L’ozone surveillé de près grâce au nouvel indice Atmo

Visuel
ozone_soleil

Publié le 30 juin 2021

Contenu
Contenu

Depuis le 1er janvier 2021, le calcul de l’indice Atmo a été réformé par arrêté du Ministère de la Transition Ecologique afin d’intégrer un nouveau polluants (PM2.5), de prendre en compte de nouveaux seuils et de nouveaux qualificatifs, s’alignant ainsi sur ceux de l’indice européen. ​Ce changement va permettre à un plus grand nombre d’habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes de connaître l’indice de la qualité de l’air près de chez eux. Il est désormais calculé également sur toutes les communes du territoire et non plus uniquement sur les agglomérations de plus de 100 000 habitants. 

Cette évolution pourrait impliquer que la qualité de l’air estivale soit plus souvent qualifiée de “mauvaise” mais ce n'est pas pour autant que les alertes aux épisodes de pollution seront plus nombreuses, c'est juste le référentiel "Indice Atmo" qui change.

Titre
Romain, prévisionniste au sein de l’unité « Prévision et vigilance » d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes vous explique :

Rappelons tout d’abord que ce nouvel indice Atmo, qui n’avait pas changé depuis 26 ans, est un indicateur journalier permettant de qualifier simplement l’état de la qualité de l’air. 

Il y a 4 changements majeurs :

indice_changements

Ces nouveautés rendent l’indice Atmo donc disponible sur toute la région, plus représentatif de l’état de la qualité de l’air, il répond mieux aux les attentes des citoyens, qui souhaitent une information localisée et contextualisée leur permettant d’adapter leur comportement et de préserver leur santé lors des journées très polluées. 

Chaque jour, les prévisionnistes d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, dont je fais partie, scrutent les modèles de prévision de la qualité de l'air, les données enregistrées par les 80 stations de mesure permanentes, les prévisions météorologiques et beaucoup d’autres paramètres dans le but d’évaluer la qualité de l'air pour le jour même, le lendemain et le surlendemain. Sur ces bases, Ils calculent à l’aide d’outils numériques sur toute la région Auvergne-Rhône-Alpes l’indice Atmo. Vous pouvez tous les jours retrouver ces prévisions sur notre site internet. Cet indice fournit une prévision de la qualité de l'air à fine échelle (maille de 100 m de côté) et à la commune. 

Commençons par expliquer d’où vient le polluant « ozone ». Il faut savoir que l’ozone (O3) est un polluant dit « secondaire ». Cela signifie qu’il n’est pas émis directement par les activités humaines mais résulte de transformations chimiques de polluants déjà présents dans l’air (oxydes d’azote et composés organiques volatils). Ces réactions chimiques sont déclenchées par le rayonnement solaire, c’est pourquoi l’ozone est plus présent en été et en journée.

Pour ce polluant, les seuils de concentrations des différentes classes de qualificatifs sont plus sévères que pour l’indice tel que calculé avant le 1er janvier 2021. Par exemple, si lors de l’été 2020, on mesurait une concentration d’ozone entre 130 et 179 µg/m3, la qualité de l’air était considérée comme « médiocre », alors qu’avec le nouvel indice Atmo, la qualité de l'air sera dorénavant qualifiée de mauvaise (Cf. tableau ci-dessous). 

seuils_réglementaires

Le changement de calcul de l’indice Atmo va avoir comme conséquence une augmentation du nombre de jours où la qualité de l’air est qualifiée de "mauvaise" voire « très mauvaise ».  Pour autant, cela ne signifie pas que la qualité de l’air se dégrade en 2021 par rapport aux années précédentes, c’est juste le référentiel que change !

L’indice représentant la qualité de l’air a changé, mais les seuils de déclenchement pour l’information des populations en cas d’épisode de pollution restent les mêmes. La qualité de l’air pourra donc être qualifiée de « mauvaise » sans qu’il y ait pas de corrélation avec une procédure préfectorale d’information ou d’alerte en cas d’épisode de pollution.  

Pour rappel, il existe deux niveaux réglementaires dans les procédures préfectorales d’information ou d’alerte envers la population :  

  1. Niveau d’information : Niveau au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé humaine de groupes particulièrement sensibles au sein de la population. Ce niveau rend nécessaire la diffusion d'informations immédiates et adéquates à destination de ces groupes, et des recommandations pour réduire certaines émissions de polluants (secteurs du trafic, de l’industrie, de l’agriculture, etc.). 
  2. Niveau d’alerte : niveau au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé de l'ensemble de la population ou un risque pour la dégradation de l'environnement, justifiant l'intervention de mesures d'urgence.  Le niveau d'alerte sur persistance est déclenché lorsque le niveau d'information et recommandation est prévu pour le jour même et le lendemain. 

Titre
Le pollution à l'ozone expliquée par Atmo Grand Est

J'agis :  

  • Je n’utilise pas de produits chimiques comme les solvants ou les peintures,  
  • Je privilégie les transports en commun, le covoiturage et/ou les transports doux,  
  • Je respecte les limitations de vitesse,  
  • Je reporte tout déplacement inutile nécessitant l’usage d’un véhicule,  
  • Je coupe le moteur lors d’arrêts prolongés,  
  • J’évite toute conduite sportive. 

Je me protège :  

  • Je continue d’aérer mon habitation durant 10 minutes, deux fois par jour (en fin de matinée en hiver et en début de matinée/nuit en été),  
  • Je continue à vivre normalement,  
  • Les conducteurs étant plus exposés à la pollution, j’évite d’aérer mon véhicule lors des périodes de forts trafics, dans les tunnels ou encore dans les embouteillages,  

Le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes et les préfets des départements mettent en œuvre, chacun pour ce qui le concerne, les actions d'information et les mesures d'urgence destinées à réduire les émissions de polluants.

L’ozone est un polluant qui affecte une très grande partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes et en moyenne, les concentrations augmentent. Pour réduire ces concentrations, dans un contexte pénalisant lié au réchauffement climatique (plus de canicules = formation d’ozone favorisée), il convient de mettre en place des actions coordonnées de réduction des  émissions des  principaux précurseurs, oxydes d’azote et composés organiques volatils, et ce sur de vastes territoires (a minima à l’échelle régionale).   

👉 Plus d’information sur les bons gestes à adopter pour se protéger et préserver la qualité de l’air