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Episodes de pollution, incidents ou accidents industriels, plaintes liées à des nuisances : autant de situations nécessitant de mobiliser rapidement l’observatoire de la qualité de l’air, pour fournir des éléments de diagnostics, informer ou alerter. En 2016, de nouveaux outils ont été mis en place afin de renforcer l’information lors des épisodes de pollution, et leur compréhension. Par ailleurs, Atmo Auvergne-Rhône-Apes a formulé, avec ses homologues de Normandie et de PACA, des recommandations visant à mieux prendre en charge sur l’ensemble du territoire national les incidents/accidents industriels ayant un impact atmosphérique. Enfin, la plateforme de modélisation annuelle de l’exposition à l’ambroisie a été étendue à l’Auvergne.

SOMMAIRE

 

L'essentiel de 2016 :
Recommandations visant à mieux évaluer l’impact atmosphérique des incidents/accidents industriels
De nouveaux outils d’aide à la prévision
Campagne « air et santé » : mieux informer sur la pollution de l’air et son impact sanitaire Extension à l’Auvergne de la plateforme de modélisation de l’ambroisie. 

 

Les épisodes de pollution en 2016 

axe5 : alerter - épisode de pollution

De nouveaux outils ont été mis en place afin de renforcer l’information lors des épisodes de pollution, et leur compréhension, dans un contexte d’évolution réglementaire.
Jusqu’en octobre, la qualité de l’air était assez satisfaisante ; de fin novembre 2016 à fin janvier 2017, deux importants épisodes de pollution ont affecté la région. 

Des actions contraignantes visant les transports routiers

Deux arrêtés préfectoraux fixant respectivement des restrictions de circulation routière dans l’agglomération lyonnaise et la région grenobloise sont parus en décembre 2016. Ces deux textes se basent sur les certificats de qualité de l’air.
Pour Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, la parution de ces textes a nécessité une forte réactivité afin d’adapter les outils et former le personnel dans une période très tendue puisqu’au cours d’un épisode de pollution. La parution de l’arrêté pour la région grenobloise avait été précédée par la signature d’un protocole, engageant différentes parties prenantes afin d’assurer au mieux l’information de la population et la mise en œuvre de mesures d’accompagnement : tarification adaptée des transports publics ou des vélos, voire gratuité, renforcement de l’offre de transports, ….
Concernant spécifiquement l’information, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a développé et mis à disposition des partenaires une page web permettant de connaitre l’état de la qualité de l’air et son évolution, l’état du dispositif (pré-information, information, alerte), le nombre de jours d’atteinte des différents niveaux,…Par ailleurs, un partenariat a été établi avec Télé Grenoble, qui reprend chaque jour un bulletin qualité de l’air spécifique au bassin grenoblois, bulletin élaboré par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. 

Mieux informer

En tant qu’observatoire de l’air, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes se doit d’informer la population et de diffuser les recommandations sanitaires et comportementales en cas d’épisode de pollution. Mais il ne faut pas se focaliser uniquement sur les épisodes de pollution, les effets sur la santé de l’exposition quotidienne sont avérés et il important de le faire savoir. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a donc initié le projet AIR ET SANTÉ, avec 2 objectifs :

  • Un objectif de sécurité, afin d’apporter aux différentes populations touchées par la pollution les recommandations sanitaires et comportementales à respecter en cas d’épisode de pollution.
  • Un objectif de sensibilisation afin d’inciter à l’action collective, en dehors des épisodes de pollution grâce à des pratiques quotidiennes. Il s’agit ainsi de se prémunir d’un air de qualité médiocre et de réduire les niveaux de pollution moyens.

Ce projet a été conduit en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé (ARS). Il a débouché sur la mise à disposition de 21 messages visuels permettant de délivrer des informations au quotidien ou lors d’épisodes de pollution.

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Exemples de messages campagne "Air et santé"

Connaître pour agir

Pour réduire les émissions de polluants lors des épisodes de pollution, il convient d’identifier le plus précisément et en temps réel les sources en cause et leur contribution dans l’exposition de la population, afin de cibler les actions contraignantes. Ainsi, ces dernières années, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes s’est doté de plusieurs analyseurs qui permettent, en temps réel, de connaitre la composition chimique des particules. L’analyse de la composition chimique permet notamment de distinguer si la fraction carbonée provient de la combustion de produits pétroliers (trafic routier, industries) ou de biomasse (chauffage, brûlages végétaux à l’air libre, industries).

