Activités physiques et qualité de l’air : bien respirer pour bien bouger

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A l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air (le 19 septembre), Atmo vous aide à mieux comprendre les liens étroits entre qualité de l’air, activités physiques et santé. 

Inspirer, expirer, reprendre son souffle… nous le faisons à chaque instant mais lorsque nous pratiquons une activité physique, nous en prenons pleinement conscience. Nous respirons en moyenne 15 000 litres d’air par jour. Pendant un effort physique, le volume d’air inhalé augmente considérablement.  . 

Le sport procure un sentiment de bien-être général et ses bénéfices pour notre santé ne sont plus à démontrer. En effet, la pratique régulière d’une activité physique ou sportive, même d’intensité modérée, diminue les risques d’apparition des principales pathologies chroniques (tels que le cancer, les maladies cardiovasculaires ou le diabète), prévient l’ostéoporose, améliore la santé mentale (anxiété, dépression). La pratique sportive réduit le risque de surpoids chez l’adulte et l’enfant, et permet d’assurer une croissance harmonieuse chez l’enfant et l’adolescent.

 

Au repos, je respire 6 litres d'air par minute. Lorsque je m'active, je respire environ 15 litres d'air par minute. Je fais une course d'endurance ? C'est 60 à 100 litres d'air par minute que je respire !

 

La pratique sportive augmente le volume d’air inhalé, il est donc important que la qualité de l’air soit la meilleure possible pour profiter au mieux des bénéfices de notre activité physique. En zone rurale et même en ville, il est possible de pratiquer une activité en se préservant de la pollution. Selon les autorités sanitaires, la pratique sportive régulière, à l’extérieur comme à l’intérieur présente plus des bénéfices pour la santé que de risques encourus même quand la qualité de l’air est médiocre. 
En fonction de l’endroit, du moment de la journée ou selon la saison, la qualité de l’air est différente, quels sont les bons conseils, les bonnes pratiques à adopter pour concilier pratique sportive et bonne qualité de l’air ?

Mobilités actives

L’ORS d’Ile de France a démontré dans une étude  que les bénéfices pour la santé de la pratique du vélo (liés à l’augmentation d’activité physique générée) étaient largement supérieurs aux risques induits, et cela même si en pédalant, on peut être plus exposé à la pollution de l’air (selon l’intensité avec laquelle on pédale et via l’augmentation du volume d’air inhalé). Ce constat vaut également pour d’autres activités physiques ou sportives telles que le jogging.

En outre, plusieurs études  comparant la qualité de l’air dans différents moyens de transport ont montré que les automobilistes sont plus exposés à la pollution de l’air que les piétons et les cyclistes, car à l’intérieur des véhicules, le faible volume d’air dans l’habitacle concentre les polluants venant de l’extérieur et ceux émis dans le véhicule. 

 

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Comparaison des classement des modes de transport de plus exposé au moins exposé - ORAMIP 2016

 

 

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source : Usage du vélo et qualité de l'air - http://www.airpl.org/Publications/actualites/03-07-2018-usage-du-velo-et-qualite-de-l-air

 

Masques anti-pollution : quelle efficacité ? 

L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a évalué le bénéfice sanitaire potentiel du port d’un masque dit « antipollution » lorsque l’on se déplace à vélo. L’expertise a pointé l’insuffisance de données disponibles attestant d’un bénéfice pour la santé.

L’efficacité d’un masque dépend de sa conception, des performances du filtre dont il est équipé, et d’autres paramètres tels que son adaptation à la morphologie de l’utilisateur. Ainsi, si l’efficacité d’un masque testé en laboratoire peut s’avérer élevée, elle ne reflète pas pour autant l’efficacité en conditions réelles d’utilisation par la population en général. En effet, l’efficacité diminue du fait d’un mauvais ajustement au visage, du manque d’entretien du masque, de l’absence d’information et de formation de l’utilisateur, d’une activité physique intense, etc. 

Par ailleurs, la plupart des masques dits « antipollution » recensés sur le marché français sont conçus pour protéger des particules présentes dans l’air ambiant et ne protègent pas contre les substances présentes à l’état gazeux (en l’occurrence le dioxyde d’azote, polluant majoritairement émis par le trafic routier dont les concentrations en ville sont élevées).
L’expertise conclut à l’insuffisance de données disponibles, notamment en conditions réelles d'utilisation, pour attester d’un bénéfice sanitaire lié au port de masques dits « antipollution » par le grand public.

 

Pratiques sportives

Sport à l’extérieur

Voici quelques conseils pratiques pour réduire son exposition aux polluants de l’air ambiant lors de ses activités physiques à l’extérieur.  

Où faire du sport ?
 

Mieux vaut éviter les zones qui concentrent les polluants : les grands axes de circulation, les rues étroites et bordées d’immeubles hauts … Et privilégier les parcs, les zones piétonnes, les rues peu circulantes et les espaces bien ventilés. En ville, en choisissant où l’on pratique son activité sportive, les concentrations moyennes annuelles en polluants peuvent être de 20 à 40 % (selon les polluants) plus faibles que lorsque l’on est proche des axes de circulation.

