Une masse d'air chargée de poussières désertiques a traversé une large partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes jeudi 27 août.
Elle a entraîné une forte hausse des concentrations de particules PM10, avec des dépassements des seuils d'informations et de recommandations et, localement, du seuil d'alerte.
Un phénomène venu du Sahara
Une dépression, initialement positionnée au large du Portugal puis remontant vers le golfe de Gascogne, a entraîné vers le sud-est de la France une masse d'air chargée de poussières désertiques.
Ces poussières sont majoritairement constituées de particules minérales relativement grossières, mesurées principalement dans la fraction PM10. Transportées sur de longues distances, elles peuvent former un voile dans le ciel, réduire la visibilité sur les paysages et laisser des dépôts sur les véhicules ou les surfaces extérieures, en particulier après les précipitations.
Les analyses réalisées lors d'épisodes précédents en Auvergne-Rhône-Alpes montrent une hausse de certains éléments caractéristiques des poussières minérales, notamment le silicium et l'aluminium.

Simulation de la présence de poussières désertiques sur le sud-est de la France le 27 août 2026. Source : PREV'AIR.
Des seuils atteints dans 16 bassins d'air jeudi
Avant l'arrivée des orages sur l'ouest de la région, les concentrations en PM10 ont augmenté au fil de la journée de jeudi, avec un maximum atteint en soirée. Les concentrations de PM2,5 n'ont en revanche pas connu de hausse notable, ce qui est caractéristique d'un épisode de poussières désertiques.
Les niveaux observés jeudi figurent parmi les plus importants relevés ces dernières années lors d'épisodes de poussières désertiques dans la région.
- La moyenne journalière maximale a atteint 152 µg/m3 à la station Maurienne Trafic, soit environ 17 % de plus que le maximum régional de 130 µg/m3 relevé lors de l'épisode particulièrement marqué des 29 et 30 mars 2024.
- Sur le bassin grenoblois et ses environs, les moyennes journalières ont atteint entre 127 et 148 µg/m3 selon les sites. Elles dépassent ainsi les concentrations maximales observées dans l'Isère lors de l'épisode de mars 2024, qui avaient atteint environ 123 µg/m3 en moyenne journalière.
Cet épisode avait également donné lieu à des pics horaires très élevés, proches de 400 µg/m3 sur certains secteurs alpins.
Pour aller plus loin :
- Retour sur l'épisode de poussières sahariennes de mars 2024
- Poussières désertiques : première étude et bilan
Une amélioration progressive dès aujourd'hui
Les averses orageuses qui concernent aujourd'hui l'Est de la région commencent à lessiver l'atmosphère et devraient entraîner une baisse des concentrations de PM10 en moyenne sur la journée.
Une vigilance jaune a néanmoins été maintenue ce vendredi 28 août sur 8 bassins d'air :
- Bassin lémanique (Ain ; Haute-Savoie)
- Ouest Ain (Ain)
- Zone alpine Ain (Ain)
- Vallée du Rhône (Ardèche ; Drôme)
- Bassin grenoblois (Isère)
- bassin lyonnais / Nord-Isère (Rhône ; Isère)
- zone alpine Savoie (Savoie)
- zone urbaine des Pays de Savoie (Savoie ; Haute-Savoie)
Les passages pluvieux devraient permettre un retour à une situation plus favorable samedi 29 août. Aucune vigilance n'est prévue à ce stade.
Poussières désertiques et santé : ce que l'on sait
Ces poussières, principalement minérales et mesurées majoritairement dans la fraction PM10, ont une composition différente de celle de nombreuses particules issues de la combustion. Comme lors de tout épisode de pollution aux particules, elles peuvent occasionner une gêne ou une irritation des voies respiratoires, en particulier chez les personnes sensibles ou vulnérables.
Il est recommandé de suivre les consignes diffusées pendant la vigilance et de consulter l'évolution de la qualité de l'air dans son bassin d'air.
Consulter la qualité de l'air et les recommandations dans votre bassin d'air : https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/episodes-de-pollution