 

Station de surveillance de la qualité de l'air de Lyon centr - analyseur "ACSM" de la composition chimique des particules
Station de surveillance de la qualité de l'air de Lyon centreAu premier plan analyseur "ACSM" de la composition chimique des particules

En 2016, afin de mieux exploiter les données de composition chimique des particules et de mieux identifier les sources responsables, deux travaux internes importants ont été réalisés :

  • Mise en place d’une plateforme web d’aide à la visualisation et à l’interprétation des données pour les prévisionnistes d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes.
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Plateforme web de visualisation des données recueillies par les analyseurs de composition chimique des particules

 

  • Intégration d’un nouveau modèle, « CAMx », dans la plateforme opérationnelle de prévision quotidienne. CAMx, développé par RAMBOLL Environ, (http://www.camx.com/home.aspx), est un modèle eulerien « chimie/transport » .Il permet de calculer des concentrations simulées par type d’émission (transports routiers, chauffage, industries, agriculture…).
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Concentrations de particules modélisées par CAMx - Répartition des sources à l'origine de ces particules

 

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Perspectives 2017/2018

Evolution de l'organisation

  • Le 7 avril 2016 est paru un arrêté interministériel relatif aux déclenchements des procédures préfectorales en cas d’épisodes de pollution, se substituant à l’arrêté du 26 mars 2014. Il a été complété par un autre texte, du 26 août 2016. Les nouvelles dispositions inhérentes à ces textes devront être intégrées dans les procédures d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, dès que la transcription dans des arrêtés préfectoraux sera effective. 
  • Afin de gagner en efficacité et en réactivité, il est envisagé de davantage spécialiser le personnel intervenant dans la diffusion de l’information quotidienne, en mettant en place un service dédié à la prévision, l’information quotidienne et la gestion des situations à risque (prise en compte de différents « signaux faibles », épisodes de pollution, incidents/accidents).  

Evolution des outils

  • La plateforme de prévision régionale est en cours de refonte, afin de prendre en compte le territoire auvergnat, mais aussi les nouvelles dispositions relatives à l’évolution réglementaire évoquée ci-dessus.
  • Le déploiement des cartes de prévision « fine échelle » dans les agglomérations sera étendue, a minima à l’agglomération d’Annecy. A ce jour, 9 agglomérations sont couvertes : Aurillac, Clermont-Ferrand, Grenoble, Le Puy-en-Velay, Lyon, Montluçon, Moulins, Saint-Etienne, Vichy.

EN SAVOIR +

Les  rubriques

L’actualité 2016 en Auvergne-Rhône-Alpes : 

Incidents/accidents ayant un impact atmosphérique gestion des nuisances

axe5 : accident incendie industriel

Depuis 2013 : expérimentation visant à améliorer notre capacité à fournir un diagnostic adapté de la qualité de l’air lors d’un incident/accident industriel

Améliorer la capacité d’expertise en cas d’incidents/accidents industriels

Suite à un important épisode odorant à Rouen en 2013, une instruction gouvernementale est parue en août 2014, visant à améliorer la prise en charge des incidents/accidents industriels et à mieux caractériser leur impact sur la population. L’instruction prévoit la réalisation d’une expérimentation à laquelle participent Air Normand, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes et Air Paca. 
De nombreux travaux ont été menés dans le cadre de l’expérimentation et ils ont permis de faire émerger des pistes d’amélioration concernant le rôle que peuvent avoir à jouer les AASQA.
Les préconisations suivantes ont été formulées dans un rapport remis en octobre 2016 au Ministère de l’environnement : 

- Favoriser les échanges entre les AASQA et les différents acteurs régionaux de la gestion de crise pour mieux identifier leurs mission, organisation, compétences et capacités d’intervention respectives. La réalisation d’une « fiche ORSEC » décrivant ses possibilités et limites est un des moyens devant favoriser l’intégration des AASQA dans les dispositifs de gestion de crise.

- Mettre en place une organisation ad-hoc au sein des AASQA, avec du personnel identifié et en astreinte, pour gagner en efficacité et en réactivité. 

- Concernant les outils : 

  • Elaborer une liste régionale de composés à suivre. Une méthodologie a été élaborée par un groupe de travail réuni en Normandie, elle a été diffusée dans toutes les régions françaises sous l’impulsion du Ministère de l’Environnement.
  • Déployer dans les zones les plus à risque des « dispositifs à spectre large », potentiellement activables à distance, pour des prélèvements d’air conservatoires et une meilleure caractérisation des polluants présents.
  • Optimiser le recueil, de la centralisation et de la prise en charge des « signaux faibles »
  • Ddéployer des outils numériques permettant d’évaluer les zones impactées. 

