurer des niveaux de pesticides dans l’air ambiant dans des zones habitées et situées à proximité de diverses cultures de la région. Les premières débuteront en juin 2018. Le but de cette étude est la réalisation d’un état des lieux national et la préfiguration d’une stratégie nationale de surveillance des phytosanitaires dans l’air. En parallèle de ce travail préparatoire, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a produit et publié une mise à jour de l’inventaire des émissions de pesticides dans l’air en valorisant notamment les données les plus fines de la banque nationale des ventes des distributeurs de phytosanitaires (BnVD) mises à disposition d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. Dans le but de se préparer à l’utilisation de futurs outils complémentaires de surveillance des pesticides dans l’air, une étude bibliographique et de faisabilité a été réalisée concernant la cartographie modélisée des concentrations de pesticides dans l’air. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes poursuit également sa collaboration avec le monde agricole et la Chambre Régionale d’Agriculture, notamment en rejoignant conjointement le projet national de recherche RePP’air (Réduction des Produits Phytosanitaires dans l’air).
Ce projet multipartenaires compte huit sites d’études, répartis dans sept régions françaises dont la région Auvergne-Rhône-Alpes et durera de 2017 à 2019. Notons par ailleurs que la Chambre Régional d’Agriculture et le syndicat professionnel FRSEA ont rejoint récemment les membres de l’association Atmo montrant ainsi leur volonté de collaboration vis-à-vis des enjeux liant agriculture et qualité de l’air.

OBSERVATOIRES COMPLEMENTAIRES

Pas forcément toutes nocives pour la santé, les odeurs sont tout de même des nuisances atmosphériques, sources de gènes et parfois de symptômes sanitaires, et donc considérées comme une pollution : c’est le dernier volet de l’observatoire qui, à défaut d’avoir un réseau métrologique pérenne, est basé sur une plateforme centralisée de recueil de signalements de nuisances, mais aussi la formation de « nez » pour que ces signalements soient détaillés et explicites, et donc plus efficace dans l’action qui en résulte.
Cette plateforme, développée sur l’agglomération lyonnaise depuis 2003, est nommée Respiralyon. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a assuré son fonctionnement habituel en 2017 : gestion du site web (www.respiralyon.org/) et de la plateforme téléphonique (0 800 800 709), suivi et prise en charge des signalements en partenariat avec la DREAL, avertissement de l’administation et les industriels en cas d’épisode odorant. Grâce à une convention avec Atmo Hauts-de-France qui est une AASQA confrontée aux problématiques odorantes depuis longtemps et donc très expérimentée dans ce domaine, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a pu faire évoluer ses outils techniques en utilisant la plateforme ODO ©, composée d’un site web et d’une application smartphone, afin de faciliter la centralisation et la gestion des signalements d’odeurs sur l’ensemble de la région.
Une réflexion a été entamée dès 2015 et poursuivie en 2017, afin de mettre en place un dispositif d’objectivation des odeurs par de l’analyse sensorielle (réseau de « nez » formés à la reconnaissance de molécules odorantes via le référentiel du langage des nez ®). L’objectif est de mettre en place et d’accompagner des réseaux de nez dans plusieurs territoires faisant régulièrement l’objet de signalements d’odeurs ou concentrant plusieurs sources potentiellement odorantes.

INVENTAIRES

L’inventaire des émissions est un outil incontournable à la fois pour les diagnostics et pour les outils de modélisation. Le choix d’un seul outil ainsi que l’harmonisation des méthodes et l’adaptation des bases de données a permi de produire un inventaire cohérent sur la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes, mis à jour et conforme au référentiel national « guide PCIT1 ». Les travaux d’amélioration continue de l’outil sont nombreux et concernent tous les secteurs d’activité. Cependant, la mise à jour a particulièrement été importante cette année sur le calcul des émissions du transport routier.
Parralèlement, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a aussi activement participé aux travaux nationaux d’harmonisation des inventaires des AASQA, qui, à terme, serviront pour l’Inventaire National Spatialisé (INS).

MODELISATION

L’amélioration des outils de modélisation de la qualité de l’air est continue : dans le PRSQA, la priorité est donnée aux tests de sensibilité dont une dizaine ont été conduits en 2017. Il permettent d’évaluer les impacts de certains paramètres et ainsi de les régler au mieux. Une autre amélioration technique importante a concerné le process et a permis un gain de temps de calcul.
Pour une meilleure précision géographique, l’adaptation géostatistique (krigeage) a été améliorée grâce à l’intégration d’une dizaine de mesures virtuelles lors du processus d’élaboration des cartographies. 
Des travaux importants d’extension des modélisations disponibles en Rhône-Alpes au territoire auvergnat ont permis de produire les premières cartes réglementaires 2016 sur la nouvelle région, atteignant une précision conforme aux objectifs réglementaire de qualité.

