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17 novembre 2021
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes
Evaluation de la qualité de l’air

COP26 : incollable sur les émissions de gaz à effet de serre de notre région

Marche climat citoyens
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La COP26 vient de s'achever à Glasgow en Ecosse. Si les nouveaux engagements pris laissent présager des avancées pour limiter le réchauffement climatique, les efforts concédés par les pays participants sont encore loin de permettre de le maitriser en dessous de 2C° ou 1,5C°. Il est donc plus que jamais nécessaire de continuer à combiner les actions à la fois bénéfiques pour l'air, le climat et la santé pour améliorer la qualité de l'air, et donc la santé de tous, tout en diminuant les impacts du changement climatique.

Dans le cadre de l’ORCAE AuRA, dont les opérateurs sont AuRAEE, CEREMA, Météo-France et Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, un bilan régional des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) régional est mis à la disposition de tous pour mieux comprendre les enjeux à l'échelle de notre région et l'importance d'actions concertées air et climat. Découvrez les éléments clés de ce bilan !

Chiffres clés : En 2019, les émissions régionales des trois principaux gaz à effet de serre* représentent environ 6,3t par habitant

En 2019, les émissions régionales des trois principaux gaz à effet de serre  se sont élevées à 50 721 000 teqCO2; soit environ 6,3t par habitant de la région.

Pour respecter les objectifs de la COP21 définis en 2015 dans l'Accord de Paris et contenir le réchauffement global à moins de 1,5°C, les émissions devraient être inférieures à un plafond annuel de 2,8t par personne jusqu’en 2100.  Pour atteindre ce seuil, les émissions régionales Auvergne-Rhône-Alpes devraient donc être divisées par 2,25.

IMPORTANT A NOTER : il s’agit d’un bilan des émissions réalisées sur le territoire, à ne pas confondre avec l’empreinte carbone de la région. Contrairement à cette dernière, l’inventaire des émissions ne prend pas en compte les flux d’importations et d’exportations du territoire. Pour un territoire dont la balance d’échanges est négative, comme c’est le cas ici, le bilan d’émission du territoire est ainsi inférieur à son empreinte carbone.

Quelle est l'origine des émissions de GES en Auvergne-Rhône-Alpes ?

Le transport routier représente la première source d’émissions de gaz à effet de serre en Auvergne-Rhône-Alpes. Ce secteur totalise à lui seul 33% des gaz à effet de serre émis en 2018 en raison de sa très forte consommation d’énergies fossiles. Viennent ensuite l’industrie et les activités agricoles, qui représentent chacun 25% et 18% des émissions de la région. Enfin les autres sources (comprenant le secteur tertiaire, le résidentiel hors chauffage au bois et les autres transports**) et l'utilisation du chauffage au bois résidentiel complètent le bilan.

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Territoires : qui émet le plus ?

Peu de surprise : ce sont les départements les plus peuplés qui se retrouvent en haut du classement. Ainsi, le département du Rhône (y compris la métropole de Lyon) est à l'origine de 19% des émissions de la région, suivi par l’Isère, la Loire et l’Allier avec respectivement 18%, 10% et 9% des émissions régionales. L’Ardèche, le Cantal et la Haute-Loire figurent en bas du classement et sont les départements qui émettent le moins. Ils représentent chacun environ 4% des émissions régionales.

Emissions GES - répartition - territoires

Tendances : qu'observe-t-on depuis 1990?

Depuis près de 30 ans, les émissions de gaz à effet de serre en Auvergne-Rhône-Alpes ont diminué de 14%. Cette baisse est le résultat d’évolutions sectorielles très hétérogènes.

Emissions GES -évolution- territoires

Exemple, l’industrie manufacturière a baissé ses rejets de gaz à effet de serre de 36% entre 1990 et 2019, en raison notamment de la réduction de l’activité industrielle.

De même, les émissions des secteurs résidentiel et tertiaire connaissent une baisse remarquable depuis 1990. Cette diminution s’explique par l’abandon du charbon et la diminution progressive de l’utilisation du fioul au profit d’énergies au contenu carbone plus réduit pour le chauffage des bâtiments. L’amélioration de l’isolation des bâtiments est également un facteur important de cette évolution.

A l'inverse, les émissions du transport routier, principal contributeur régional ont connu une hausse de 14% depuis 1990. Cette croissance s’explique principalement par l’augmentation du nombre de déplacements et de leur longueur. Entre 2005 et 2015, cette augmentation a été compensée par l’amélioration technologique des moteurs, favorisée par un renforcement législatif, permettant une phase de décroissance des émissions. A partir de 2015 on observe une remontée de ces émissions en raison notamment de la hausse des consommations unitaires des véhicules en lien avec la croissance de leur poids.

Emissions - GES - Evolution - Transport routier

 

L'intérêt d'une synergie air et climat

Les actions pour améliorer de la qualité de l’air, entamer la transition énergétique et faire face au changement climatique sont fortement corrélées. Les mesures qui tendent à diminuer les consommations d'énergie, les émissions de gaz à effet de serre ont souvent également un effet avéré sur les émissions de polluants atmosphériques locaux. Toutefois, il arrive parfois que des mesures favorables au climat dégradent la qualité de l'air. C'est pourquoi, il est primordial de rallier les enjeux air, climat et énergie dans une approche intégrée et cohérente, afin que les politiques mises en œuvre privilégient les synergies et évitent ainsi les antagonismes.

Initialement traitées indépendamment les unes des autres, les thématiques Air, Climat et Energie font désormais partie de plans d’actions intégrés comme le Schéma Régional d'Aménagement, de Développement Durable et d'Egalité des Territoires, ainsi que les Plans Climat Air Energie Territoriaux (PCAET). Depuis de nombreuses années, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes est un observatoire engagé aux côtés des collectivités locales et territoriales pour la mise en œuvre d’actions complémentaires en faveur de l’air, du climat et de la transition énergétique. A titre d'exemple, Atmo a accompagné 40 PCAET en 2020.

Agir de manière concertée pour l'air et le climat

À bien des égards, l’amélioration de la qualité de l’air peut également favoriser les efforts entrepris pour atténuer le changement climatique et vice versa. Mais cela n’est pas systématique. Les politiques de l’air et du climat doivent être établies de manière concertée sur des scénarios gagnant-gagnant.

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* Dioxyde de carbone d’origine non biogénique (CO2), méthane (CH4) et protoxyde d’azote (N2O)

** Les autres transports comprennent le transport par rail, le transport fluvial et le transport aérien domestique. Le transport aérien international est par convention exclu des bilans territoriaux.