 

Allée du Chalet, Parc de la Tête d’Or, Lyon

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Concentrations en PM10 : 21 µg/m3

 

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Concentrations en NO2 : 23-24 µg/m3

 

Boulevard Stalingrad, Lyon

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Concentrations en PM10 : de 26 à 30µg/m3

 

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Concentrations en NO2 : 58 à 62 µg/m3 sur les voies, autour de 40µg/m3 sur les trottoirs

  
Rue Duquesne, Lyon

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Concentrations en PM10 : autour de 25 µg/m3

 

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Concentrations en NO2 :28 à 43 µg/m3 selon l’endroit où l’on se situe dans la rue

 

Choisissez l’itinéraire le moins pollué pour vos jogging, ballades, trajets à vélo…

Avec l’application Air to Go, vous pouvez connaître votre exposition sur votre trajet et choisir un itinéraire alternatif. 
Selon l’Observatoire Régional de Santé d’Ile de France, le choix de l’itinéraire lors d’un trajet à vélo permet de jouer sur deux aspects (temps de trajet et densité de trafic de l’axe parcouru) qui influencent fortement l’exposition à la pollution de l’air. Ainsi, des itinéraires fluides pour les cyclistes et à l’écart des grands axes de circulation peuvent diminuer le niveau d’exposition aux polluants. 
Dans une étude réalisée en 2015, l’observatoire régional de surveillance de la qualité de l’air en Occitanie (ex Oramip) a démontré que le choix d'emprunter un axe avec peu de trafic routier a permis de réduire l'exposition moyenne du cycliste ou du piéton d’environ 40 % pour le dioxyde d'azote(NO2) et de 50 % pour les particules PM10.

 

Quel jour privilégier pour faire du sport ? 

La qualité de l’air évolue au fil des jours, elle n’est pas non plus homogène sur toute la région. Aussi certains jours elle peut être bonne voire très bonne dans ma commune ou a contrario peut se dégrader. Mieux vaut donc, dans la mesure du possible, préférer les jours où la qualité de l’air est très bonne et bonne pour pratiquer des activités sportives en plein air. 
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes informe chaque jour sur l’état de la qualité de l’air l’air avec sa prévision à trois jours (aujourd’hui, demain et après-demain). Consultez le site Internet, recevez le bulletin quotidien de votre commune ou téléchargez l’application Air to Go

A quel moment de la journée faire du sport ? 

Il est recommandé de faire du sport le matin tôt, ou en soirée afin d’éviter les heures de pointe du trafic automobile (7h – 10h et 17h – 20h). En été, il faut éviter de pratiquer lors des heures les plus chaudes de la journée car ce sont celles où les concentrations en ozone sont les plus élevées. 
 

Sport à l’intérieur

L’air intérieur peut être plus pollué que l’air extérieur. La pollution émise dans les lieux clos (peintures, sols, matériels sportifs...) s’ajoute aux polluants provenant de l’extérieur. Les locaux sportifs doivent être régulièrement ventilés.

Le Saviez-vous ? 

Selon le décret 2015-1000, avant 2023 tous les établissements d’activités physiques et sportives couverts devront faire l'objet d'une surveillance de la qualité de l'air intérieur.

 

Qualité de l’air intérieur dans les piscines couvertes. 

L’observatoire de surveillance de la Qualité de l’Air Intérieur a réalisé en 2007 une étude sur la qualité de l’air intérieur dans les piscines couvertes. 
Il en ressort que le problème majeur de qualité d’air intérieur provient de la réaction entre les produits de chloration de l’eau et les substances d’origine organique apportées par les nageurs (via la sueur, la salive, etc.). Cette réaction donne naissance à des polluants présents à la fois dans l’eau et dans l’air : le trichlorure d’azote (NCl3) et les trihalométhanes (THM). Leurs teneurs sont très variables et augmentent, avec le nombre de baigneurs, la température de l’eau et de l’air, le degré de chloration et la mauvaise ventilation du bâtiment. Les effets sanitaires tels que les irritations oculaires cessent dès que l’exposition s’arrête, mais les expositions répétées peuvent jouer un rôle dans l’apparition ou l’aggravation de l’asthme infantile.

 

Que faire en cas de pic de pollution ? 

Selon l’intensité de l’épisode de pollution (niveau information ou niveau alerte) et selon les populations concernées (population générale, personnes sensibles ou vulnérables ), les recommandations sanitaires à adopter ne sont pas les mêmes. Aussi, l’attitude à avoir pour sa pratique sportive diffère. Atmo vous informe au quotidien de l’état de la qualité de l’air et des vigilances pollution en cours. 

Pour les personnes sensibles ou vulnérables
 Les personnes vulnérables et sensibles doivent limiter les activités physiques d’intensité élevée en cas de dépassement des seuils d’information et les éviter en cas de dépassement des seuils d’alerte. 

Pour la population générale
 Il n’est pas nécessaire de modifier ses activités en cas de dépassement des seuils d’information. En cas de dépassement des seuils d’alerte, il est recommandé à tous de réduire les activités physiques d’intensité élevée (ex : une compétition sportive). La pratique d’activité physique d’intensité modérée (comme un déplacement à vélo en pédalant tranquillement et en évitant de trop forts dénivelés par exemple) est possible en cas d’épisode de pollution.

Cependant, il est recommandé à tous lors d’un épisode de pollution de privilégier, pour la pratique sportive, les secteurs à l’écart des sources majeures de pollution, telles que les grands axes routiers, et pendant les moments de la journée où le niveau de pollution est le moins élevé, et généralement de respecter les préconisations données précédemment.

 

 

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