Grâce aux croisements et aux analyses de toutes les données produites, une palette assez large de diagnostics et d’indicateurs est disponible, couvrant différentes échelles temporelles ou territoriales et produite de manière réccurente ou ponctuelle. En 2017, et comme chaque année, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a produit les statistiques réglementaires ainsi que les diagnostics, en portant un effort spécifique sur l’amélioration de la représentation graphique des résultats.

EXPLOITATION DES DONNEES

L’ensemble des données produites par l’observatoire - données, statistiques ou diagnostics - est public et visé par l’ouverture des données : des travaux importants d’organisation et de structuration des données, mais aussi d’investissements matériels et logiciels, ont débuté pour préparer notre future diffusion de données « open data » . Jusqu’à présent restreinte à notre site internet, des premières données ont été « ouvertes » via le portail de l'information géographique en Auvergne-Rhône-Alpes du CRAIG et à une API publique (interface de programmation destinée à alimenter les applications smartphone et sites web). Les informations pour y accéder sont disponibles sur notre site. En simultané, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a activement contribué aux travaux nationaux pour le Système d’Information national sur la Qualité de l’Air (SIQA), en particulier en prenant à sa charge la gestion du projet SPOT relatif à la modernisation des post-traitements des données.

Perspectives 2018

Les Mesures 

Polluants réglementés : concernant la mesure des particules et en lien avec un audit technique du LCSQA, un effort sera conduit pour renouveler les analyseurs plus rapidement et sur l’année, afin de ne plus avoir de mesures dites « ajustées » sur le réseau, jugées moins fiables que la mesure directe. Le programme d’optimisation du réseau se poursuivra et les moyens mobiles complémentaires continueront l’investigation d’autres territoires. Le respect des obligations réglementaires restera prioritaire.

Pollens : les comptages polliniques et la diffusion hebdomadaire de l’information sur les risques allergiques sera poursuivie tout comme les collaborations contre l’ambroisie. Par contre, le développement d’autres actions sera dépendant de la mise en place de la stratégie nationale et des financements associés, cette partie non réglementaire ne disposant pas de ressources pérennes associées. La poursuite de la réflexion sur la mise en place de capteurs automatiques et sur l’extension de la modélisation prévisionnelle à d’autres taxons que l’ambroisie sera toutefois maintenue.

Pesticides : le travail majeur sera la campagne exploratoire nationale prévue à partir de mars 2018 en lien avec l’ANSES et l’INERIS (4 sites dans la région). A noter que la mesure du glyphosate n’a pas été prévue sur cette campagne, initialement pour des raisons financières mais qu'elle a finalement été introduite sur quelques régions jugées prioritaires dont ne fait pas partie Auvergne-Rhône-Alpes. Les programmes antérieurs seront poursuivis avec les partenaires. La mise en place de projets dans le cadre du PRSE3 pourront être étudiés en 2018, pour une mise en application en 2019.

Odeurs : l’année 2018 sera consacrée à déployer de manière opérationnelle la plateforme de signalements « ODO3 » sur le territoire régional avec une première phase sur un territoire d’expérimentation. En parallèle, un travail collaboratif sera mené avec des collectivités et services de l’Etat afin de déployer sur la région le réseau de « nez » en 2018/2019. 

Inventaire des émissions

Un travail important devra être mené dès la sortie du guide PCIT2 afin de définir les actions à mener pour une nouvelle mise en conformité. Après la construction d’un inventaire unique sur la nouvelle région, l’historique des émissions disponible en Rhône-Alpes sera étendu au territoire auvergnat. La mise à jour annuelle ainsi que l’amélioration continue de l’outil constitue un travail pérenne. Les travaux d’harmonisation au niveau national seront poursuivis.

Modélisation

Il s’agira de poursuivre les travaux sur les tests de sensibilité et de définir d’autres mesures virtuelles utilisables pour l’obtention de cartographies réglementaires en constante amélioration.

Diffusion des données

En plus des productions réglementaires et habituelles, un travail sera conduit en 2018 pour raffiner l’analyse de l’influence des conditions météorologiques dans les diagnostics et bilans.
Avec la montée en puissance de l’ouverture des données suite à la loi sur la république numérique, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, comme l’ensemble des AASQA, devra ouvrir la liste complète des données dites « références » pour la Journée Nationale de la Qualité de l’Air en septembre 2018 : plusieurs outils seront déployés dans cette perspective pour mettre en place des services de téléchargement et analyses autour des données ouvertes, imposant un redimensionnement de l’infrastructure et une préparation des données pour répondre aux besoins.
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes est également chef de projet pour SPOT au niveau national (nouveaux postes centraux régionaux) et se proposera pour tester la réception suite à l’appel d’offre qui devrait aboutir au 3ème trimestre 2018.
La mise en place d’outils homogènes dans les AASQA pour une diffusion de données de qualité de l’air harmonisée au niveau national passe aussi par la proposition de géostandards de diffusion faite à la COVADIS dont la réponse sera attendue en 2018.

Chiffres clés

 

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