Actualité
21 décembre 2020
Evaluation de la qualité de l’air

Mesure des COV en vallée de l’Arve

Vallée de l'Arve, été
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En 2012, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a réalisé un premier état des lieux des concentrations en Composés Organiques Volatils dans la vallée de l’Arve en lien avec le secteur de l’industrie du décolletage fortement implantée sur ce territoire et potentiellement émettrice de ces composés. Ces premiers résultats mettaient alors en évidence, une problématique concernant les composés chlorés, tétrachloroéthylène et trichloroéthylène, avec des concentrations parmi les plus élevées en Rhône-Alpes. Les mesures effectuées sur le secteur de Cluses-Marnaz-Scionzier révélaient des niveaux plus élevés que sur le reste du territoire, pouvant s’expliquer par la présence d’un grand nombre d’entreprises du décolletage sur cette zone.

Sept ans plus tard, et à la suite de changements de pratiques opérés par les entreprises, qui ont substitué les solvants organiques par l’utilisation de nettoyants aqueux, il convenait d’établir une nouvelle évaluation des concentrations en COV sur ce même territoire pour : 

  • établir un nouvel état des lieux des concentrations de COV dans l’air de la vallée,
  • évaluer l’impact sur la qualité de l'air ambiant des changements opérés ces dernières années dans le secteur industriel du décolletage,
  • évaluer l’exposition de la population du territoire : niveaux atteints, secteurs géographiques les plus touchés, comparaison par rapport à d’autres territoires ou par rapport aux normes sanitaires.

Denouvelles mesures en 2019 avec une méthodologie proche de celle de 2012

Afin de pouvoir effectuer des comparaisons, la méthodologie est similaire à celle de l’étude précédente :

  • 25 sites de mesures répartis dans la vallée de l’Arve, majoritairement sur le secteur de Cluses, dont deux sites de « référence »,
  • 1 campagne de mesure hivernale et 1 campagne estivale d’une durée d’un mois chacune,
  • 46 composés investigués choisis selon plusieurs critères (toxicité, utilisation en décolletage, étudiés en 2012, etc. ),
  • 12 sites communs à l’étude de 2012 permettant d’établir une comparaison.

Résultats de l'étude menée en 2019 

  • Le toluène, le tétrachloroéthylène, le m-p xylène et le benzène présentent des concentrations plus élevées que les autres composés en moyenne sur les sites d’étude. 
  • L’acétate de butyle, le m-p xylène et la méthyléthylcétone présentent des valeurs atypiques élevées, notamment, un des sites se démarque largement de la moyenne pour ce composé.
Moyenne annuelle pour tous les composés suivis mesurés, tous sites d'études confondus

Concernant le benzène, seul composé possédant une valeur réglementaire dans l’air ambiant, ces résultats montrent, en tout lieu, des niveaux inférieurs à l’objectif de qualité de 2 µg.m-3.

Les autres composés ne possèdent pas de valeur réglementaire en air ambiant, il existe cependant des valeurs guide publiées par l’Organisation Mondiale de la Santé pour certains composés, notamment pour le tétrachloroéthylène : ses niveaux observés sont nettement inférieurs à cette valeur de 250 µg.m-3.

Comment se situent les niveaux par rapport à l’étude de 2012 ?

  • Pour l’ensemble des composés communs aux deux études, les niveaux relevés en 2019 sont inférieurs à ceux de 2012.
  • Cette baisse est beaucoup plus marquée pour les composés chlorés que pour les autres : respectivement -83% pour le tétrachloroéthylène et -96 % pour le trichloroéthylène contre -40 à -50% pour les autres composés.
Concentration moyenne annuelle estimée en 2012 et en 2019 sur les sites communs
 
cartographie_des_moyennes_annuelles_en_tetrachloroethylene_2012-2019.png
Cartographie des moyennes annuelles en tétrachloroéthylène en 2012 (gauche) et 2019 (droite°

 

Conclusions de l'étude COV 2019 sur le territoire de la Vallée de l'Arve

Cette étude présente des niveaux nettement inférieurs à celle de 2012, en lien avec la tendance régionale d’amélioration de la qualité de l’air sur les composés « classiques », comme le benzène. Les concentrations relevées sont semblables à celles mesurées ailleurs en région sur des sites de profil urbain sauf pour le tétrachloroéthylène qui présente des valeurs plus élevées sur l’ensemble des sites d’étude. Ces valeurs sont toutefois nettement inférieures à la valeur guide de l’OMS.

Elle met en évidence un réel impact du changement de pratiques opéré dans l’industrie du décolletage avec une baisse plus prononcée des concentrations de composés chlorés dans l’air de la vallée : tétrachloroéthylène et trichloréthylène.

L’analyse spatiale confirme ces conclusions : le secteur de Cluses/Marnaz/Scionzier, point noir en 2012, présente maintenant des concentrations similaires au reste du territoire. En revanche, le secteur de Magland et celui de la zone industrielle au nord de Sallanches semblent se démarquer par des concentrations plus élevées que les autres sites, bien que les concentrations soient moins importantes qu’en 2012.