Au quotidien, la gestion des signalements de nuisances et des incidents/accidents

En Rhône-Alpes, il existe depuis 2003 un dispositif de gestion des nuisances odorantes dans l’agglomération lyonnaise, Respiralyon. Issu d'un partenariat entre les services de l'Etat, le Grand Lyon, les collectivités territoriales, les industriels, Respiralyon est géré techniquement par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes.
Pendant plusieurs années, Respiralyon s’est appuyé sur un réseau de « nez » bénévoles chargés de « humer » l’air et de caractériser le ressenti. Grâce à cet engagement citoyen, un état de la répartition des odeurs en région lyonnaise a pu être dressé, et un suivi pluriannuel a permis de mesurer l’évolution (Bilan 2004-2005 / Bilan 2006-2009). Le réseau de nez n’est plus actif depuis 2009 mais chaque habitant peut signaler des odeurs, par internet (www.respiralyon.org) ou téléphone (0 800 800 719).
Une réflexion a été entamée en 2015 et poursuivie en 2016, afin d’étudier la mise en place d’outils permettant d’objectiver la présence d’odeurs, par de l’analyse sensorielle (réseau de « nez » formés à la reconnaissance de molécules odorantes via le référentiel du langage des nez ®) et/ou de la métrologie plus classique. Trois salariés d’Atmo-Auvergne-Rhône-Alpes ont d’ores et déjà été formés à la méthode de reconnaissance des odeurs du langage des nez ©. Cette démarche sera poursuivie en 2017, avec notamment la formation d’une quatrième personne.

Par ailleurs, Air Rhône-Alpes est régulièrement destinataire de plaintes d’habitants relatives à des nuisances (odeurs, retombées de particules, symptômes sanitaires,…), et parfois sollicité pour fournir un diagnostic de qualité de l’air en cas d’incident ou d’accident industriel, d’incendie,…

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Perspectives 2017/2018

Evolution de l’organisation

  • Mise en place d’une astreinte technique.
  • Réalisation d’exercices ou participation à des exercices préfectoraux simulant des accidents.
  • Etude de la mutualisation des moyens inter-AASQA.

Evolution des outils

  • Conception et test d’un dispositif de prélèvement activable à distance.
  • Mise en place d’une plateforme régionale de recueil des signalements basé sur des outils développés en Picardie (site web et application smartphone ODO ®.
  • Mise en œuvre d’un suivi des odeurs via la méthode du langage des nez ®.

EN SAVOIR + 

Actualité et Publications 2016 en Auvergne-Rhône-Alpes : 

L’ambroisie, envahissante et très allergisante

axe5 : Alerter - Ambroisie

En 2016, la plateforme de signalements devient nationale et la cartographie annuelle de l’exposition à l’ambroisie couvre toute la région Auvergne-Rhône-Alpes (extension à l’Auvergne).

L'ambroisie est une plante envahissante dont le pollen est fortement allergisant. Rhône-Alpes est la région la plus touchée en France.
 Une plateforme de recueil des signalements a été déployée en 2014 en Rhône-Alpes, grâce au financement de l’Agence Régionale de Santé (ARS) et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. La plateforme participe au recensement de la plante, permet de connaitre les zones infestées et de suivre le déroulement des campagnes d’arrachage. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a défini les prescriptions techniques de cette plateforme, suivi le développement des outils (application smartphone et site internet) et s’est assuré de leur bon fonctionnement en 2014 et 2015, en partenariat avec le RNSA et l’ARS.

En 2016, la plateforme s’est étendue à l’ensemble du territoire national (France métropolitaine) et est désormais intégrée à Atlas Santé, portail géographique des agences régionales de santé, qui en assurent donc la gestion technique.  

Une carte annuelle du risque allergique liée aux pollens d’ambroisie est réalisée par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, en partenariat avec le RNSA, depuis 2011. Accessible sur le site www.air-rhonealpes.fr, elle est utilisée pour étudier la prévalence de l’allergie à l’ambroisie. C’est en effet un élément clef pour évaluer la population allergique, sa répartition dans les départements et son évolution dans le temps. 

En 2016, deux travaux significatifs ont été menés par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, grâce au financement de l’ARS et de la Région :

  • Mise à jour de la méthodologie du cadastre de l’ambroisie (localisation des plants + phénologie => répartition spatiale des émissions de grains de pollens d’ambroisie)
  • Extension du cadastre et du modèle à l’Auvergne, afin de disposer d’une carte d’exposition sur l’ensemble de la région.

Lors de la « saison » d’ambroisie, de mi-août à mi-octobre, une carte prévisionnelle hebdomadaire de l’indice allergique du pollen d’ambroisie est diffusée par le RNSA et Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. En 2016, cette carte hebdomadaire ne portait encore que sur l’ex. région Rhône-Alpes, le travail d’adaptation à l’Auvergne ne s’étant achevé que fin 2016, après la saison d’ambroisie.

Carte 2015 du risque allergique lié à l’ambroisie
Carte 2015 du risque allergique lié à l’ambroisie
En 2015, 61% des rhônalpins (3.8 millions) ont été exposés pendant plus de 20 jours à un niveau de risque allergique provoquant des symptômes chez toutes les personnes allergiques (raep supérieur à 3).

 

Perspectives 2017

1 axe principal de travail : extension à l’Auvergne de la prévision hebdomadaire

EN SAVOIR + : 

L’actualité 2016 en Auvergne-Rhône-Alpes