Expérimentation pilote "reboisement et Ozone" : le lauréat est...

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la motte servolex

Publié le 16 avril 2026

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La Motte-Servolex choisie comme commune pilote

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Suite à l'appel à projet lancé sur nos réseaux en janvier dernier, la commune de la Motte-Servolex (73) a été choisie pour participer à l'expérimentation de reboisement d'une parcelle, en intégrant un critère encore peu mobilisé dans les projets de végétalisation et de gestion forestière territoriale : la qualité de l'air, et plus spécifiquement l'ozone.

A cette occasion, rencontre avec Anthony PERRIN, chargé de mission Environnement Développement Durable, pour la Motte-Servolex.

 

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anthony perrin
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Comment avez-vous entendu parler de ce projet ?

Anthony PERRIN : Cela a été porté à notre connaissance par Sébastien LAGUET, technicien ONF (Office national des forêts) en charge de notre forêt communale, à l'occasion d'un échange concernant les reboisements par plantations à réaliser en forêt communale en 2026. La commune étant par ailleurs engagé dans un projet de Plan de Qualité de l'Air, elle a immédiatement fait part de son souhait de candidater à l'ONF et à Grand Chambéry.

Quelle est la particularité du terrain choisi ?

A.P : Le terrain est un ancien pré d'environ 2000m², en bordure Est de forêt communale et d’une route départementale, sur le versant Est du Massif de l'Epine qui surplombe la commune. La Ville s'est portée acquéreuse de cette parcelle en 2023 par le biais de la Bourse foncière forestière de Grand Chambéry. Situé à 710 mètres d'altitude, le pré accueillait occasionnellement une demi douzaine de vaches d'une exploitation locale jusqu'à fin 2023, et a été abandonné depuis. Le roncier s'y développe depuis deux ans.

 

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Quelles sont les problématiques ?

A.P : La forêt communale, d'une surface de 530 hectare, subit de plein fouet le dérèglement climatique, avec une accélération notable du dépérissement forestier lié aux attaques de scolytes sur les épicéas et des maladies originaires d’Asie sur certains feuillus depuis 13 ans avec un volume qui a atteint de 1 000 m² de bois dépérissant en 2024 (contre 20 fois moins dans les années 2010). Au delà de cet aspect sanitaire, la forêt communale constitue un véritable poumon vert et puit carbone pour l'agglomération de Grand Chambéry. C'est pourquoi la Ville a décidé en 2023 de se lancer dans un vaste plan de reboisement des trouées générées par le dépérissement forestier, à raison de 1 000 arbres à planter par an sur 13 ans (opération "1 arbre par habitant en forêt communale"). Ce projet est mené en mécénat par le biais du fond de dotation "Agir pour la Forêt" de l'ONF, avec des entreprises locales.

Parallèlement à ce constat de dépérissement, l'agglomération de Grand Chambéry, traversée par l'A43 et une Voie Rapide Urbaine, est soumise à des épisodes de canicules de plus en plus longs et précoces, impactant la qualité de l'air. Les plantations réalisées en forêt communale devront donc non seulement être compatible dans la durée avec les changements des conditions climatiques, mais également avec l'évolution de la qualité de l'air.

Quels sont les enjeux ?

A.P : Le projet de plantation pluriannuel en forêt communale doit faire le choix d'essences végétales adaptées pour participer durablement au maintient du puits carbone local, mais également pour ne pas dégrader la qualité de l'air locale, notamment en période de canicule.

C'est pourquoi, il semble primordial à ce stade précoce du projet de reboisement de vérifier l'effet global des plantations sur la qualité de l'air locale et notamment leur capacité à croître, dans des conditions climatiques et de qualité d'air qui évoluent très rapidement vers des valeurs extrêmes. L'objectif de maintien du puits carbone ne doit pas se faire au détriment de la qualité de l'air locale.

En quoi l'accompagnement d'Atmo est-il important pour vous ?

A.P : L'accompagnement ATMO permet à la commune de bénéficier d'une expertise technique, tant dans l'instrumentation de l'espace planté, que dans l'analyse des résultat et des liens de causalité entre l'essence des végétaux, leur croissance et la qualité de l'air in situ. Cette étude permettra à terme, en lien avec l'expertise de l'ONF, d'identifier les essences végétales à privilégier pour le reboisement des trouées générées par le dépérissement en forêt communale. En effet, même si nous veillons à enrichir notre forêt par une douzaine d’espèces d’arbres différentes, toutes ne supporteront pas de la même façon les changements du climat et la pollution.

Les plantations devraient débuter dès novembre 2026 via des chantiers participatifs...

A.P : Oui, la ville a souhaité réaliser les plantations en chantiers participatifs jeunes et entreprises depuis le début du programme, avec un encadrement technique de l'ONF (préparation du sol et encadrement lors du chantier). Ce choix de mode de plantation résulte du souhait des élus de sensibiliser les plus jeunes et les acteurs économique du territoire aux effets du dérèglement climatique et au rôle primordial de la forêt pour l'atténuation de ses effets. Ainsi, en 2023 et 2024, la Ville a mobilisé les jeunes des clubs sportifs motterains pour les plantations, puis en 2025 les entreprises affiliées à la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises de Savoie (CPME). En 2026, c'est de nouveau avec la CPME que les plantations seront réalisées.

Texte

Rappel : cette démarche est proposée grâce à un financement de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre du Plan régional ozone affecté à Atmo.

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