Etude de la qualité de l'air à Saint-Eloy-les-Mines de 2018 à 2019

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Etudes
16 septembre 2020

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a mis en place une campagne de mesure de la qualité de l’air à Saint-Éloy-les-Mines du 8 novembre 2018 au 9 décembre 2019, en complément de celles effectuées les années précédentes depuis l’année 2002.  

Cette campagne de mesures a eu ceci de particulier qu’elle a duré 13 mois (contrairement aux campagnes précédentes d’une durée de quelques semaines à quelques mois), dans l’objectif de pouvoir confirmer ou infirmer des observations faites auparavant uniquement sur de courtes durées, et de pouvoir comparer les résultats à des repères réglementaires ou à des valeurs sanitaires de référence annuels.

Les concentrations ambiantes de trois polluants ont été mesurées à l’aide d’un moyen mobile implanté sur le parking de la place de l’Europe à environ 75m de la limite de priorité de l’usine Rockwool.

  • Ammoniac NH3
  • Particules en suspension de diamètre inférieur à 2,5 micromètres PM2.5
  • Dioxyde de soufre SO2

Ce point très proche de l’usine permet de renseigner les niveaux maximaux en limite de propriété et ne saurait être représentatif de l’air moyen respiré par les habitants de Saint-Eloy-les-Mines.

   * Les niveaux moyens mesurés d’ammoniac NH3 sont faibles mais tout de même caractéristiques d’un milieu influencé par une source spécifique. Les zones de stockage à proximité pourraient être à l’origine d’émissions diffuses d’ammoniac qui ont été captées. Cet état de fait ainsi que le changement de métrologie expliquent sans doute les différences sur ce composé par rapport aux campagnes de mesures précédentes.
Les valeurs repères sanitaires sont largement respectées.
  * Les niveaux moyens mesurés de particules PM2.5 sont faibles, inférieurs à d’autres sites de mesure de la région, et non influencés par les rejets de l’usine. Les repères réglementaires sont respectés, mis à part un léger dépassement de la valeur guide journalière de 25 µg/m3 à ne pas dépasser plus de 3 jours par an. A noter que cette valeur guide de l’OMS est dépassée si on considère la période de novembre 2018 à novembre 2019. De plus la situation vis-à-vis de cette valeur guide est bien plus dégradée sur le reste de la région.

  * Les niveaux moyens mesurés de dioxyde de soufre SO2 sont très faibles et non caractéristiques d’une influence industrielle.

L’analyse du lien éventuel entre les arrêts techniques des trois lignes de production de l’usine et les niveaux de pollution mesurés ne met en évidence aucun impact systématique.

Cette première surveillance en continue pendant plus d’une année a donc pu permettre de généraliser certaines observations réalisées auparavant et d’affiner l’évaluation de l’impact très limité des activités de Rockwool. Les résultats ont pu être également confrontés aux valeurs de références réglementaires et/ou sanitaires annuels.
Atmo Auvergne Rhône Alpes propose la réalisation d’une modélisation de dispersion atmosphérique des rejets du site industriel pour actualiser les études précédentes et évaluer les zones d’impact maximal. Un réseau de micro-capteurs pourrait être implanté afin de vérifier cette modélisation.

A plus long terme, une surveillance en continu pourrait être renouvelée afin d’évaluer s’il y a lieu l’impact de changements de processus de production de l’usine.